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	<title>Post-vérité - Sciences Citoyennes</title>
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	<description>Les sciences avec et pour les citoyennes</description>
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	<title>Post-vérité - Sciences Citoyennes</title>
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		<title>L&#039;information scientifique en temps de crise : qui décodera les décodeurs ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 10:24:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Démocratisation de la science]]></category>
		<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Information scientifique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si la crise de Sars-Cov2 a brutalement mis en lumi&#xE8;re la faillite de la gestion n&#xE9;olib&#xE9;rale des services publics (sant&#xE9;, &#xE9;ducation, enseignement sup&#xE9;rieur&#x2026;), cette pand&#xE9;mie a &#xE9;galement r&#xE9;v&#xE9;l&#xE9; aux yeux de tous l&#x2019;incapacit&#xE9; profonde de notre soci&#xE9;t&#xE9; &#xE0; mettre en d&#xE9;bat les choix socio-techniques qui sous-tendent les politiques publiques. Notre aptitude &#xE0; surmonter les crises [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/linformation-scientifique-en-temps-de-crise-qui-decodera-les-decodeurs/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-143218" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2022/03/InfoScientifique-300x169.png" alt="InfoScientifique 300x169" width="300" height="169"  title="L&#039;information scientifique en temps de crise : qui décodera les décodeurs ?" />Si la crise de Sars-Cov2 a brutalement mis en lumière la faillite de la gestion néolibérale des services publics (santé, éducation, enseignement supérieur…), cette pandémie a également révélé aux yeux de tous l&rsquo;incapacité profonde de notre société à mettre en débat les choix socio-techniques qui sous-tendent les politiques publiques. Notre aptitude à surmonter les crises systémiques que le COVID semble préfigurer (crises écologiques, sanitaires, sociales, politiques, morales&#8230;) dépend avant tout de notre capacité à faire société et à mobiliser collectivement les savoirs nécessaires pour imaginer et mettre en œuvre ensemble les scénarios d’un futur commun. Cette appropriation politique de la crise passe nécessairement par des temps renouvelés de débats, d’échanges, de réflexions collectives. Pourtant face à cette exigence pressante de démocratie, nos sociétés semblent se polariser toujours d’avantage, tandis que se multiplient postures, clivages et manipulations qui laissent nos sociétés, sidérées, au point mort.<span id="more-143204"></span></p>
<p>Nous avons encore pu l&rsquo;observer dans le cas de la place des vaccins dans la « lutte » contre le coronavirus. Il y avait pourtant beaucoup à discuter autour de la nature des vaccins, de la stratégie vaccinale, du statut de ces vaccins comme bien commun, ou des impératifs économiques et industriels que les choix politiques ont imposés unilatéralement à l’ensemble de l’humanité. Les vaccins sont des objets hybrides, carrefours de nombreuses histoires (biologiques, sociales, économiques, technologiques, culturelles…) qui sous-tendent le fonctionnement et les dynamiques de nos sociétés. Ils représentaient une opportunité unique de débattre ensemble de nos conceptions des politiques publiques, des relations entre économie et santé, des définitions même de la santé, voire de la vie.</p>
<p>Ce débat n’a pas eu lieu.</p>
<p>Les acteurs publics, médiatiques, politiques n’ont pas su faire vivre cet espace démocratique, où chacun aurait pu partager, confronter ses conceptions, aussi singulières soient elles. Ce n’est pas juste une occasion manquée : la capture et l’instrumentalisation de ce sujet (comme tant d’autres) a empêché l’émergence d’un débat serein, citoyen, productif et lui a substitué une foire d’empoigne, un théâtre de Guignol aux antipodes d’un horizon démocratique. Tout le monde médiatique a failli, y compris les quotidiens de référence qui revendiquent la mission de faire vivre ces débats dans nos sociétés, et de « fournir une information de qualité, précise, vérifiée et équilibrée …. de porter un regard critique sur l&rsquo;information et faire écho au pluralisme des opinions ».[1]
Entendons-nous bien. Nous ne soutenons aucune politique, idéologie ou philosophie particulières. Le débat sur le vaccin ou la stratégie vaccinale reste vif également au sein de notre association – comme il l’est dans quasiment toutes les associations ou organisations politiques. Mais ce débat reste ouvert et nous cherchons précisément à trouver une voie collective et bienveillante, qui ne se contente pas d’anathèmes, de caricatures et de certitudes à l&#8217;emporte-pièces et qui nous permette humblement, ensemble, de mieux éclairer et comprendre la situation à laquelle nous sommes tous confrontés.</p>
<p>Nous jugeons indispensable que le débat public ne soit ni capturé ni manipulé à des fins d’influence ou de propagande, que les positions de chacun ne soient pas travesties ou détournées pour mieux les disqualifier et assoir artificiellement une quelconque autorité. Ecouter, laisser répondre, échanger avec ceux-là mêmes auxquels nous nous opposons est le fondement de notre démocratie, le cœur vivant de notre système politique. Rien ne justifie que les médias caricaturent un discours [qu’il soit anti-pass ou exprime des doutes sur la pertinence sanitaire de la stratégie vaccinale] sans jamais chercher honnêtement à l&rsquo;éclairer dans toute sa complexité, sa richesse ou sa légitimité. Rien ne justifie que les médias instrumentalisent de fausses controverses, qu’ils montent en épingle certaines radicalités marginales pour disqualifier tout un éventail de questions et réflexions que nous sommes aujourd’hui nombreux à porter. Rien ne justifie que les médias fabriquent à peu de frais des bouc-émissaires qui permettent de conforter la légitimité des institutions afin de resserrer les rangs autour de la stratégie vaccinale du gouvernement.<br />
Le travail de nombreux média a sombré dans les mêmes travers que ceux qu’il reproche aux contempteurs de la politique gouvernementale : amalgame, confusionnisme, biais divers et variés, obscurantisme et irrationalité. Au-delà de la médiocrité des savoirs et argumentaires qui ont saturé l’espace médiatique, imposer dans l’espace public une seule et même doxa « scientifique » en occultant la profondeur des débats – dans l’histoire des savoirs et dans l’espace des disciplines – en faisant fi de l’exigence de réflexivité et de doute, c’est trahir les valeurs mêmes de la Science. Revendiquer une prétention absurde de certitude et d’arbitrage nuit gravement à la construction d’un espace médiatique ouvert, pluriel et inclusif : qui décode qui [2], selon quelles modalités, avec quelle exigence de rigueur, de transparence et de respect ? Et du haut de quelle autorité scientifique alors que nos savoirs semblent aujourd’hui en peine de rendre compte non seulement de cette pandémie, et plus généralement des crises climatiques, écologiques, sociales que nous traversons. Cette vision de la médiation scientifique, qui consiste à imposer une sorte de Vérité de « sachants » à la masse des ignorants est une erreur et une faute. Cela conduit par ricochet à refuser une fois de plus l’accès et l’appropriation par tous de connaissances multiples, complexes et cruellement nécessaires. Enfin, utiliser une pseudo-autorité scientifique dans un espace profondément et viscéralement politique, c’est faire preuve soit d’une ignorance naïve des relations entre savoirs et pouvoirs, soit d’un machiavélisme coupable.</p>
