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	<title>Fonds documentaire - Sciences Citoyennes</title>
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	<description>Les sciences avec et pour les citoyennes</description>
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	<title>Fonds documentaire - Sciences Citoyennes</title>
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		<title>Le réveil des virus Hibernatus</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jun 2023 07:18:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Démocratisation de la science]]></category>
		<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le changement climatique, via le r&#xE9;chauffement de l&#x2019;atmosph&#xE8;re, est responsable du d&#xE9;gel du perg&#xE9;lisol. En fondant, le perg&#xE9;lisol lib&#xE8;re des mati&#xE8;res organiques qui, soumises &#xE0; l&#x2019;activit&#xE9; microbienne, produisent du CO2 en pr&#xE9;sence d&#x2019;oxyg&#xE8;ne quand les sols sont secs ou du m&#xE9;thane quand ils sont satur&#xE9;s d&#x2019;eau. De r&#xE9;centes projections estiment ainsi qu&#x2019;1 &#xB0;C de r&#xE9;chauffement [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/le-reveil-des-virus-hibernatus/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le changement climatique, via le réchauffement de l’atmosphère, est responsable du dégel du pergélisol. En fondant, le pergélisol libère des matières organiques qui, soumises à l’activité microbienne, produisent du CO<sub>2</sub> en présence d’oxygène quand les sols sont secs ou du méthane quand ils sont saturés d’eau.</p>
<p><span id="more-145221"></span>De récentes projections estiment ainsi qu’1 °C de réchauffement pourrait conduire à la libération dans l’atmosphère de 14 à 175 milliards de tonnes de CO<sub>2</sub> qui participeraient à leur tour à l’élévation de la température augmentant la destruction du pergélisol et donc le largage de gaz à effet de serre. D\&rsquo;autres conséquences sont à prévoir, c\&rsquo;est ce que nous explique Dominique Cellier, administrateur et membre du groupe de travail « Pandémie-Syndémie » de Sciences Citoyennes.</p>
<p>Télécharger la fiche : <a href=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2023/06/Fiche_SC_Le_reveil_des_virus_Hibernatus.pdf\">Fiche_SC_Le_reveil_des_virus_Hibernatus</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/le-reveil-des-virus-hibernatus/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L’Artémisinine, emblème du meilleur des mondes de la biologie de synthèse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Apr 2016 07:55:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La biologie synth&#xE9;tique, discipline technoscientifique &#xE9;mergente, a pour objectif de reformater les &#xEA;tres vivants existant en modifiant profond&#xE9;ment leur ADN. Pour saisir certaines des questions soulev&#xE9;es par ce domaine, nous pr&#xE9;sentons ici l&#x2019;exemple de l&#x2019;art&#xE9;misinine. Mol&#xE9;cule recommand&#xE9;e par l&#x2019;Organisation Mondiale de la Sant&#xE9; (OMS) pour le traitement du paludisme, l&#x2019;art&#xE9;misinine est une substance naturellement pr&#xE9;sente [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lartemisinine-embleme-du-meilleur-des-mondes-de-la-biologie-de-synthese/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La biologie synthétique, discipline technoscientifique émergente, a pour objectif de reformater les êtres vivants existant en modifiant profondément leur ADN.<br />
Pour saisir certaines des questions soulevées par ce domaine, nous présentons ici l’exemple de l’artémisinine. Molécule recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour le traitement du paludisme, l’artémisinine est une substance naturellement présente dans une plante, l’armoise annuelle. Depuis 2006, une version produite par des levures génétiquement modifiées par biologie de synthèse est également disponible. Mise en avant pour démontrer les bienfaits de ces nouvelles approches biotechnologiques, l’artémisinine est aussi un cas d’école des pratiques et conséquences de ce domaine émergent : rôle central de chercheurs-entrepreneurs, investissements de grands groupes multinationaux, brevetage du vivant, mise en péril d’économies rurales au Sud… le tout porté par la promesse d’un avenir radieux devant inévitablement advenir grâce aux progrès technologiques.<br />
Dix ans après ses débuts, l’avenir industriel de cette pilule miracle semble pourtant remis en cause. La menace n’est pas portée par une nouvelle technologie, mais par des améliorations de pratiques en matière de diagnostic du paludisme et de soutien aux cultures d’armoise en plein champ. <span id="more-31128"></span></p>
<p><strong>Epidémie de paludisme et traitement à l&rsquo;artémisinine</strong></p>
<p>Le paludisme (malaria en anglais) est une maladie infectieuse causée par des parasites de la famille Plasmodium et transmise par différentes espèces de moustiques, principalement dans les régions tropicales. D’après les estimations les plus récentes de l’OMS, le paludisme aurait touché plus de 198 millions de personnes à travers le monde en 2013 et aurait causé environ 584 000 décès(1). Une des stratégies les plus efficaces pour lutter contre la maladie est le diagnostic précoce accompagné d’un traitement antipaludéen.<br />
Depuis 2005, l’OMS recommande officiellement de traiter la maladie avec des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (dits « traitements ACT » ou artemisinin-based combinaison therapies), une molécule isolée à partir des feuilles d’une plante, l’armoise annuelle (Artemisia annua). Ces traitements sont utilisés depuis les années 90 en Asie et depuis une dizaine d’année en Afrique. Du fait d’une instabilité des quantités produites au cours des années 2000, les prix de l’artémisinine ont beaucoup fluctué entrainant notamment une pénurie mondiale en 2004. Depuis, pour répondre à la demande en ACT, des agriculteurs de Chine, du Vietnam et d’Afrique orientale ont été encouragés à se tourner vers la culture de l’armoise annuelle par leurs gouvernements et par un fond de soutien international(2).</p>
<p><strong>L’entrée en scène de la biologie synthétique</strong></p>
<p>En 2006, Jay Keasling, professeur de bioingénierie à l’Université de Berkeley (Californie, USA) annonce avoir conçu une souche de levure modifiée permettant de produire de l’acide artémisinique, un composé essentiel dans la chaîne de réactions chimiques aboutissant à la production de l’artémisinine. Soutenu par une bourse de 42 millions de dollars qui lui a été attribuée par la fondation Bill &amp; Melinda Gates, Keasling et son équipe ont inséré 12 gènes dans cette « levure 2.0 », la rendant ainsi capable de produire de l’acide artémisinique à partir du glucose. La nouvelle levure a bien évidemment été brevetée par Amyris, la start-up co-fondée par Jay Keasling. En 2008, une licence est octroyée au géant de l’industrie pharmaceutique, Sanofi, pour industrialiser la fabrication biosynthétique d’acide artémisinique et sa transformation en artémisinine (3).</p>
<p>En avril 2013, Sanofi annonce le lancement d’une usine de production d’artémisinine à Garessio, en Italie. L’entreprise affiche une production de 40 tonnes d’acide artémisinique en 2012, et prévoit 60 autres tonnes pour 2013. Les chiffres concernant la production d’artémisinine sont moins précis : « plusieurs tonnes » auraient été produites en 2012 et des lots d’essais seraient disponibles pour étudier cliniquement les effets de cette artémisinine semi-synthétique. L’objectif de production d’artémisinine pour 2013 est fixé à 35 tonnes, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de millions de doses de traitements. Le coût de fabrication de l’artémisinine par biologie de synthèse semble alors correspondre au coût de sa production naturelle (environ 400 US$ du kg)(4).</p>
<p><strong>Un argumentaire humanitaire discutable</strong></p>
<p>L’argument majeur des partisans de l’artémisinine issue de la biologie synthétique est le manque de traitements ACT à l’échelle mondiale. La production biosynthétique d’artémisinine devient alors LA solution à l’épidémie mondiale de paludisme. Cette vision semble pourtant bien simpliste. En effet, en 2007, la production d’artémisinine est déjà supérieure à la demande. En 200, une initiative de planification à l’échelle mondiale de médicaments ACT voit le jour. Via le programme A2S2 (Assured Artemisinin Supply System), l’organisation UNITAID assure ainsi le rôle de coordinateur de la production. Entre 2009 et 2011, en favorisant l’accès aux emprunts et à l’investissement des producteurs, ce programme permet une hausse de la production et une stabilisation des prix. D’après ce qu’estiment en 2011 les responsables de ce programme, l’équilibre du marché doit être atteint en 2012 (5).<br />