<p>Et les conséquences de ces inconséquences sont d’ores et déjà profondément néfastes, tant pour les rapports entre savoirs et société que pour la démocratie. Là où savoirs et informations scientifiques devaient contribuer à construire un espace commun, à définir collectivement un projet de société pour tous, on assiste à des clivages toujours plus nombreux et violents au sein de notre société. Les savoirs scientifiques deviennent un champ de bataille, où l’on cherche soit à exclure, soit à convaincre, jamais à comprendre. Ils ne valent plus pour ce qu’ils peuvent nous dire du monde, du milieu dans lequel nous vivons, mais uniquement comme argument politique au service d’agendas irréconciliables. Avec, en vague de fond, une défiance croissante et compréhensible vis-à-vis de la légitimité et de la crédibilité des sciences, et une dégradation continue de nos pratiques démocratiques.</p>
<p>Pour nous, le diagnostic est clair : il faut démocratiser les sciences [3]. Et pour cela, plutôt que de répéter servilement la partition des talk-shows américanisés qui ont fait et continuent à faire tant de mal au journalisme, aux sciences et à la démocratie, nous attendons que les médias et en particulier les publications de référence soient l&rsquo;espace où un débat véritable puisse avoir lieu. Plutôt que de polariser les positions, de les simplifier à outrance, nous attendons que les médias se saisissent de cette opportunité pour créer un espace d’information, de réflexion et de débat sur l’ensemble des questions que cette pandémie a éclairé.</p>
<h3>Comment fait-on alors ?</h3>
<p>Sciences citoyennes se penche depuis plusieurs années sur la question de l’intermédiation scientifique, et plus récemment sur les enjeux politiques autour de l’information scientifique [4]. Il nous semble aujourd’hui nécessaire de revenir aux fondamentaux : retrouver les vertus du débat politique et de la controverse scientifique. La <em>disputatio</em> [5] en fournit un cadre méthodologique: on écoute, on répond, on argumente, on assemble ensemble hypothèses, raisonnements, conclusion dans un souci constant d’ouverture et de rationalité. Ces échanges se doivent de répondre à une certaine éthique &#8211; que le monde semble avoir désespérément perdu de nos jours &#8211; qui inclut le respect de l&rsquo;autre, la tolérance de la diversité des croyances, des rationalités et des arguments.</p>
<p>Cette pratique couplée à cette exigence éthique est le fondement de la science, et le cœur de nos démocraties. Elle pourrait servir de modèle pour accompagner et faciliter les « disputes » de société en créant des espaces (médiatiques, publics) où les controverses deviennent débat, où l’objectif n’est pas de polariser mais de construire. Les médias, et les quotidiens de référence en premier lieu, pourraient ainsi expérimenter dans son traitement de l’information des formules plus ouvertes, citoyennes et qui permettraient de faire débat et de refaire société. De la même façon, des conventions de citoyens permettraient peut-être de mieux définir ce que nous attendons de l’information scientifique et d’offrir des pistes de réflexion pour améliorer nos pratiques. Nous n’avons pas de formules magiques à proposer, c’est à chacun d’entre nous, scientifiques, journalistes, citoyens, de réfléchir ensemble et de proposer, collectivement, les bases d’une nouvelle éthique de l’information scientifique.</p>
[1] https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/03/la-charte-d-ethique-et-de-deontologie-du-groupe-le-monde_1434737_3236.html</p>
[2] <em>quis custodiet ipsos custodes, Juvenal, Satires</em></p>
[3] https://sciencescitoyennes.org/</p>
[4] https://sciencescitoyennes.org/les-enjeux-politiques-de-linformation-scientifique-articles-et-videos/</p>
[5] https://www.cairn.info/revue-zilsel-2020-2-page-15.htm</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/linformation-scientifique-en-temps-de-crise-qui-decodera-les-decodeurs/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L\&#8217;information scientifique en temps de crise : qui décodera les décodeurs ?</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 10:24:22 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img class=\"alignright size-medium wp-image-143218\" src=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2022/03/InfoScientifique-300x169.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" />Si la crise de Sars-Cov2 a brutalement mis en lumière la faillite de la gestion néolibérale des services publics (santé, éducation, enseignement supérieur…), cette pandémie a également révélé aux yeux de tous l\&rsquo;incapacité profonde de notre société à mettre en débat les choix socio-techniques qui sous-tendent les politiques publiques. Notre aptitude à surmonter les crises systémiques que le COVID semble préfigurer (crises écologiques, sanitaires, sociales, politiques, morales&#8230;) dépend avant tout de notre capacité à faire société et à mobiliser collectivement les savoirs nécessaires pour imaginer et mettre en œuvre ensemble les scénarios d’un futur commun. Cette appropriation politique de la crise passe nécessairement par des temps renouvelés de débats, d’échanges, de réflexions collectives. Pourtant face à cette exigence pressante de démocratie, nos sociétés semblent se polariser toujours d’avantage, tandis que se multiplient postures, clivages et manipulations qui laissent nos sociétés, sidérées, au point mort.<span id="more-145202"></span></p>
<p>Nous avons encore pu l\&rsquo;observer dans le cas de la place des vaccins dans la \ »lutte\ » contre le coronavirus. Il y avait pourtant beaucoup à discuter autour de la nature des vaccins, de la stratégie vaccinale, du statut de ces vaccins comme bien commun, ou des impératifs économiques et industriels que les choix politiques ont imposés unilatéralement à l’ensemble de l’humanité. Les vaccins sont des objets hybrides, carrefours de nombreuses histoires (biologiques, sociales, économiques, technologiques, culturelles…) qui sous-tendent le fonctionnement et les dynamiques de nos sociétés. Ils représentaient une opportunité unique de débattre ensemble de nos conceptions des politiques publiques, des relations entre économie et santé, des définitions même de la santé, voire de la vie.</p>
<p>Ce débat n’a pas eu lieu.</p>
<p>Les acteurs publics, médiatiques, politiques n’ont pas su faire vivre cet espace démocratique, où chacun aurait pu partager, confronter ses conceptions, aussi singulières soient elles. Ce n’est pas juste une occasion manquée : la capture et l’instrumentalisation de ce sujet (comme tant d’autres) a empêché l’émergence d’un débat serein, citoyen, productif et lui a substitué une foire d’empoigne, un théâtre de Guignol aux antipodes d’un horizon démocratique. Tout le monde médiatique a failli, y compris les quotidiens de référence qui revendiquent la mission de faire vivre ces débats dans nos sociétés, et de « fournir une information de qualité, précise, vérifiée et équilibrée …. de porter un regard critique sur l\&rsquo;information et faire écho au pluralisme des opinions ».[1]
Entendons-nous bien. Nous ne soutenons aucune politique, idéologie ou philosophie particulières. Le débat sur le vaccin ou la stratégie vaccinale reste vif également au sein de notre association – comme il l’est dans quasiment toutes les associations ou organisations politiques. Mais ce débat reste ouvert et nous cherchons précisément à trouver une voie collective et bienveillante, qui ne se contente pas d’anathèmes, de caricatures et de certitudes à l\&#8217;emporte-pièces et qui nous permette humblement, ensemble, de mieux éclairer et comprendre la situation à laquelle nous sommes tous confrontés.</p>
<p>Nous jugeons indispensable que le débat public ne soit ni capturé ni manipulé à des fins d’influence ou de propagande, que les positions de chacun ne soient pas travesties ou détournées pour mieux les disqualifier et assoir artificiellement une quelconque autorité. Ecouter, laisser répondre, échanger avec ceux-là mêmes auxquels nous nous opposons est le fondement de notre démocratie, le cœur vivant de notre système politique. Rien ne justifie que les médias caricaturent un discours [qu’il soit anti-pass ou exprime des doutes sur la pertinence sanitaire de la stratégie vaccinale] sans jamais chercher honnêtement à l\&rsquo;éclairer dans toute sa complexité, sa richesse ou sa légitimité. Rien ne justifie que les médias instrumentalisent de fausses controverses, qu’ils montent en épingle certaines radicalités marginales pour disqualifier tout un éventail de questions et réflexions que nous sommes aujourd’hui nombreux à porter. Rien ne justifie que les médias fabriquent à peu de frais des bouc-émissaires qui permettent de conforter la légitimité des institutions afin de resserrer les rangs autour de la stratégie vaccinale du gouvernement.<br />
Le travail de nombreux média a sombré dans les mêmes travers que ceux qu’il reproche aux contempteurs de la politique gouvernementale : amalgame, confusionnisme, biais divers et variés, obscurantisme et irrationalité. Au-delà de la médiocrité des savoirs et argumentaires qui ont saturé l’espace médiatique, imposer dans l’espace public une seule et même doxa « scientifique » en occultant la profondeur des débats – dans l’histoire des savoirs et dans l’espace des disciplines – en faisant fi de l’exigence de réflexivité et de doute, c’est trahir les valeurs mêmes de la Science. Revendiquer une prétention absurde de certitude et d’arbitrage nuit gravement à la construction d’un espace médiatique ouvert, pluriel et inclusif : qui décode qui [2], selon quelles modalités, avec quelle exigence de rigueur, de transparence et de respect ? Et du haut de quelle autorité scientifique alors que nos savoirs semblent aujourd’hui en peine de rendre compte non seulement de cette pandémie, et plus généralement des crises climatiques, écologiques, sociales que nous traversons. Cette vision de la médiation scientifique, qui consiste à imposer une sorte de Vérité de « sachants » à la masse des ignorants est une erreur et une faute. Cela conduit par ricochet à refuser une fois de plus l’accès et l’appropriation par tous de connaissances multiples, complexes et cruellement nécessaires. Enfin, utiliser une pseudo-autorité scientifique dans un espace profondément et viscéralement politique, c’est faire preuve soit d’une ignorance naïve des relations entre savoirs et pouvoirs, soit d’un machiavélisme coupable.</p>
<p>Et les conséquences de ces inconséquences sont d’ores et déjà profondément néfastes, tant pour les rapports entre savoirs et société que pour la démocratie. Là où savoirs et informations scientifiques devaient contribuer à construire un espace commun, à définir collectivement un projet de société pour tous, on assiste à des clivages toujours plus nombreux et violents au sein de notre société. Les savoirs scientifiques deviennent un champ de bataille, où l’on cherche soit à exclure, soit à convaincre, jamais à comprendre. Ils ne valent plus pour ce qu’ils peuvent nous dire du monde, du milieu dans lequel nous vivons, mais uniquement comme argument politique au service d’agendas irréconciliables. Avec, en vague de fond, une défiance croissante et compréhensible vis-à-vis de la légitimité et de la crédibilité des sciences, et une dégradation continue de nos pratiques démocratiques.</p>
<p>Pour nous, le diagnostic est clair : il faut démocratiser les sciences [3]. Et pour cela, plutôt que de répéter servilement la partition des talk-shows américanisés qui ont fait et continuent à faire tant de mal au journalisme, aux sciences et à la démocratie, nous attendons que les médias et en particulier les publications de référence soient l\&rsquo;espace où un débat véritable puisse avoir lieu. Plutôt que de polariser les positions, de les simplifier à outrance, nous attendons que les médias se saisissent de cette opportunité pour créer un espace d’information, de réflexion et de débat sur l’ensemble des questions que cette pandémie a éclairé.</p>
<h3>Comment fait-on alors ?</h3>
<p>Sciences citoyennes se penche depuis plusieurs années sur la question de l’intermédiation scientifique, et plus récemment sur les enjeux politiques autour de l’information scientifique [4]. Il nous semble aujourd’hui nécessaire de revenir aux fondamentaux : retrouver les vertus du débat politique et de la controverse scientifique. La <em>disputatio</em> [5] en fournit un cadre méthodologique: on écoute, on répond, on argumente, on assemble ensemble hypothèses, raisonnements, conclusion dans un souci constant d’ouverture et de rationalité. Ces échanges se doivent de répondre à une certaine éthique &#8211; que le monde semble avoir désespérément perdu de nos jours &#8211; qui inclut le respect de l\&rsquo;autre, la tolérance de la diversité des croyances, des rationalités et des arguments.</p>
<p>Cette pratique couplée à cette exigence éthique est le fondement de la science, et le cœur de nos démocraties. Elle pourrait servir de modèle pour accompagner et faciliter les « disputes » de société en créant des espaces (médiatiques, publics) où les controverses deviennent débat, où l’objectif n’est pas de polariser mais de construire. Les médias, et les quotidiens de référence en premier lieu, pourraient ainsi expérimenter dans son traitement de l’information des formules plus ouvertes, citoyennes et qui permettraient de faire débat et de refaire société. De la même façon, des conventions de citoyens permettraient peut-être de mieux définir ce que nous attendons de l’information scientifique et d’offrir des pistes de réflexion pour améliorer nos pratiques. Nous n’avons pas de formules magiques à proposer, c’est à chacun d’entre nous, scientifiques, journalistes, citoyens, de réfléchir ensemble et de proposer, collectivement, les bases d’une nouvelle éthique de l’information scientifique.</p>
[1] https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/11/03/la-charte-d-ethique-et-de-deontologie-du-groupe-le-monde_1434737_3236.html</p>
[2] <em>quis custodiet ipsos custodes, Juvenal, Satires</em></p>
[3] https://sciencescitoyennes.org/</p>
[4] https://sciencescitoyennes.org/les-enjeux-politiques-de-linformation-scientifique-articles-et-videos/</p>
[5] https://www.cairn.info/revue-zilsel-2020-2-page-15.htm</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/linformation-scientifique-en-temps-de-crise-qui-decodera-les-decodeurs-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>La pensée critique pour éduquer face aux idées conspirationnistes, par Michel Goldberg</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-pensee-critique-pour-eduquer-face-aux-idees-conspirationnistes-par-michel-goldberg/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2020 08:04:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Controverses]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement Supérieur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Michel Goldberg est ma&#xEE;tre de conf&#xE9;rences &#xE0; l&#x2019;Universit&#xE9; de La Rochelle. Ses recherches portent sur l&#x2019;&#xE9;tude des d&#xE9;bats et des controverses sociales &#xE0; th&#xE8;me scientifique. La vid&#xE9;o suivante pr&#xE9;sente des projets p&#xE9;dagogiques men&#xE9;s &#xE0; l&#x2019;universit&#xE9; pour la formation &#xE0; la pens&#xE9;e critique, et notamment pour &#xE9;duquer face aux id&#xE9;es conspirationnistes.</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-pensee-critique-pour-eduquer-face-aux-idees-conspirationnistes-par-michel-goldberg/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Michel Goldberg est maître de conférences à l&rsquo;Université de La Rochelle. Ses recherches portent sur l&rsquo;étude des débats et des controverses sociales à thème scientifique. La vidéo suivante présente des projets pédagogiques menés à l&rsquo;université pour la formation à la pensée critique, et notamment pour éduquer face aux idées conspirationnistes.<span id="more-140549"></span></p>