Un autre argument vient soutenir la biosynthèse de l’artémisinine, sa durée de fabrication. Alors qu’il faut entre 15 et 18 mois pour la production naturelle, 3 à 4 mois sont suffisants en fermenteurs industriels. Sanofi avance ainsi que la production biosynthétique d’artémisinine pourra permettre de répondre plus rapidement à des pics de demande en ACT. On a pourtant du mal à imaginer le groupe multinational faire fonctionner en intermittence des fermenteurs chèrement payés, dans le seul but d’équilibrer le marché des ACT. Il paraît alors plus vraisemblable que le groupe compte assurer une production continue, entrant en concurrence avec celle des producteurs d’armoise annuelle.<br />
Enfin, la question de l’accès aux ACT ne se réduit pas à la quantité d’artémisinine disponible. Les programmes internationaux mis en place pour soutenir l’accès aux médicaments anti-palu comme le Fonds pour les médicaments anti-paludéens à prix abordables (AMFm) font l’objet de critiques, émanant notamment d’ONG comme Oxfam (6). Pour assurer une diffusion maximum des ces traitements, ces programmes passent par des intermédiaires privés, qui n’ont pas toujours les compétences pour poser correctement le diagnostic de palu. Les médicaments sont distribués trop largement, accélérant inutilement l’apparition de parasites résistants (7).</p>
<p><strong>Des bénéfices, pour qui ?</strong></p>
<p>La perspective de l’arrivée de grandes quantités d’artémisinine semi-synthétique risque fort de déstabiliser un marché mondial et l’économie agricole associée, qui commencent juste à trouver leur équilibre. La production issue d’une ou deux unités industrielles d’artémisinine est en mesure de produire autant que des milliers d’agriculteurs, encouragés à se convertir à la culture de l’armoise annuelle ; l’impact sur les ressources de ces agriculteurs est susceptible d’être considérable. Les profits générés par des ressources génétiques distribuées dans le monde risquent ainsi de se voir entièrement captés par une unique multinationale occidentale.<br />
De ce point de vue, le cas de l’artémisinine n’est pas unique. D’autres substances naturelles, comme la réglisse, la vanille, ou encore le caoutchouc naturel, sont également menacées par une production biosynthétique (8). A terme, de nombreuses molécules naturelles produites à partir de substances microbiennes, végétales ou animales et utilisées pour la pharmacie ou l’industrie (parfums, caoutchouc…) pourraient être concernées.</p>
<p><strong>Un revirement prévisible ?</strong></p>
<p>Un coup de théâtre récent est toutefois venu rebattre les cartes. Un article publié par la revue Nature en février 2016 annonce que Sanofi a stoppé sa production d’artémisinine semi-synthétique en 2015 (9). L’usine de production de Garessio devrait être vendue en juillet 2016 à la firme Huvepharma, sous-traitant bulgare de Sanofi.<br />
Au total, le géant pharmaceutique n’aurait produit que 39 millions de traitements ACT par biologie de synthèse, soit environ 10% de la demande annuelle mondiale de ces médicaments, bien en dessous de l’objectif affiché d’assurer le tiers de la production globale. Les raisons du désintérêt de Sanofi pour la production d’ACT par biologie de synthèse tiennent en grande partie dans la chute des prix de l’artémisinine naturelle. Alors que le prix de fabrication de l’artémisinine biosynthétique était toujours d’environ 400 US$/kg, le prix du marché pour l’artémisinine naturelle a chuté en dessous de 250 US$/kg au cours des deux dernières années. Deux évolutions concomitantes des pratiques expliquent cette situation. D’une part, un travail sur les modalités de diagnostic du paludisme a permis de mieux cibler les personnes effectivement atteintes de cette maladie. La diminution des faux diagnostics a de fait conduit à stabiliser la demande mondiale de médicaments. D’autre part, la mise en place de contrats de long terme entre les producteurs d’ACT et le Fond Mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose a permis d’augmenter la production naturelle d’artémisinine.<br />
Ce revirement illustre à quel point, envisager de résoudre par une technologie unique un problème de santé aussi complexe que l’épidémie mondiale de paludisme, repose sur une vision ultra-simpliste de la place des technologies dans la société. Le sens et l’utilité d’une technologie sont toujours dépendants de l’environnement humain dans lequel elle s’inscrit.</p>
<p>Mais ce revirement montre également que les promesses sur les bienfaits apportés par la technologie n’engagent que ceux qui y croient, et certainement pas ceux qui les font. Dès lors que le prix de l’artémisinine de synthèse n’est plus compétitif, ses ardents défenseurs d’hier se font plus discrets. Nul doute que leur intérêt pour cette technologie pourrait reprendre si de nouveaux débouchés économiques devaient être identifiés qu’il s’agisse d’améliorer la santé des populations ou de contribuer au réchauffement climatique. Les zélés défenseurs de ces technologies ne s’embarrassent pas de cohérence morale.<br />
L’ONG canadienne ETC Groupe et la fondation allemande Heinrich Böll ont récemment publié un rapport très informé qui montre comment les entrepreneurs de la biologie de synthèse sont passés sans état d’âme de développements technologiques au service de la lutte contre le réchauffement climatique à des développements visant à accompagner les industriels du pétrole et du gaz dans l’exploitation maximale des ressources carbonées présentes dans les sous-sols, dès lors que les perspectives économiques étaient plus juteuses(10).</p>
<p><strong>Un cas d&rsquo;école pour la biologie synthétique</strong></p>
<p>Un argumentaire en apparence inattaquable (« il n’y a pas assez de médicament ») ; la collusion entre des scientifiques-entrepreneurs (Jay Keasling) qui innovent dans leurs universités mais brevettent leurs innovations via leurs start-up (Amyris), puis cèdent des licences d’exploitation à des groupes multinationaux (Sanofi) ; le risque de captage par une multinationale &#8211; déjà dominante sur le marché mondial &#8211; de profits générés par des ressources génétiques naturellement disponibles… Autant d’éléments rencontrés de façon récurrente dans le contexte de la biologie synthétique (11).</p>
<p>Pour télécharger cette fiche au format PDF : <a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2016/04/Fiche-LArtemisinine-en-2016.pdf" rel="">Fiche L&rsquo;Artémisinine en 2016</a><br />
Cette fiche a été rédigée par Catherine Bourgain et Kévin Jean</p>
<p>(1) World Malaria Report 2014, consultable au lien : http://www.who.int/malaria/publications/world_malaria_report_2014/report/fr/<br />
(2) http://www.a2s2.org/<br />
(3) Cette dernière étape n’est pas simple à réaliser, et Sanofi a déposé un brevet sur le procédé de transformation.<br />
(4) Ces chiffres sont ceux que le groupe présentait le 15 janvier 2013, à Nairobi (Kenya) lors de la conférence internationale « Artemisinin » : http://www.a2s2.org/upload/5.ArtemisininConferences/1.2013Kenya/Presentations/Day1/3.SanofiSSpresentation.pdf<br />
(5) Voir http://www.a2s2.org/news-and-events/a2s2-newsletter-1,-july-2011.html<br />
(6) Voir http://www.oxfam.org/fr/pressroom/pressrelease/2012-10-24/lutte-contre-paludisme-arret-projet-AMFm<br />
(7) Les premiers cas de parasites résistants à l’artémisinine ont été décrits en 2013 au Vietnam.<br />
(8) Voir par exemple la Factsheet des Amis de la Terre sur la vanille de synthèse (en anglais): http://libcloud.s3.amazonaws.com/93/67/3/3132/1/synbio_vanillin_fact_sheet.pdf<br />
(9) Peplow M. Synthetic biology’s first malaria drug meets market resistance. Nature 2016; 530:389–390.<br />
(10) Voir par exemple la fiche réalisée en 2012 par FSC : https://sciencescitoyennes.org/biologie-synthetique-questions-autour-de-nouvelles-promesses/<br />