<p style="text-align: center;">
<iframe src="https://www.youtube.com/embed/7oTszDNcwnw" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-pensee-critique-pour-eduquer-face-aux-idees-conspirationnistes-par-michel-goldberg/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Se réconcilier avec la vérité : enjeux scientifiques et politiques</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/se-reconcilier-avec-la-verite-enjeux-scientifiques-et-politiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2020 15:28:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Déontologie de la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Suite au débat intitulé </em>Pourquoi avons-nous besoin de vérités citoyennes et quelles pratiques scientifiques peuvent y contribuer ?<em> dans le cadre de la Nuit des Débats organisée par la ville de Paris le jeudi 17 octobre à propos de l’ouvrage <a href="https://sciencescitoyennes.org/verites-citoyennes-les-sciences-contre-la-post-verite/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Vérités citoyennes. Les sciences contre la post-vérité</a>, dirigé par Maryvonne Holzem (Éditions du Croquant, 2019), <strong>François Rastier</strong> (directeur de recherche ER-TIM, INaLCO, CNRS) a rédigé un texte intitulé </em>« Se réconcilier avec la vérité : enjeux scientifiques et politiques ».<span id="more-140363"></span></p>
<p>Bien qu’elle soit très critiquée aujourd’hui, l’idée de vérité recèle une force critique nécessaire face aux urgences politiques, économiques et écologiques.</p>
<p>Dans une tribune publiée dans <em>Libération</em> le 10 octobre 2019, l’historien italien Carlo Ginzburg se remémorait la suspicion dont la vérité était déjà l’objet aux États-Unis à la fin du siècle dernier : « Je me rappelle que j’étais à Yale, il y a peut-être trente ans, dans un colloque et quand j’ai prononcé le mot « vérité, sans guillemets », tout le monde s’est esclaffé. À l’époque, c’était un geste automatique aux États-Unis, d’accompagner vérité du signe des guillemets. Mais la question de la vérité, et celle de la preuve, deviennent, aujourd’hui plus que jamais, incontournables ».</p>
<p>La vérité scientifique est menacée, tant par les politiques de la « post-vérité » que par la corruption financière et les pressions managériales. Dans les milieux scientifiques, le primat de «  l’excellence » conduit trop souvent à embellir les résultats ou à ne retenir que les résultats attendus, à se limiter aux sujets porteurs, etc. Cela alimente une défiance dans le public.  Ainsi se répandent un mépris de la science et un discrédit de la notion même de vérité qui sont dangereux pour la démocratie.</p>
<p>Cependant, <em>Nous voulons la vérité !</em> est devenu un mot d’ordre fédérateur, que l’on entend à travers le monde dans des manifestations populaires contre divers scandales politiques et environnementaux, comme récemment à Rouen après l’incendie de l’usine Lubrizol.</p>
<p>À une époque de dérégulation économique et climatique, les normes scientifiques et plus généralement intellectuelles paraissent insupportables ; d’où un relativisme commode qui rencontre l’individualisme méthodologique : « à chacun sa vérité » suppose que la croyance est le critère de la vérité et que  toutes les croyances se valent.</p>
<p>Les sciences sont nées cependant d’un refus de s’en remettre aux croyances. Les scientifiques n’absolutisent pas pour autant la vérité et n’en font pas une norme <em>a priori</em> qui s’imposerait comme une croyance, mais ils la reconnaissent une idée directrice : chaque état de la recherche est bien entendu temporaire, mais chaque fait établi le demeure d’autant mieux que ses conditions d’établissement sont explicites et répliquables. Le théorème de Thalès peut être reformulé et redémontré chaque jour, quand bien même il ne vaut, on le sait maintenant, qu’en géométrie euclidienne.</p>
<p><em>Sur la vérité historique</em>. — La reconnaissance de réalités historiques partagées est évidemment une condition d’établissement d’un monde commun et d’une vie sociale.</p>
<p>Le scepticisme peut certes contribuer à l’entreprise scientifique, mais le déni relève d’une autre dimension. Après le mouvement démocratique et l’optimisme scientifique des Lumières, les idéologues réactionnaires ont tenté de les discréditer par diverses théories du complot, en inversant les sens des faits historiques ou en les en niant. Prolongeant ces efforts dans la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle et jusqu’à présent, divers philosophes et théoriciens se sont employés à dénier toute légitimité à la recherche historique, voire à toute recherche scientifique. Par exemple, le discours historique ne serait qu’un mythe parmi d’autres, du seul fait qu’il met en œuvre des structures narratives, comme l’ont prétendu Roland Barthes et Hayden White<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</p>
<p>Complémentairement, l’impossibilité d’établir une vérité historique reste régulièrement invoquée par les négationnistes, qui s’appuient sur des auteurs comme Heidegger, connu pour son déni radical concernant l’extermination nazie.</p>
<p><em>Quelques idées reçues</em>. — Si l’on plaçait sa source hors de la validation scientifique ou simplement rationnelle, la vérité pourrait être considérée comme l’émanation d’un vécu personnel, d’un consensus social ou d’un pouvoir qui entend l’imposer.</p>
<p>1/ <em>Le vécu n’est pas un critère de  vérité</em>. Le critère de ce qui est éprouvé n’est qu’un symptôme aléatoire du monde interne ou externe qu’il s’agit de décrire.</p>
<p>La vérité est souvent contre-intuitive et le critère de l’évidence ne suffit aucunement à l’établir ; pour cela, elle doit confirmée par une méthode critique. Elle peut alors être objectivée : comme le rappelle le mot celèbre de Galilée, « Et pourtant elle tourne », la rotation de la Terre est non seulement contre-intuitive, mais vraie quoi qu’on en pense.</p>
<p>Tant l’expérience vécue que les croyances sont à la source de <em>certitudes</em> variables selon les personnes et les moments. Ces certitudes, même quand elles prétendent à l’évidence, peuvent cependant être récusées par les sciences. Elles appartiennent à l’objet des sciences sociales (par exemple pour des enquêtes d’opinion),  mais non à leur méthode ni à leur épistémologie. Au demeurant, les philosophies de la vie, qui se fondent sur les « visions du monde » individuelles ou collectives, n’ont rien apporté à la philosophie des sciences.</p>
<p>Paradoxalement, ceux qui attaquent la vérité scientifique défendent véhémentement leur vérité, mais une vérité identitaire dont le critère est la certitude : ce n’est plus la vérité (dégagée de l’incertitude à l’issue d’une démonstration, ou d’une expérience probante) qui induit la certitude, c’est la certitude qui détermine la vérité. Se résumant à <em>je crois donc c’est vrai</em>, cette certitude se fonde en dernière analyse sur une forme de religiosité aussi dogmatique que cryptique.</p>
<p>2/ <em>La vérité n’émerge pas du consensus</em>, d’autant moins que rien ne fait mieux consensus que le préjugé. En revanche, une vérité établie peut, une fois reconnue, recueillir un consensus.</p>
<p>L’appel au consensus reste cependant ambigu, comme l’atteste le dicton des geeks libertariens : « Nous rejetons le vote ; nous croyons au consensus grossier et au code qui tourne »<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</p>
<p>Le travail collectif des chercheurs suppose bien entendu une démarche de mutualisation critique des connaissances, mais il peut conduire à récuser l’opinion majoritaire. Bref, le consensus, pour être valide, doit être établi par des procédures qui lui échappent.</p>
<p>L’histoire des sciences pullule de certitudes partagées, sur l’éther, le phlogistique, la génération spontanée, etc. Ce n’étaient pas des vérités d’un moment, mais des certitudes fausses dissipées par les sciences elles-mêmes.</p>
<p>3/ <em>Il y a des questions réglées</em>. — Le négationnisme et son développement complotiste se présentent comme une défense de la liberté de pensée contre les prétentions d’une élite scientifique tendancieuse ou manipulée. Au nom de la liberté de recherche, c’est l’entreprise scientifique elle-même qui est critiquée et l’on voit par exemple des théoriciens autoproclamés, de la youtubeuse mode au pasteur évangéliste ou à l’imam ignorantin, mettre en cause la rotondité de la terre en accusant la Nasa de trucage, etc.<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</p>
<p>Tout fait établi pourrait donc être remis en question, de la rotondité de la terre à l’innocuité des vaccins. Or la connaissance scientifique progresse en récusant des questions fausses et s’appuie sur des questions réglées pour ouvrir de nouvelles questions.</p>
<p>L’esprit critique s’exerce tant à l’égard des opinions reçues que sur les évidences personnelles. En variant les points de vue, il écarte ainsi les croyances sociales et individuelles pour parvenir à des vérités indépendantes de tout point de vue.</p>
<p>Bien entendu, le négationnisme et le complotisme prétendent défendre l’esprit critique. Toutefois, s’ils récusent d’emblée des vérités établies et démontrées, les ravalant au rang de clichés répandus, et ce déni se double d’une affirmation sans faille, qui échappe à toute critique, de l’ordre de la superstition, voire de la foi. Le scepticisme méthodologique qui concrétise l’esprit critique appliqué aux sciences fait alors place à une conviction quasi religieuse — et qui trouve souvent des relais dans divers intégrismes.</p>
<p>4/ <em>La vérité ne procède pas d’un Pouvoir</em>, malgré Michel Foucault, et maints auteurs à sa suite. ((Dans un entretien de 1977, Foucault affirme par exemple : « la “vérité” est liée circulairement à des systèmes de pouvoir qui la produisent et la soutiennent, et à des effets de pouvoir qu’elle induit et qui la reconduisent »<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> ? Bien au contraire, la vérité s’oppose au Pouvoir. En cela, elle est révolutionnaire, comme le rappelait Gramsci. Si la vérité n’était que l’émanation d’un Pouvoir, elle se confondrait avec le « mensonge colossal » selon Goebbels, voire avec les « faits alternatifs » selon la porte-parole de Trump, Kellyane Conway.</p>
<p>Issue de Nietzsche et de Heidegger, ses deux sources tardivement revendiquées, la thèse  cynique de Foucault que le Pouvoir définit la vérité justifie ultimement la révolte contre la science, instrument du « Pouvoir », comme la dérégulation déconstructive qui conduit à un relativisme absolu.</p>
<p>Le relativisme, lui, est bien l’expression d’un Pouvoir ou du moins d’une Volonté de puissance : il conduit à mettre chaque point de vue, fût-il erroné, à égalité avec tous les autres, fussent-ils vrais.</p>
<p><em>Sur la méthode.</em> — En somme, établir une vérité n’est pas imposer quelque chose, mais permettre à quelque chose de s’imposer, par une objectivation contrôlée.</p>
<p>1/ La vérité se définit par érosion des préjugés et élimination des hypothèses infondées. Les connaissances scientifiques ne se dégagent pas seulement en s’émancipant de l’ignorance, mais en combattant les préjugés et les mensonges.</p>
<p>L’activité de recherche aboutit à éliminer des hypothèses, même quand elles s’éloignent du préjugé : c’est le principe de la « falsification » selon Karl Popper. La récusation méthodique est au fondement de l’activité critique de la pensée — en quoi elle s’accorde avec l’aspect dialogique de la philosophie aussi bien qu’avec la délibération démocratique.</p>
<p>2/ Pour caractériser la vérité scientifique, il faut préciser la méthode d’établissement des faits. Quel que soit son champ d’investigation ou d’application, toute science observe certes les principes de la rationalité — qui ne se réduisent aucunement à la déduction. Toutefois, ces principes gouvernent différentes formes caractéristiques, comme la démonstration dans les sciences logico-formelles, la preuve dans les sciences de la nature et la conjecture méthodiquement mise à l’épreuve dans les sciences de la culture. Ces trois régimes peuvent évidemment être combinés par des relations interdisciplinaires d’auxiliarité, comme l’usage de modèles statistiques en linguistique, par exemple.</p>
<p>Les procédures d’établissement d’une vérité scientifique peuvent articuler différents stades d’objectivation : recrutement des observables, sélection et établissement des faits, explication (par relations de corrélation ou de causalité entre ces faits), prédiction par extrapolation de faits encore inobservés. Du stade explicatif, on peut parvenir au stade prédictif : la table de Mendeleiev a prévu des éléments transuraniens qui n’étaient pas techniquement observables en son temps.</p>
<p>3/ Un fait scientifique dépend non seulement de ses conditions de validation, mais aussi de ses conditions de validité, sans lesquels il perd son sens. Parmi elles, des conditions d’échelle : des phénomènes microphysiques n’ont guère pertinence en macrophysique, ou du moins peuvent être négligés. La terre est ronde, on le sait depuis Anaximandre, mais le fait tardivement établi qu’elle soit légèrement piriforme ne fait que préciser cette découverte.</p>
<p>Les vérités scientifiques sont incrémentales. Par exemple, les géométries non-euclidiennes n’infirment pas le théorème de Thalès, elles l’incluent, si l’on peut dire, comme un cas-limite. De même, la physique newtonienne a été dépassée, mais elle reste valide au sein de théories plus puissantes.</p>
<p>En bref, tous les faits et toutes les relations, causales ou non, entre les faits sont associés à des conditions contextuelles qui ne les relativisent pas, mais au contraire éclairent leur domaine de validité.</p>
<p>4/ La vérité n’est pas la représentation d’une nature des choses que les sciences s’efforceraient de représenter. En d’autres termes, les sciences ne partent pas d’une préconception de ce qui existe : elles partent du principe que rien n’est donné et que les données sont déjà le résultat d’une élaboration ; bref, les données sont ce qu’elles se donnent. Elle ne partent pas de la vérité, mais tentent d’y parvenir : ce processus est sans fin, car chaque fait établi permet de formuler de nouvelles questions, bref d’étendre le cercle de notre ignorance. La vérité reste l’idée directrice qui exclut le principe de bon plaisir et gouverne un processus continu et indéfini d’objectivation.</p>
<p>Le cercle des connaissances scientifiques s’étend corrélativement. Toutefois, comme le constatait Cassirer voici un siècle, « la rigidité du concept d’être disparaît dans un flux et un mouvement généralisé » ( <em>La philosophie des formes symboliques</em>, t. I, Paris, Minuit, 1972, p. 15). Une forme de constructivisme non relativiste devient concevable et en quelque sorte nécessaire : « les concepts fondamentaux de chaque science (…) n’apparaissent plus du tout comme des reflets passifs d’un être donné par ailleurs, mais comme des symboles intellectuels créés de manière autonome » (<em>ibid</em>.). Heinrich Hertz écrivait ainsi en 1894 que les concepts « n’ont besoin pour remplir leur tâche d’aucune autre espèce de conformité avec les choses » (<em>Die Prinzipien der Mechanik</em>, Leipzig, p. 1).</p>