(11) Voir à ce sujet le rapport récemment publié par ETC Group et la Heinrich Böll Foundation : « Extreme Biotechs meet extreme energy » http://www.etcgroup.org/content/extreme-biotech-meets-extreme-energy, qui montre comment les développeurs de la biologie de synthèse sont passés sans état d’âme d’un discours sur une technologie au service de la lutte contre le réchauffement climatique à un discours d’accompagnement des industriels du pétrole et du gaz.</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lartemisinine-embleme-du-meilleur-des-mondes-de-la-biologie-de-synthese/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Fiches de synthèse sur la sélection en recherche participative</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/fiches-de-synthese-sur-la-selection-en-recherche-participative/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Aug 2013 14:07:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Fonds documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Projet Reconnaissance sociale et réglementaire de l'innovation variétale (RESORIV, REPERE 2)]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche participative]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture biologique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#x2019;&#xE9;volution de nos syst&#xE8;mes agricoles et alimentaires touche chacun d&#x2019;entre nous dans notre quotidien. Sur le th&#xE8;me de la &#xAB;&#xA0;Reconnaissance sociale et r&#xE9;glementaire&#xA0;&#xBB;, le projet ReSoRIV ambitionnait de rendre visible l&#x2019;innovation collective en mati&#xE8;re de semences &#xE9;manant de paysans et de chercheurs. Il s&#x2019;est construit et s&#x2019;est d&#xE9;roul&#xE9; avec ce souci constant de faire conna&#xEE;tre [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/fiches-de-synthese-sur-la-selection-en-recherche-participative/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;évolution de nos systèmes agricoles et alimentaires touche chacun d&rsquo;entre nous dans notre quotidien. Sur le thème de la « Reconnaissance sociale et réglementaire », le projet ReSoRIV ambitionnait de rendre visible l&rsquo;innovation collective en matière de semences émanant de paysans et de chercheurs. Il s&rsquo;est construit et s&rsquo;est déroulé avec ce souci constant de faire connaître et de mettre en dialogue les acteurs pour apporter un cadre serein de développement d&rsquo;une vision forte de l&rsquo;agro-écologie, grâce à des semences adaptées et adaptables par les utilisateurs eux-mêmes.</p>
<p>Plusieurs fiches réalisées dans le cadre du projet ReSoRIV synthétisent donc les résultats scientifiques issus de projets de sélection participative, de thèses, de publications académiques et reviennent sur des thématiques spécifiques.</p>
<p>Sélection participative</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_selection-participative.pdf">resoriv_selection participative</a></p>
<p>Questions réglementaires posées par les paysans du Réseau Semences Paysannes</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_RSP-questionsréglementation.pdf">resoriv_RSP-questionsréglementation<span id="more-24331"></span></a></p>
<p>Projet PaysBlé</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/fiche-PaysBlé.pdf">resoriv PaysBlé</a></p>
<p>Projet PICRI pain bio en Ile-de-France</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/RESORIV_PICRI1.pdf">resoriv PICRI</a></p>
<p>Projet européen <i>Farm Seed Opportunities</i> (FSO)</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_fiche-FSO.pdf">resoriv FSO</a></p>
<p>Projet de sélection participative de variétés populations de blé tendre</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_croisementsblés.pdf">resoriv croisementsblés</a></p>
<p>Projet ProABiodiv</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_ProABiodiv.pdf">resoriv ProABiodiv</a></p>
<p>Synthèse d’une publication FSO sur les blés tendres</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/resoriv_fiche-blés-sustainability.pdf">resoriv fiche blés sustainability</a></p>
<p>Synthèse d’une publication FSO sur les épinards</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/fiche-épinards-FSO_Resorivc.pdf">resoriv épinards FSO</a></p>
<p>Thèse Mathieu Thomas « Projet de recherche en appui à la sélection paysanne »</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/fiche-thèse-Mathieu-Thomas.pdf">resoriv thèse Mathieu Thomas</a></p>
<p>Thèse Camille Vindras «  Construction d’un outil d’évaluation de la qualité sensorielle des produits pour la sélection participative, les cas du pain et du brocoli »</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/07/fiche-thèse-Camille-resoriv.pdf">resoriv thèse Camille Vindras</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/fiches-de-synthese-sur-la-selection-en-recherche-participative/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>Parutions en nombre à la FSC !</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/parutions-en-nombre-en-ce-debut-dannee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jan 2013 07:27:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fonds documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Génétique]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et articles divers]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quatre ouvrages &#xE9;crits ou co-&#xE9;crits par des administrateurs de la FSC viennent de para&#xEE;tre. Une bonne mani&#xE8;re d&#x2019;appr&#xE9;hender diff&#xE9;rentes approches critiques de la technoscience et de ses usages. ADN superstar ou superflic ? Les citoyens face &#xE0; une mol&#xE9;cule envahissante. Par Catherine Bourgain et Pierre Darlu Editions du Seuil, collection science ouverte, janvier 2013, 167 [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/parutions-en-nombre-en-ce-debut-dannee/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatre ouvrages écrits ou co-écrits par des administrateurs de la FSC viennent de paraître.</p>
<p>Une bonne manière d&rsquo;appréhender différentes approches critiques de la technoscience et de ses usages.<br />
<span id="more-23178"></span></p>
<p><strong>ADN superstar ou superflic ? Les citoyens face à une molécule envahissante.</strong></p>
<p><em>Par Catherine Bourgain et Pierre Darlu</em><br />
Editions du Seuil, collection science ouverte, janvier 2013, 167 p., 19€, ISBN : 9782021093650<br />
<a title="Le Seuil" href="http://www.seuil.com/livre-9782021093650.htm" target="_blank" rel="noopener">http://www.seuil.com/livre-9782021093650.htm</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/C_ADN-superstar-ou-superflic-_9900.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-full wp-image-23179" title="ADN superstar ou superflic ?" alt="ADN superstar ou superflic ?" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/C_ADN-superstar-ou-superflic-_9900.jpg" width="200" height="293" /></a>En soixante ans d’existence, l’ADN s’est échappé des laboratoires de génétique pour devenir un acteur essentiel des séries télévisées de police scientifique. Il est désormais présent au premier plan dans nombre de questions de société. L’ADN est là pour parler d’identité, de liberté individuelle, de sécurité et de gestion de populations par le fichage. L’ADN est encore là pour promettre une nouvelle médecine personnalisée, pour proposer ses réponses aux interrogations sur les origines familiales et sur les mouvements migratoires. En illustrant par de nombreux cas les enjeux sociaux, économiques et politiques qui entourent ces usages, les auteurs, tous deux chercheurs en génétique humaine, souhaitent remettre l’ADN à sa place, pour mieux libérer l’espace démocratique des débats.</p>
<p>Catherine Bourgain est chercheuse en génétique humaine et statistiques à l’Inserm. Présidente de la Fondation Sciences Citoyennes, elle a témoigné dans plusieurs procès pour refus de prélèvement ADN.<br />
Pierre Darlu est directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de génétique des populations humaines et d’évolution. il est très impliqué dans les recherches à l&rsquo;interface de la biologie et des sciences humaines.</p>
<p><strong>Une autre science est possible ! Manifeste pour un ralentissement des sciences</strong><br />
<em>Par Isabelle Stengers</em><br />
Les empêcheurs de penser en rond / La découverte, janvier 2013, 216 p., ISBN : 9782359250664.<br />
<a title="La Découverte" href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Une_autre_science_est_possible__-9782359250664.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Une_autre_science_est_possible__-9782359250664.html</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/6824911_a722320153_m.jpg"><img decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-23180" title="Une autre science est possible !" alt="Une autre science est possible !" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/6824911_a722320153_m-204x300.jpg" width="204" height="300" /></a>« Comme le fast food, la fast science, c&rsquo;est vite fait, pas bon et pas très digeste ! Une économie spéculative &#8211; avec ses bulles et ses krachs &#8211; s&rsquo;est emparée de la recherche scientifique : les chercheurs doivent intéresser des « partenaires » industriels, participer aux jeux guerriers de l&rsquo;économie compétitive. Conformisme, compétitivité, opportunisme et flexibilité : c&rsquo;est la formule de l&rsquo;excellence. Mais comment poser publiquement la question d&rsquo;un désastre lorsque l&rsquo;on ne veut pas que le public perde confiance en « sa » science ? Les mots d&rsquo;ordre comme « Sauvons la recherche » font consensus, alors qu&rsquo;ils ne posent surtout pas la bonne question : « De quoi faut-il la sauver ? »</p>