<p>L’hypothèse que les vérités scientifiques correspondent à une réalité préexistante n’est donc pas indispensable. La plupart des mathématiciens sont réalistes, d’autres non : cela ne change en rien le statut des mathématiques. On peut considérer toutefois que l’ensemble des faits scientifiquement établis dessinent peu à peu une réalité objective, sans pour autant retenir l’idée que cette réalité ait les caractères d’une ontologie donnée <em>a priori</em>.</p>
<p><em>Enjeux critiques</em>. — La vérité n’est pas la conformité à une réalité posée <em>a priori</em>, mais une valeur qui oriente la recherche. Ainsi, les faits établis par la science, y compris les faits historiques, ne constituent pas dans leur ensemble une Vérité (avec un grand V) stable et définitive, mais un cercle croissant de vérités qui se fédèrent de manière imprévisible avec l’évolution des recherches.</p>
<p>La vérité scientifique exerce ou devrait exercer un rôle régulateur, en permettant au principe de réalité d’éclairer l’action dans un monde dangereux et en danger. La recherche scientifique est cependant limitée par les politiques managériales et ses principes se heurtent aux idéologies identitaires.</p>
<p>1/ Par les faits qu’elle établit, la recherche scientifique s’oppose à l’idéologie managériale, entendue comme instrument de pouvoir. Aussi le management stérilise-t-il la recherche, non seulement parce qu’il transforme les laboratoires en simples bureaux d’études, mais parce que la temporalité et les procédures managériales qui dissimulent des relations de pouvoir arbitraire s’opposent dans leur principe aux procédures scientifiques, qui imposent leur propre agenda, par des enquêtes préalables, des planifications remises en jeu et des retours critiques.</p>
<p>S’abritant derrière le secret des affaires, bon nombre d’entreprises conduisent des recherches, mais elles se gardent bien de diffuser leurs résultats. En 1979, voici plus de quarante ans, un mémorandum interne d’Exxon, révélé en 2015, récemment par le <em>Los Angeles Times</em>, affirmait par exemple : « la tendance actuelle de combustion des ressources fossiles causera des effets environnementaux dramatiques avant 2050 ». Alors que les études commandées restent irréprochables sur le plan scientifique et que les prévisions se sont avérées, la communication de la firme (comme celle de ses consoeurs et concurrentes) tiendra compte de ces résultats pour financer une foule articles déniant le changement climatique. On a donc une privatisation de la vérité, et une internationalisation du mensonge et du déni, dont on mesure à présent l’efficacité.</p>
<p>Dans la première conférence internationale sur le climat,  tenue à Genève la même année 1979, les auteurs du rapport de synthèse, dit rapport Charney, concluaient : « Attendre pour voir avant d’agir signifie attendre qu’il soit trop tard »<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
<p>2/ La vérité n’a pas de détenteur, car si peu reconnue soit-elle, si débattue soit-elle, elle appartient potentiellement à tout le monde. Une vérité scientifique fait ainsi partie des biens communs de l’humanité. Toute vérité a une prétention universelle et peut par principe être comprise par chacun, indépendamment de tout préjugé d’appartenance à un groupe national, ethnique, racial, sexuel ou autre.</p>
<p>Cela peut même s’étendre, souhaitons-le, à la vérité de certains faits moraux, comme les droits de l’homme.</p>
<p><em>Enjeux politiques</em>. — Si les liens entre rationalité et vérité scientifique sont bien établis, on néglige souvent la concomitance historique entre l’essor des sciences et celui de la démocratie. Ainsi, au milieu du VI<sup>e</sup> siècle avant notre ère, les premiers physiciens et mathématiciens, comme Thalès et Anaximandre, ont conçu un univers obéissant à ses propres lois, sans recourir aux interventions divines de mise auparavant. Au même moment, Solon jetait les fondements de la démocratie en abolissant les lois draconiennes, en supprimant l’esclavage pour dettes, en instituant une justice populaire et en abolissant les critères de naissance au profit des élections (voir notamment Aristote, <em>Politique</em>, 1274). Dans les deux cas, l’autonomie prime : l’autonomie de la nature à l’égard des dieux et celle du peuple à l’égard des aristocrates — dont les dieux n’étaient sans doute que l’image symbolique, analogie partout récurrente, des monarchies de droit divin jusqu’au théologies politiques contemporaines.</p>
<p>Cependant, on assiste à présent à la triple délégitimation de la rationalité, de la démocratie et de la vérité. Par exemple, dans sa théorie du Pouvoir, Foucault ne laisse aucune place à la diversité des pouvoirs propre à la démocratie, ni à leur nécessaire séparation ni à leur équilibre. Quand l’exécutif absorbe le judiciaire et le législatif, conformément au projet totalitaire, il se fonde alors dans le religieux. On sait que Foucault en vint à soutenir l’instauration de la théocratie iranienne, où les décisions du chef religieux prennent force de loi et de vérité révélée.</p>
<p>Certains courants de la philosophie contemporaine rencontrent ainsi les tyrannies religieuses, au détriment de la démocratie. Deux philosophes déconstructeurs, Creston Davis et Santiago Zabala, écrivaient naguère sur <em>Al Jazeera</em> : « D’un point de vue politique, des gens croient encore en<em> des idées nostalgiques et dangereuses comme ’’objectivité’’, ’’réalité’’, ’’vérité’’ et ’’valeurs’’ comme une précondition pour la démocratie</em>» (Je souligne ; ces auteurs voient même là des idées « fanatiques »<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>).</p>
<p>Ainsi, au delà de la vérité scientifique, c’est le concept même de réalité qui est en jeu. Par exemple, Karl Rove, responsable de la communication de G. W. Bush et artisan de la victoire de son successeur, tint ces propos dans un entretien au journaliste Ron Suskind : « Il m’a dit que les gens comme moi faisaient partie de ces types appartenant à ce que nous appelons la communauté fondée sur la réalité<em> [the reality-based community]</em> ». Il ajouta : « Ce n’est plus de cette manière que le monde marche réellement. Nous sommes un empire, maintenant, poursuivit-il, et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalit<em>é</em>» (article du <em>New York Times </em>publié quelques jours avant l’élection présidentielle de 2004).</p>
<p>Ainsi, les attaques contre la vérité conduisent-elles à l’abandon de tout principe de réalité, pour édifier et imposer, en usant de tous les sophismes et de tous les moyens médiatiques de la propagande, une sorte de monde de substitution parfaitement illusoire. Il est étrange, voire inquiétant qu’il soit encore nécessaire de souligner les dangers économiques, sociaux, politiques et environnementaux de cet aveuglement concerté.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>N.B.</em> — L&rsquo;auteur remercie Maryvonne Holzem, Catherine Bourgain, Michel Goldberg et Nick Riemer de leurs observations.</p>
<p>Légèrement retouché ici, ce texte est paru le 23 mars dans la revue électronique <em>Non-fiction</em>, en ligne : <a href="https://www.nonfiction.fr/article-10242-se-reconcilier-avec-la-verite-enjeux-scientifiques-et-politiques.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://www.nonfiction.fr/article-10242-se-reconcilier-avec-la-verite-enjeux-scientifiques-et-politiques.htm</a></p>
<p>Il a été soumis en décembre 2019.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Voir Roland Barthes, « Le discours de l’histoire », 1967, repris in <em>Le Bruissement de la langue</em>. <em>Essais critiques</em>, IV, Paris, Seuil, 1984, p. 163-177 ; Hayden White, 2017, <em>L’histoire s’écrit</em>, trad. fr. Philippe Carrard, Paris, Éditions de la Sorbonne.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Chercheur au MIT, et l’un des créateurs d’internet pour le compte de la DARPA, David D. Clark, lors d’une conférence culte intitulée « A Cloudy Crystal Ball – Visions of the Future » (1992) devant l’<em>Internet Engineering Task Force </em>(IETF), a lancé ce slogan fétiche : « <em>We reject: kings, presidents, and voting. </em><em>We believe in: rough consensus and running code</em> ».</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> « La Terre plate est simple. La Terre ronde, non », a ainsi soutenu Prisca Côco, lors de la première conférence des platistes brésiliens, tenue à Sao Paolo le 10 novembre 2019.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> « Entretien avec Michel Foucault », in <em>Dits et écrits</em>, Gallimard, 1994-2001, p. 160.</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Cité par Stéphane Foucart, « Des décennies de prêche dans le désert », <em>Le Monde</em>, 1-2. 12. 2019.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> « The logic of democracy », <em>Al Jazeera</em>, 13 mai 2013, en ligne :</p>
<p><a href="https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2013/05/20135138427260651.html">https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2013/05/20135138427260651.html</a><u>).</u> L’émirat du Qatar, richissime état féodal dont <em>Al Jazeera</em> est l’organe, exclut bien entendu la démocratie et ne peut que se réjouir de sa « déconstruction », puisque la vérité serait une affaire de fanatiques (les scientifiques et les rationalistes). En revanche, rien de fanatique chez le prédicateur vedette de <em>Al Jazeera</em>, Al Qaradawi, cet idéologue en chef des Frères musulmans qui au même moment prônait l’excision des fillettes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/se-reconcilier-avec-la-verite-enjeux-scientifiques-et-politiques/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Vérités citoyennes. Les sciences contre la post-vérité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Jun 2019 08:45:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Controverses]]></category>
		<category><![CDATA[Fake news]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrage r&#xE9;alis&#xE9; sous la direction de Maryvonne Holzem, linguiste et vice-pr&#xE9;sidente de Sciences Citoyennes. Les informations pl&#xE9;thoriques et d&#xE9;r&#xE9;gul&#xE9;es d&#xE9;couragent toute controverse et d&#xE9;valorisent les notions m&#xEA;mes de v&#xE9;rit&#xE9; et de connaissance objective de notre monde commun. Cette connaissance reste d&#x2019;autant plus indispensable que nous nous trouvons &#xE0; l&#x2019;&#xE9;chelle plan&#xE9;taire face &#xE0; de multiples dangers [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/verites-citoyennes-les-sciences-contre-la-post-verite/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/546-les-sciences-contre-la-post-verite"><img decoding="async" class="alignright wp-image-117852 size-medium" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2019/05/post-vérité-Une-500x750-200x300.png" alt="Post Vérité Une 500x750 200x300" width="200" height="300"  title="Vérités citoyennes. Les sciences contre la post-vérité" /></a>Ouvrage réalisé sous la direction de Maryvonne Holzem, linguiste et vice-présidente de Sciences Citoyennes.</em></p>
<p>Les informations pléthoriques et dérégulées découragent toute controverse et dévalorisent les notions mêmes de vérité et de connaissance objective de notre monde commun.</p>
<p>Cette connaissance reste d’autant plus indispensable que nous nous trouvons à l’échelle planétaire face à de multiples dangers politiques, sanitaires et environnementaux, notamment une évolution climatique aussi complexe qu’imprévisible.</p>
<p>Or, du lobbying généralisé qui fabrique du mensonge à dessein pour semer le doute à la « foutaise » qui prétend n’importe quoi (Trump ne ment pas, il se fout de la vérité), l’ère de la post-vérité revêt de multiples facettes détaillées dans cet ouvrage.</p>
<p>Né d’une table ronde organisée par l’association Sciences Citoyennes, ce livre dépasse un cadre disciplinaire strict et bénéficie d’une pluralité de points de vue. Il dépasse le stade des constats pour éclairer le phénomène de la prétendue « post-vérité » dans un domaine où l’idée de vérité partagée est essentielle : celui des sciences.</p>
<p>Il explore plusieurs pistes pour démocratiser la connaissance scientifique et la pensée critique à l’heure où la précarisation de l’information redouble la précarité économique de bon nombre de citoyens qui exigent à juste titre de n’être plus des intermittents de la vie politique.</p>
<p><span id="more-122794"></span>&nbsp;</p>
<p><strong>Table des matières</strong></p>
<ul>
<li>Préface, <em>Stéphane Foucart</em></li>
<li>Introduction. Pour sortir de l’ère viciée de la « post-vérité », <em>Maryvonne Holzem</em></li>
<li>Autour de la « post-vérité », de menaçantes convergences, <em>François Rastier</em></li>
<li>La post vérité : une maladie intellectuelle guérissable, <em>Jean-Jacques Rosat</em></li>
<li>De la post-vérité à la foutaise, <em>Pascal Engel</em></li>
<li>La fraude dans les sciences : des pratiques nouvelles banalisées, <em>Jacques Testart</em></li>
<li>Les sciences au risque de la post-vérité. Sciences pour la croissance et sciences non faites, <em>Catherine Bourgain</em></li>
<li>L’étude des controverses sociales à thème scientifique. Quelle formation pour les jeunes universitaires ?, <em>Michel Goldberg</em></li>
<li>L’opinion française et le conspirationnisme : retour sur une enquête critiquée, <em>Rudy Reichstadt et Valérie Igounet</em></li>
<li>Conclusion. Reconstruire les vérités objectives, <em>Maryvonne Holzem</em></li>
</ul>
<div></div>
<div>Prix du livre papier&nbsp;: 12 € &#8211; Pour la version électronique (PDF)&nbsp;: 9 € &#8211; 176 pages &#8211; ISBN-13&nbsp;: 9782365122207</div>
<div>Peut être acheté (franco de port) sur le site des Éditions du croquant&nbsp;: <a href="http://www.editions-croquant.org/component/mijoshop/product/546-les-sciences-contre-la-post-verite" target="_blank" rel="noopener noreferrer">cliquer ici</a></div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/verites-citoyennes-les-sciences-contre-la-post-verite/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Débat sur la post-vérité, à ré-écouter</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/diffusion-en-direct-du-debat-sur-la-post-verite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Nov 2017 15:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression et débats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sciencescitoyennes.org/?p=70396</guid>

					<description><![CDATA[<p>Qu&#x2019;est-ce que la post-v&#xE9;rit&#xE9; ? Qu&#x2019;est-ce que la mont&#xE9;e en puissance de cette question nous dit du monde d&#x2019;aujourd&#x2019;hui et des enjeux qui y sont associ&#xE9;s. Comment rep&#xE9;rer la foutaise dans les discours politiques ? Quelle place de la formation &#xE0; l&#x2019;esprit critique ? Quelles actions citoyennes f&#xE9;d&#xE9;rer pour agir ensemble ? Le d&#xE9;bat a [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/diffusion-en-direct-du-debat-sur-la-post-verite/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce que la post-vérité ? Qu’est-ce que la montée en puissance de cette question nous dit du monde d’aujourd’hui et des enjeux qui y sont associés. Comment repérer la foutaise dans les discours politiques ? Quelle place de la formation à l’esprit critique ? Quelles actions citoyennes fédérer pour agir ensemble ?</p>