<p>Isabelle Stengers montre que les chercheurs doivent cesser de se prendre pour le « cerveau pensant, rationnel, de l&rsquo;humanité», refuser que leur expertise serve à faire taire l&rsquo;inquiétude de l&rsquo;opinion, à propager la croyance en un progrès scientifique inéluctable capable de résoudre les grands problèmes de sociétés. Il s&rsquo;agit pour eux de nouer des liens avec un public potentiellement intelligent et curieux, c&rsquo;est-à-dire aussi de produire des savoirs dignes de cette ambition.<br />
En 1903, le philosophe américain William James (1842-1910) publiait « Le poulpe du doctorat ». Il éprouvait une telle répugnance vis-à-vis de l&rsquo;enseignement académique qu&rsquo;il se présentait comme un outsider, voire un charlatan. Au regard des plus récentes inventions institutionnelles visant àévaluer les chercheurs, les examens auxquels James s&rsquo;en prend apparaissent pourtant comme d&rsquo;innocents archaïsmes&#8230; Le poulpe enlace les chercheurs plus puissamment que jamais. »</p>
<p><strong>Peut-on croire aux TIC vertes ?</strong><br />
<em>Par Fabrice Flipo, François Deltour, Michelle Dobré, Marion Michot</em><br />
Presse des Mines, Septembre 2012, 278 p., 39€, ISBN : 9782911256899.<br />
<a title="Presses des Mines" href="http://www.pressesdesmines.com/peut-on-croire-aux-tic-vertes.html" target="_blank" rel="noopener">http://www.pressesdesmines.com/peut-on-croire-aux-tic-vertes.html</a></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/ecotic.jpg"><img decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-23181" title="Peut-on croire aux TIC vertes ?" alt="Peut-on croire aux TIC vertes ?" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/ecotic-199x300.jpg" width="199" height="300" /></a>Le terme de TIC vertes (ou Green IT) est apparu récemment pour mettre en avant le potentiel écologique des technologies numériques mais aussi pour souligner les progrès qui restent à accomplir dans ce secteur. La production et l’usage des TIC participent-ils à rendre notre société plus écologique ou génèrent-ils des effets néfastes faisant plus qu’annuler les bénéfices escomptés ? Pour répondre à cette interrogation, l’ouvrage mobilise principalement les cadres d’analyse des sciences sociales, mais aussi les sciences de l’ingénieur.<br />
Les auteurs commencent par dresser un état des lieux des enjeux écologiques liés au développement des technologies numériques en soulignant que les analyses actuelles y associent très rarement les questions sociales et sociétales. Pour répondre à ce constat, ils étudient les représentations et les engagements des acteurs socio-économiques dans le domaine des TIC vertes : quels sont les points de vue des producteurs, des distributeurs, des pouvoirs publics, des mouvements associatifs ou des consommateurs ? Comment leurs rapports à l’écologie et aux technologies numériques diffèrent-ils, se complètent-ils ou s’opposent-ils ?<br />
Les réponses finalement esquissées soulignent les différentes priorités qui se dessinent et le jeu du report des responsabilités qui s’opère entre les acteurs socio-économiques. Ces résultats amènent les auteurs à élargir le débat autour de la notion de consommation verte et à s’interroger sur les relations entre écologie et régulations sociales.</p>
<p><strong><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/OGM_JTTT.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-full wp-image-23182" title="À qui profite les OGM ?" alt="À qui profite les OGM ?" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2013/01/OGM_JTTT.png" width="200" height="279" /></a>A qui profitent les OGM ?</strong><br />
<em>Par Jacques Testart</em><br />
CNRS édition, janvier 2013, 4€, ISBN : 9782271076694.<br />
<a title="CNRS Éditions" href="http://www.cnrseditions.fr" target="_blank" rel="noopener">http://www.cnrseditions.fr</a> (parution le 24 janvier)</p>
<p>Les plantes transgéniques permettent- elles de disposer de produits moins coûteux ? de meilleure qualité ? De meilleur goût ? Se conservant mieux ? Bénéfiques pour la santé ou pour l’environnement ? Voilà les questions que la stratégie des entreprises de biotechnologie a permis qu’on ne se pose pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/parutions-en-nombre-en-ce-debut-dannee/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Gouvernance de la recherche &#8211; Régulation, organisation et financement</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/gouvernance-de-la-recherche-regulation-organisation-et-financement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 10:32:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La gouvernance de la recherche&#xA0; comprend la r&#xE9;gulation, l&#x2019;organisation et la gestion du travail scientifique et d&#xE9;fini comment et avec la participation de qui sont prises les d&#xE9;cisions relatives &#xE0; la recherche, notamment quant aux priorit&#xE9;s et sujets de recherche, &#xE0; la s&#xE9;lection et conception des m&#xE9;thodes, &#xE0; la coop&#xE9;ration et aux synergies entre diff&#xE9;rentes [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/gouvernance-de-la-recherche-regulation-organisation-et-financement/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La gouvernance de la recherche  comprend la régulation, l&rsquo;organisation et la gestion du travail scientifique et défini comment et avec la participation de qui sont prises les décisions relatives à la recherche, notamment quant aux priorités et sujets de recherche, à la sélection et conception des méthodes, à la coopération et aux synergies entre différentes parties du système de recherche et au contrôle de qualité des résultats. Dans le contexte actuel de transformations majeures dans nos sociétés qui vont avec une <em>crise du système de recherche, d’expertise et d’innovation</em>,  la gouvernance de la recherche est confrontée à de multiples défis. Ainsi, la recherche et sa gouvernance ont attiré de façon croissante l&rsquo;intérêt des associations, des médias et des citoyens faisant d&rsquo;elle un sujet public au delà de la communauté scientifique, les décideurs politiques et l&rsquo;industrie. En conséquence, la recherche est appelée à devenir plus réflexive sur ses effets collatéraux, plus complexe pour appréhender des causalités indirectes et de long terme, plus libre par rapport aux intérêts politico-économiques de court terme. Un nouveau <em>modèle de gouvernance délibératif</em> émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales.<span id="more-21019"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong><em> </em>politique de la recherche, organisation de la recherche</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> chercheurs, élus, collectivités territoriales, associations, citoyens</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<p>La plus grande partie de l&rsquo;activité de la recherche scientifique se situe aujourd&rsquo;hui dans un cadre public (universités, institutions de recherche publiques), une autre grande partie dans un cadre privé (laboratoires) et une petite partie dans le cadre des organisations de la société civile (associations, ONGs, laboratoires indépendants).</p>
<p>La <em>gouvernance de la recherche</em> est une notion utilisée pour désigner à la fois les questions de régulation, d&rsquo;organisation, et de financement de la recherche. De la gestion du travail scientifique à l&rsquo;organisation des ressources en personnels, des fonds consacrés à la recherche à l’évaluation des performances reposant sur le jugement des pairs (publications, reconnaissance scientifique) ou sur leur valorisation économique (brevets  et autres questions de propriété intellectuelle), jusqu’aux problèmes de conflits d&rsquo;intérêts, le champ couvert est extrêmement large. Au centre de cette notion, se pose la question du comment et avec la participation de qui sont prises les décisions relatives à la recherche : comment sont décidées les priorités entre sujets de recherche ?  Comment sont sélectionnées et conçues les méthodes utilisées ? Quelles sont les coopérations et les synergies mises en place entre les différentes parties prenantes du système de recherche ? Quels sont les critères de contrôle de qualité des résultats ? La gouvernance de la recherche englobe ainsi toutes les décisions et politiques adoptées par les acteurs clés de la recherche tels que les chercheurs, les politiques, les industriels, les ONGs, les bailleurs de fonds. Elle vise donc à la fois l’établissement de normes pour la conduite des activités de recherche, le développement de la qualité éthique (ex. standards déontologiques, conflits d&rsquo;intérêt) et scientifique des travaux et la définition de bonnes pratiques.</p>