<p><span id="more-70396"></span>Le <a href="https://sciencescitoyennes.org/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun/">débat</a> a eu lieu le samedi 25 novembre et a été retransmis sur notre <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=WfC0sokma0k">chaine youtube. </a></strong>Il peut également être ré-écouté en cliquant <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NvvyfnivZdw">ici.</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les contributions écrites au débat sont disponibles ici :</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Bourgain.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Bourgain.pdf</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Engel.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Engel.pdf</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Goldberg.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Goldberg.pdf</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Rastier.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Rastier.pdf</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Rosat.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Rosat.pdf</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Testart.pdf">https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2018/01/PostVerite-Testart.pdf</a></p>
<div style="width: 640px;" class="wp-video"><video class="wp-video-shortcode" id="video-70396-1" width="640" height="360" preload="metadata" controls="controls"><source type="video/youtube" src="https://www.youtube.com/watch?v=WfC0sokma0k&#038;_=1" /><a href="https://www.youtube.com/watch?v=WfC0sokma0k">https://www.youtube.com/watch?v=WfC0sokma0k</a></video></div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/diffusion-en-direct-du-debat-sur-la-post-verite/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Débat &#034;Contre la post-vérité qui menace notre avenir commun&#034;</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Nov 2017 15:12:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La post-v&#xE9;rit&#xE9; donne plus d&#x2019;importance aux &#xE9;motions et aux croyances qu&#x2019;&#xE0; la r&#xE9;alit&#xE9; des faits av&#xE9;r&#xE9;s. Elle permet bien souvent de fa&#xE7;onner et d&#x2019;infl&#xE9;chir l&#x2019;opinion publique en jouant sur ces &#xE9;motions et la d&#xE9;magogie. L&#x2019;association Sciences Citoyennes, dont l&#x2019;objectif est d&#x2019;&#x153;uvrer &#xE0; une appropriation citoyenne et d&#xE9;mocratique des connaissances scientifiques pour le bien commun, vous [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La post-vérité donne plus d&rsquo;importance aux émotions et aux croyances qu&rsquo;à la réalité des faits avérés. Elle permet bien souvent de façonner et d&rsquo;infléchir l&rsquo;opinion publique en jouant sur ces émotions et la démagogie.</p>
<p>L’association Sciences Citoyennes, dont l’objectif est d’œuvrer à une appropriation citoyenne et démocratique des connaissances scientifiques pour le bien commun, vous invite à participer à la table ronde qu’elle organise le <strong>samedi 25 novembre après midi (14h)</strong> dans ses locaux (<strong>38 rue Saint Sabin dans le 11° arrondissement de Paris</strong>) sur la question de la post vérité qui menace notre avenir commun.</p>
<p>Nous aborderons entre autres les points suivants :</p>
<p><em>Qu’est-ce que la post vérité ? Qu’est-ce que la montée en puissance de cette question nous dit du monde d’aujourd’hui et des enjeux qui y sont associés. Comment repérer la foutaise dans les discours politiques ? Quelle place de la formation à l’esprit critique ? Quelles actions citoyennes fédérer pour agir ensemble ?</em></p>
<p>Nous souhaitons une participation active du public, c&rsquo;est pourquoi nous mettons en ligne les contributions qui viennent au fur et à mesure enrichir la préparation à ce débat.<br />
<a href="https://ent.normandie-univ.fr/filex/get?k=iBmHrVFPnv8N0KV5qDW" target="_blank" rel="noopener">https://ent.normandie-univ.fr/filex/get?k=iBmHrVFPnv8N0KV5qDW</a></p>
<p>La salle ne peut contenir qu’une quarantaine de personnes, ce qui pour un premier échange nous semble suffisant. Les participants adhérents ou non de Sciences Citoyennes devront donc se manifester au préalable pour retenir leur place.</p>
<p>Pour vous inscrire, merci de vous rendre sur le Weezevent (<a href="https://www.weezevent.com/table-ronde-la-post-verite-en-debat" target="_blank" rel="noopener">https://www.weezevent.com/table-ronde-la-post-verite-en-debat</a>)</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Débat \ »Contre la post-vérité qui menace notre avenir commun\ »</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Nov 2017 15:12:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Post-vérité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La post-v&#xE9;rit&#xE9; donne plus d\&#x2019;importance aux &#xE9;motions et aux croyances qu\&#x2019;&#xE0; la r&#xE9;alit&#xE9; des faits av&#xE9;r&#xE9;s. Elle permet bien souvent de fa&#xE7;onner et d\&#x2019;infl&#xE9;chir l\&#x2019;opinion publique en jouant sur ces &#xE9;motions et la d&#xE9;magogie. L&#x2019;association Sciences Citoyennes, dont l&#x2019;objectif est d&#x2019;&#x153;uvrer &#xE0; une appropriation citoyenne et d&#xE9;mocratique des connaissances scientifiques pour le bien commun, vous [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La post-vérité donne plus d\&rsquo;importance aux émotions et aux croyances qu\&rsquo;à la réalité des faits avérés. Elle permet bien souvent de façonner et d\&rsquo;infléchir l\&rsquo;opinion publique en jouant sur ces émotions et la démagogie.</p>
<p>L’association Sciences Citoyennes, dont l’objectif est d’œuvrer à une appropriation citoyenne et démocratique des connaissances scientifiques pour le bien commun, vous invite à participer à la table ronde qu’elle organise le <strong>samedi 25 novembre après midi (14h)</strong> dans ses locaux (<strong>38 rue Saint Sabin dans le 11° arrondissement de Paris</strong>) sur la question de la post vérité qui menace notre avenir commun.</p>
<p>Nous aborderons entre autres les points suivants :</p>
<p><em>Qu’est-ce que la post vérité ? Qu’est-ce que la montée en puissance de cette question nous dit du monde d’aujourd’hui et des enjeux qui y sont associés. Comment repérer la foutaise dans les discours politiques ? Quelle place de la formation à l’esprit critique ? Quelles actions citoyennes fédérer pour agir ensemble ?</em></p>
<p>Nous souhaitons une participation active du public, c\&rsquo;est pourquoi nous mettons en ligne les contributions qui viennent au fur et à mesure enrichir la préparation à ce débat.<br />
<a href=\"https://ent.normandie-univ.fr/filex/get?k=iBmHrVFPnv8N0KV5qDW\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://ent.normandie-univ.fr/filex/get?k=iBmHrVFPnv8N0KV5qDW</a></p>
<p>La salle ne peut contenir qu’une quarantaine de personnes, ce qui pour un premier échange nous semble suffisant. Les participants adhérents ou non de Sciences Citoyennes devront donc se manifester au préalable pour retenir leur place.</p>
<p>Pour vous inscrire, merci de vous rendre sur le Weezevent (<a href=\"https://www.weezevent.com/table-ronde-la-post-verite-en-debat\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.weezevent.com/table-ronde-la-post-verite-en-debat</a>)</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-contre-la-post-verite-qui-menace-notre-avenir-commun-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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