<p><strong>Contexte – État des lieux : </strong>Sous l’effet des transformations majeures que traversent nos sociétés le système de recherche, d’expertise et d’innovation connait aujourd’hui une crise profonde. Plusieurs raisons mécanismes sont à l’œuvre :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>La marchandisation de la science : rôle accru de la connaissance dans la production et la captation de la valeur ajoutée économique, affirmation des normes marchandes dans la production et la validation des savoirs, mise en concurrence mondiale des systèmes de recherches nationaux, montée de nouvelles formes d’appropriation des savoirs et du vivant, exhortations à la « compétitivité » des chercheurs de la part des dirigeants des organismes et des responsables politiques.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>La montée des aspirations citoyennes :  élévation du niveau culturel et demande de participation des citoyens aux choix et actions de recherche plutôt que de délégation, prise de conscience que tout « progrès » n’est pas bon à prendre et doutes sur la capacité de la science à contrôler les effets de ses propres découvertes, émergence d&rsquo;une « société de la connaissance disséminée » où de multiples  associations  et  organisations  non gouvernementales contribuent à la production de savoirs et d&rsquo;innovations qui font la richesse de notre démocratie, du lien social et de notre économie.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>L’entrée dans un monde fini où les effets secondaires des technologies ne peuvent plus être négligés : la science devenue technoscience, qui a voulu maîtriser la planète sur le mode de la conquête, est aujourd&rsquo;hui questionnée dans ses paradigmes et amenée à jouer un rôle nouveau (principe de précaution, développement durable).</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>Le contexte social, politique, économique et culturel dans lequel de nouveaux savoirs sont produits, distribués et régulés varient selon les différents pays (pays du Nord et du Sud, pays dits émergents).</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>Phénomène d&rsquo;accélération : la vitesse avec laquelle de nouvelles possibilités s&rsquo;ouvrent par les avancées de la recherche scientifique et du développement technologique (ex. nanotechnologies, biologie synthétique) sans que la société ait le temps d&rsquo;y réagir (utilités, risques, coûts, etc.).</p>
<p><strong>Exposé de la problématique : </strong>Pour décrire le contexte social dans lequel s&rsquo;est déroulée la science moderne d&rsquo;après la deuxième guerre mondiale, on parle volontiers de « contrat social entre science et société ». Ce contrat était basé sur un modèle linéaire. Convaincue des bénéfices sociaux qu’elle finirait immanquablement de produire, la société avait fait le choix de laisser largement la science s’auto-réguler. Mais la combinaison entre des réflexions critiques de scientifiques d’horizons divers (Ellul, Mumford, Carson, Sclove, Irwin, etc.), des actions d&rsquo;organisations de la société civile (campagnes, contre-expertises, études, pétitions, projets de recherche) et des initiatives étatiques (par exemple mise en place des offices d&rsquo;évaluation des technologies) a remodelé le paysage de la gouvernance de la recherche. Sur la dernière décennie du 20e et la première décennie du 21e siècle, des associations, des médias et des citoyens se sont mis à s’intéresser à la recherche et à sa gouvernance, faisant d&rsquo;elle un sujet d’intérêt public dépassant les cadres traditionnels de la communauté scientifique, des décideurs politiques et de l&rsquo;industrie.</p>
<p>Différents modèles de gouvernance peuvent aujourd’hui être distingués selon l&rsquo;implication du public (de la société civile, des associations, des citoyens) dans les décisions politiques, les relations de pouvoirs, de hiérarchie et d’hégémonie ou encore selon les discours tenus et les légitimités reconnues. Les différents modèles assignent des identités diverses et évolutives au « public » : population passive plutôt ignorante et non compétente ; êtres humains avec des valeurs morales et éthiques à prendre en compte dans des futures décisions ; consommateurs qui par leurs actions individuelles mais de masse influent sur le sort des produits techniques ; citoyens actifs et éclairés qui souhaitent intervenir sur des choix politiques et font entendre leur voix dans la sphère publique souvent via des actions ou campagnes organisées au sein d&rsquo;organisations de la société civile[i].</p>
<p>De plus, dans la « société du risque » et « de la connaissance », la recherche est appelée à devenir plus réflexive sur ses effets collatéraux, plus complexe pour appréhender des causalités indirectes et de long terme, plus libre par rapport aux intérêts policico-économiques de court terme. Elle devra donner autant de place aux savoirs concernant la prédiction des impacts (rôle croissant de la modélisation) et la gestion durable des innovations qu&rsquo;aux savoirs manipulatoires. Elle devra accorder autant de prestige aux approches parfois « low-tech » de prévention primaire qu&rsquo;à la course en avant vers les solutions « high-tech ». Loin d’être un frein à la recherche, le principe de précaution et la demande publique de savoirs pour gérer plus sagement notre monde deviendront alors de puissants moteurs pour la recherche.</p>
<p>Pourtant, les (récents) débats publics sur la recherche et l’innovation aux niveaux régional, national ou international, et les politiques publiques de recherche se limitent la plupart du temps à des questions d’attractivité, de compétition, de brevets et de puissance économique ou militaire. Cette vision, qui promet à nos sociétés richesse et bien être sous réserve de rendre les sciences « indiscutables » dans nos démocraties, reste aujourd’hui trop largement dominante.</p>
<p>En conséquence, la diversité des approches scientifiques mises en œuvre pour développer des réponses innovantes et adaptées aux problèmes actuels (par exemple environnementaux et agricoles) s’appauvrie. De grandes options technologiques désignées comme « les plus prometteuses » (ex. industrialisation de l&rsquo;agriculture, utilisation des combustibles fossiles et de l&rsquo;énergie nucléaire) sont choisies par les gouvernants sur conseil des scientifiques et reçoivent la majorité des fonds (public et privé) destiné à la recherche et au développement.</p>
<p>Les options et solutions envisageables pour atteindre le même but &#8211; en particulier des solutions non-technologiques /non-industrielles &#8211; sont largement négligées et les recherches correspondantes sont au mieux marginalisées.</p>
<div>
<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Gouvernement</em> (ex. stratégie nationale de recherche)</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Autorités publiques :</em> ministères (recherche mais aussi, santé, écologie, agriculture&#8230;), agences (par ex. les agences de financement, modèle de plus en plus utilisé dans les principaux pays industrialisés parallèlement aux différents types de financements récurrents, ex. ANR), institutions de recherche (CNRS, INRA, INSERM, &#8230;)</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Société civile :</em> associations, syndicats, citoyens</p>
<div style="padding-left: 30px;"><em>• Industrie et laboratoires privés</em></div>
<div></div>
<div>
<p><strong>Enjeux : </strong>Si longtemps les décisions en matière de politique scientifique et technique ont pu êtres prises sans apport formel ou informel da la société civile, c’est parce qu’était largement partagée la croyance en la nature neutre et objective de la science. Une science reposant simplement sur les valeurs non controversées, quasi-universelles et positives de progrès, de bien-être, et de croissance. La gouvernance de la recherche se basait sur l&rsquo;idée que le public adhérait forcément au propos des chercheurs une fois suffisamment éduqué et informé par ceux-ci (concept du « <em>public understanding of science </em>», en France la <em>culture scientifique et technique</em>). Les experts scientifiques y jouaient un rôle prédominant.</p>
<p>Mais les crises sanitaires et environnementales répétées ont mis à mal ce schéma.</p>
<p>Un nouveau <em>modèle de gouvernance délibératif</em> émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales.</p>
<p>Les choix ne peuvent plus être décidés sur la base du seul savoir scientifique, considéré comme éminemment supérieur aux autres formes de savoir. Ils doivent intégrer divers avis, savoirs professionnels, traditionnels, locaux, empiriques …. La gouvernance délibérative, qui intègre par exemple les Conventions / conférences de citoyens et les jurys de citoyens, pousse clairement le débat sur les politiques de recherche vers la sphère publique et (dans le meilleurs des cas) vers <em>l&rsquo;implication des citoyens en amont des choix</em>. Elle impose la nécessité d’une transparence sur les processus de décision.</p>
<p>La gouvernance délibérative se pose également en opposition au modèle de la gouvernance de marché. Pour cette dernière, à la base des politiques néolibérales, la valeur marchande et la commercialisation des produits techno-scientifiques est essentielle. Le public est réduit à son statut de consommateur, ne jouant sur la politique scientifique et technique qu’a posteriori, une fois le processus d&rsquo;innovation accompli.</p>
</div>
<div>Dans les sociétés de connaissance, la citoyenneté n’est donc plus seulement une question de diffusion de connaissances savantes constituées. Elle implique également l’accès de chacun à la production de savoirs et aux décisions sur l’orientation des recherches et des innovations qui façonnent notre monde. Il s’agit en somme de <em>partager, non plus une science déjà faite, mais une science en devenir</em>.</div>
<div>
<p><strong>Recommandations :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Inventer et mettre en place des espaces démocratiques (comme par exemple les conventions de citoyens) où d’autres voix se font entendre dans l’élaboration des politiques de recherche et d’innovation.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Augmenter la diversité en science et ainsi ses capacités innovatrices et créatrices en rééquilibrant les domaines de recherche envers plus de recherches pour le développement durable et la santé publique (agriculture durable et biologique, énergies renouvelables, santé environnementale, etc.).</p>
</div>
<div style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Renforcer et soutenir les partenariats des chercheurs avec la société civile organisée à but non lucratif (associations, ONG, etc.).</div>
<div>
<p><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Bonneuil, Christophe et Sintomer, Yves, 2003, postface de l&rsquo;édition française « <em>Choix technologiques, choix de société </em>», Descartes &amp; Cie, Editions Charles Léopold Mayer du livre de Richard Sclove, 1995, Technology and Democracy, The Guilford Press</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Fondation Sciences Citoyennes, 2004, « <em>L&rsquo;expertise et la recherche associative et citoyennes en France &#8211; Esquisse d&rsquo;un état des lieux </em>», Synthèse N°1 de la FSC, www.sciencescitoyennes.org</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong><em>Global Governance of Science</em>, report to the European Commission, 2009</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Gall, Eric, Millot, Glen, Neubauer, Claudia, 2009, « <em>Participation of civil society organisations in research </em>», report from the European project STACS &#8211; Civil society organisations &#8211; actors in the European System of Research and Innovation, Fondation Sciences Citoyennes, 2009, www.sciencescitoyennes.org</p>
</div>
<div style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong><em>Taking European knowledge society seriously</em>, Report of the Expert Group on Science and Governance to the Science, Economy and Society Directorate, Directorate-­General for Research, European Commission, http://www.citeulike.org/user/Enro/article/7010762</div>
<div></div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
[i] Le sociologue M. Callon distingue trois modèles dans la démocratie technique : le modèle de l&rsquo;instruction publique, le modèle du débat public, le modèle de la co-construction des savoirs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
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		<title>L&#039;étiquetage biométrique des individus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:00:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Biom&#xE9;trie, RFID, NBIC, nanotechnologies&#xA0;: un flot de n&#xE9;ologismes s&#x2019;immisce dans notre vocabulaire pour d&#xE9;signer des d&#xE9;veloppements technologiques plus ou moins r&#xE9;cents, qui pourraient avoir un impact important sur la soci&#xE9;t&#xE9; de demain.&#xA0;Les d&#xE9;veloppements r&#xE9;cents de la biom&#xE9;trie permettent d&#x2019;interroger les visions du monde et les impacts sur le fonctionnement d&#xE9;mocratique de nos soci&#xE9;t&#xE9;s dont ces [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/letiquetage-biometrique-des-individus/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Biométrie, RFID, NBIC, nanotechnologies : un flot de néologismes s’immisce dans notre vocabulaire pour désigner des développements technologiques plus ou moins récents, qui pourraient avoir un impact important sur la société de demain. Les développements récents de la biométrie permettent d’interroger les visions du monde et les impacts sur le fonctionnement démocratique de nos sociétés dont ces technologies sont porteuses.<span id="more-21057"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong> biométrie, nanotechnologies,  RFID (radio frequency identification), technologies convergentes, NBIC (nano-bio-info-cogno)</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> tous</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• RFID :</em> Le traçage des animaux en élevage, le &lsquo;Vérichip&rsquo; sous la peau pour rentrer dans des discothèques, des cartes d&rsquo;identité et passeports électroniques &#8211; les technologies d&rsquo;identification par fréquence radio (RFID) sont des systèmes qui permettent la localisation, l’identification et l’authentification d&rsquo;objets de tous types (logistique, gestion de matériel, automatisation industrielle, services etc). Un nombre croissant de compagnies fournit désormais des produits en « protection de l&rsquo;enfant », « identification de patients », « pistage des biens », « identification d&rsquo;animaux », « contrôle d&rsquo;accès » (également avec des chips implantables sous la peau). Leur utilisation soulève des questions liées aux libertés individuelles et à l&rsquo;accès à des informations personnelles.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Biométrie :</em> Empreintes digitales, forme de la main, iris, rétine, signature, voix (locuteur), visage, réseau veineux &#8230; le mot biométrie signifie « mesure du vivant » et s&rsquo;appuie sur la prise en compte d&rsquo;éléments biologiques, comportementaux ou physiologiques uniques et propres à chaque individu à des fins de reconnaissance, d&rsquo;authentification et d&rsquo;identification de personnes. Les techniques biométriques servent principalement à des applications dans le domaine de la sécurité. Elles sont en pleine croissance et s’associent à d’autres technologies de sécurité. La biométrie est devenue une norme internationale définissant des paramètres de la gestion des populations. Elle met en place une surveillance globale à laquelle participent des états, acteurs privés et transnationaux.</p>
<p><strong>Contexte – État des lieux : </strong>Plus que jamais, penser le corps c&rsquo;est penser la norme. A cette normalisation du corps s’ajoute la nécessité de sa surveillance. D&rsquo;ailleurs, l’industrie de la surveillance a un point commun avec la biologie moléculaire : elle se loge dans le corps d’abord, avant de se relier au satellite et à la Toile. Les corps deviennent traçables, tout comme les marchandises, selon les mêmes processus d’étiquetage et d’identification par code barre.</p>
<p>Du coup, l’identification biométrique tient du prosaïque. Elle consiste à<strong> </strong>identifier un individu à partir d’une caractéristique physique stable. La partie du corps concernée est numérisée sous la forme d’un gabarit enregistré et stocké dans une base de données informatique. L’identification s’opère par rapprochement automatique entre le gabarit stocké (dans le fichier informatique) et la partie du corps qui lui correspond (à partir d’un terminal de lecture ou lecteur). L’identité biométrique est le code barre adapté au vivant humain et destiné à être lu par un dispositif technique de gestion (de flux).</p>
<p>La différence avec les anciennes formes de marquage corporel ou d’identification par le corps est évidente. « Il ne s’agit plus de signes apparents destinés à être vus ou reconnus par d’autres sujets, mais d’informations destinées à être identifiées et traitées par un dispositif technique. »[i] C’est cette opération (qui feint de sortir de la boucle du contrôle les contrôleurs eux-mêmes en tant que sujets et interprètes d’un sens à débusquer et à déchiffrer) qui, par sa radicalité, semble nouvelle. La nouveauté, quasiment inaperçue, c’est que nous sommes passés, en moins d’un siècle, <em>de la reconnaissance à l’identification, de l’être reconnu socialement à l’être identifié techniquement</em> »[ii]
<p>Si le coût important des technologies biométriques et la nécessité d&rsquo;utiliser d&rsquo;importants moyens matériels pour traiter les empreintes digitales a longtemps freiné leur développement, aujourd&rsquo;hui leur coût ne cesse de décroître.</p>
<div>
<p><strong>Exposé de la problématique : </strong>En mai 2008, le décret autorisant la généralisation, en France, du passeport biométrique, passe dans une indifférence générale. Ce décret prévoit la création d’un fichier central comportant les photographies des demandeurs de passeport et les empreintes digitales de leurs huit doigts, ce qui va au-delà de ce qui est prévu par la législation européenne. Le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), Alex Türk, s’en émeut dans une tribune en 2007 dans laquelle il dénonce l’ « endormissement collectif sur les libertés »[iii]. L’utilisation des dispositifs de biométrie est pourtant subordonnée à l’accord de la CNIL. A cet égard, la CNIL n’autorise l’enregistrement des empreintes digitales dans une base centralisée que si cette technologie se justifie par un « fort impératif de sécurité ». Il s’agit, par exemple, du contrôle de l’accès aux sites nucléaires. En revanche, la CNIL refuse la mise en place de dispositifs biométriques avec une base centralisée, toujours susceptible de faire l’objet d’un détournement de son utilisation. En ce qui concerne le passeport biométrique, la Commission a estimé que le ministère n’avait pas apporté d’éléments convaincants de nature à justifier la constitution d’un tel fichier centralisé. Elle a préconisé un débat parlementaire, compte tenu de l’ampleur des enjeux. Mais n’a pas été suivie…</p>
<p>En fait, il n’existe quasiment pas de discours élaboré sur ces techniques. Pour la majorité, elles n’évoquent rien de particulier. Seul leur côté « pratique », « plus sûr », est mis en avant, comme est mise en avant la santé des personnes pour justifier la sélection humaine. Il est très rare que les usagers de ces dispositifs sachent comment ils fonctionnent, et tout aussi rare qu’ils cherchent à le savoir.</p>
<p>La perte de confiance envers les médiations sociales et l’autonomie de la société semble constituer un puissant moteur en faveur des techniques biométriques d’identification, le terreau sur lequel celles-ci pourraient être amenées à se développer. Dans cette perspective, le corps, même objectivé, inscrit dans une « mémoire technique », fonctionne ici comme un gage d’authenticité.</p>
<p>« <em>La biométrie semble faire écho, sur un mode technique, à l’érosion de la confiance, indissociable de la généralisation des échanges à distance, c’est-à-dire de l’informatisation de la société, ainsi qu’à l’effritement des cadres identitaires traditionnels. Si l’identité individuelle n’est plus attestée socialement, en référence à des appartenances collectives et des solidarités sociales, telles celles qui permettaient l’accueil des handicapés, il semble qu’elle ne puisse plus être validée et garantie que techniquement, par des dispositifs matériels. En d’autres termes, c’est au moment où les identités paraissent être le moins assurées socialement que les moyens physiques susceptibles de les stabiliser durablement apparaissent légitimes.</em> »[iv] L’intérêt politique récemment focalisé sur « l’identité nationale » ne devrait pas faire illusion…</p>
<p>Mais le fait d’accepter de déléguer à des dispositifs techniques automatisés la charge d’identifier et de contrôler, recouvre des significations contradictoires, des expériences diverses qu’il serait vain de vouloir rassembler sous un unique dénominateur. Même si cela bénéficie en dernier ressort à l’Etat ou à toute autre organisation dont l’objectif est d’étendre ses capacités de contrôle, dans l’esprit de nombreux usagers, automatiser revient à desserrer l’étreinte du pouvoir en limitant au maximum les contacts avec ses représentants ou en s’émancipant d’une réglementation dont la légitimité n’est plus reconnue. Moins visible, l’Etat donnerait le sentiment d’être moins omnipotent.</p>
<div>
<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<ul>
<li><em>État :</em> utilisation des techniques biométriques à des fins de contrôle d&rsquo;individus et de sécurité (<strong>Depuis le 28 juin 2009,</strong> le passeport biométrique succède au passeport électronique sur tout le territoire. Il n&rsquo;est plus délivré de passeport électronique.[v])</li>
<li><em>Industrie :</em> fournisseur des dispositifs techniques</li>
<li><em>Associations :</em> Certaines associations de défense des libertés individuelles (LDH, IRIS -Association Imaginons un réseau Internet solidaire, etc.) s&rsquo;insurgent contre ces nouvelles méthodes de fichage.</li>
<li><em>Citoyens :</em> obligation d&rsquo;un passeport biométrique ; indifférence générale</li>
<li><em>CNIL :</em> qualifiée en tant que autorité administrative indépendante ; la CNIL adopte des délibérations portant sur des traitements ou des fichiers (avis ou autorisation), elle examine aussi des projets de loi et de décrets soumis à la CNIL pour avis par le gouvernement.</li>
</ul>
<div>
<div>
<p><strong>Enjeux : </strong>Quelle place des techniques de surveillance de plus en plus sophistiquées dans une société démocratique ? Quelle place pour la démocratie dans une société de surveillance ? « Plus généralement ces projets devraient mener à de nouveaux types de fichage des individus, encore plus précis et permettre tout à la fois le renouvellement et le développement des données déjà existantes dans les fichiers actuels de Police et du Gouvernement. &#8230; En effet, l’utilisation de la biométrie, en elle-même pose de nombreux problèmes philosophiques, sociologiques et politiques qui sont d’autant plus exacerbés lorsque les données biométriques sont massivement stockées dans des fichiers centralisés. Ces constatations font dès lors apparaître une confrontation entre deux intérêts divergents : d’une part la volonté de sécuriser toujours plus les rapports entre les individus, et d’autre part la nécessaire protection de la vie privée. »[vi]
<p>Les techniques sécuritaires risquent plutôt d&rsquo;accroître le sentiment d&rsquo;insécurité car « elles vont se traduire, comme tout processus d&rsquo;automatisation, par la suppression de médiations sociales ou humaines » (G. Dubey)</p>
<p>« <em>La signification sociale de la biométrie est, en fait, pour le meilleur et pour le pire, marquée par l’ambiguïté. Le manque apparent de résistance, et l’apparente acceptabilité sociale de ces techniques, pour parler la langue des industriels, ne signifient pas qu’elle ne suscite pas d’inquiétudes ni ne fait naître la conscience diffuse de profonds bouleversements. </em>»[vii] En témoigne la résistance naissante au fichage génétique généralisé. Depuis la mise en place en 1998 du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG), le type de condamnations pénales pour lesquelles un prélèvement d’ADN est obligatoire a été largement étendu. En 2009, ce sont plus d’un million de profils génétiques qui sont contenus dans le fichier. Mais depuis 2007, des syndicalistes, des manifestants anti-CPE, des faucheurs volontaires d’OGM sont jugés et condamnés pour refus de prélèvement génétique. Ils « refusent de cracher ». Les procès sont l’occasion d’interroger la prétendue neutralité de la technique et de réinjecter les enjeux latents de démocratie et de contrôle dans le débat.</p>
<div>
<div>
<p><strong>Recommandations : </strong>Organiser une convention de citoyens (voir <a title="Conventions de citoyens (projet de loi)" href="https://sciencescitoyennes.org/projet-de-loi-concernant-les-conventions-de-citoyens/" target="_blank" rel="noopener">ici</a>) sur les techniques biométriques et les conséquences de leur utilisation sur notre société.</p>
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<div><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></div>
<div><strong></strong></p>
<ul>
<li><a href="https://sciencescitoyennes.org/mettons-vraiment-les-nanos-en-question/">https://sciencescitoyennes.org/mettons-vraiment-les-nanos-en-question/</a></li>
<li><a href="https://sciencescitoyennes.org/survivre-aux-nanotechnologies-giga-questions-nano-visions-et-citoyennete/">https://sciencescitoyennes.org/survivre-aux-nanotechnologies-giga-questions-nano-visions-et-citoyennete/</a></li>
<li><a href="https://sciencescitoyennes.org/labo-planete-ou-comment-2030-se-prepare-sans-les-citoyens/">https://sciencescitoyennes.org/labo-planete-ou-comment-2030-se-prepare-sans-les-citoyens/</a></li>
<li>Testart, J., Sinai, A., Bourgain, C. : <em>Labo Planète &#8211; ou Comment 2030 se prépare sans les citoyens</em>, Mille et une nuits, 2010</li>
<li>Commission Nationale Informatique et Liberté, extrait du 22e rapport d’activité 2001 chapitre 3 : « un siècle de biométrie », <a href="http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossier/CNI-biometrie/CNIL_22eRapport.pdf">http://www.cnil.fr/</a>, 2002.</li>
<li><a href="http://www.ines.sgdg.org/">http://www.ines.sgdg.org/</a></li>
<li><a href="http://www.ldh-france.org/">http://www.ldh-france.org/</a></li>
<li><a href="http://www.cnil.fr/">http://www.cnil.fr</a></li>
<li><a href="http://wiki.univ-paris5.fr/wiki/Biom%8Etrie">http://wiki.univ-paris5.fr/wiki/Biom%C3%A9trie</a></li>
</ul>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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[i] Gérard Dubey, <em>in</em> Dialogues Sciences Planète, FSC, 11 octobre 2007.</p>
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[ii] Gérard Dubey, <em>ibid</em>.</p>
<div>
[iii] <em>Le Monde</em>, 18 avril 2007.</p>
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[iv] Gérard Dubey, <em>ibid.</em></p>
<div>
[v] <a href="http://vosdroits.service-public.fr/">http://vosdroits.service-public.fr</a></p>
<div>
[vi] Andrieu, Ph., Gamet, O.: Biométrie : une sécurité accrue au détriment des libertés individuelles ?</p>
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[vii] Gérard Dubey, <em>ibid.</em></p>
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<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/letiquetage-biometrique-des-individus/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>L\&#8217;étiquetage biométrique des individus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 15:00:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Biom&#xE9;trie, RFID, NBIC, nanotechnologies&#xA0;: un flot de n&#xE9;ologismes s&#x2019;immisce dans notre vocabulaire pour d&#xE9;signer des d&#xE9;veloppements technologiques plus ou moins r&#xE9;cents, qui pourraient avoir un impact important sur la soci&#xE9;t&#xE9; de demain.&#xA0;Les d&#xE9;veloppements r&#xE9;cents de la biom&#xE9;trie permettent d&#x2019;interroger les visions du monde et les impacts sur le fonctionnement d&#xE9;mocratique de nos soci&#xE9;t&#xE9;s dont ces [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/letiquetage-biometrique-des-individus-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Biométrie, RFID, NBIC, nanotechnologies : un flot de néologismes s’immisce dans notre vocabulaire pour désigner des développements technologiques plus ou moins récents, qui pourraient avoir un impact important sur la société de demain. Les développements récents de la biométrie permettent d’interroger les visions du monde et les impacts sur le fonctionnement démocratique de nos sociétés dont ces technologies sont porteuses.<span id="more-145023"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong> biométrie, nanotechnologies,  RFID (radio frequency identification), technologies convergentes, NBIC (nano-bio-info-cogno)</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> tous</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>• RFID :</em> Le traçage des animaux en élevage, le \&rsquo;Vérichip\&rsquo; sous la peau pour rentrer dans des discothèques, des cartes d\&rsquo;identité et passeports électroniques &#8211; les technologies d\&rsquo;identification par fréquence radio (RFID) sont des systèmes qui permettent la localisation, l’identification et l’authentification d\&rsquo;objets de tous types (logistique, gestion de matériel, automatisation industrielle, services etc). Un nombre croissant de compagnies fournit désormais des produits en « protection de l\&rsquo;enfant », « identification de patients », « pistage des biens », « identification d\&rsquo;animaux », « contrôle d\&rsquo;accès » (également avec des chips implantables sous la peau). Leur utilisation soulève des questions liées aux libertés individuelles et à l\&rsquo;accès à des informations personnelles.</p>
<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>• Biométrie :</em> Empreintes digitales, forme de la main, iris, rétine, signature, voix (locuteur), visage, réseau veineux &#8230; le mot biométrie signifie \ »mesure du vivant\ » et s\&rsquo;appuie sur la prise en compte d\&rsquo;éléments biologiques, comportementaux ou physiologiques uniques et propres à chaque individu à des fins de reconnaissance, d\&rsquo;authentification et d\&rsquo;identification de personnes. Les techniques biométriques servent principalement à des applications dans le domaine de la sécurité. Elles sont en pleine croissance et s’associent à d’autres technologies de sécurité. La biométrie est devenue une norme internationale définissant des paramètres de la gestion des populations. Elle met en place une surveillance globale à laquelle participent des états, acteurs privés et transnationaux.</p>
<p><strong>Contexte – État des lieux : </strong>Plus que jamais, penser le corps c\&rsquo;est penser la norme. A cette normalisation du corps s’ajoute la nécessité de sa surveillance. D\&rsquo;ailleurs, l’industrie de la surveillance a un point commun avec la biologie moléculaire : elle se loge dans le corps d’abord, avant de se relier au satellite et à la Toile. Les corps deviennent traçables, tout comme les marchandises, selon les mêmes processus d’étiquetage et d’identification par code barre.</p>
<p>Du coup, l’identification biométrique tient du prosaïque. Elle consiste à<strong> </strong>identifier un individu à partir d’une caractéristique physique stable. La partie du corps concernée est numérisée sous la forme d’un gabarit enregistré et stocké dans une base de données informatique. L’identification s’opère par rapprochement automatique entre le gabarit stocké (dans le fichier informatique) et la partie du corps qui lui correspond (à partir d’un terminal de lecture ou lecteur). L’identité biométrique est le code barre adapté au vivant humain et destiné à être lu par un dispositif technique de gestion (de flux).</p>
<p>La différence avec les anciennes formes de marquage corporel ou d’identification par le corps est évidente. « Il ne s’agit plus de signes apparents destinés à être vus ou reconnus par d’autres sujets, mais d’informations destinées à être identifiées et traitées par un dispositif technique. »[i] C’est cette opération (qui feint de sortir de la boucle du contrôle les contrôleurs eux-mêmes en tant que sujets et interprètes d’un sens à débusquer et à déchiffrer) qui, par sa radicalité, semble nouvelle. La nouveauté, quasiment inaperçue, c’est que nous sommes passés, en moins d’un siècle, <em>de la reconnaissance à l’identification, de l’être reconnu socialement à l’être identifié techniquement</em> »[ii]
<p>Si le coût important des technologies biométriques et la nécessité d\&rsquo;utiliser d\&rsquo;importants moyens matériels pour traiter les empreintes digitales a longtemps freiné leur développement, aujourd\&rsquo;hui leur coût ne cesse de décroître.</p>
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<p><strong>Exposé de la problématique : </strong>En mai 2008, le décret autorisant la généralisation, en France, du passeport biométrique, passe dans une indifférence générale. Ce décret prévoit la création d’un fichier central comportant les photographies des demandeurs de passeport et les empreintes digitales de leurs huit doigts, ce qui va au-delà de ce qui est prévu par la législation européenne. Le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), Alex Türk, s’en émeut dans une tribune en 2007 dans laquelle il dénonce l’ « endormissement collectif sur les libertés »[iii]. L’utilisation des dispositifs de biométrie est pourtant subordonnée à l’accord de la CNIL. A cet égard, la CNIL n’autorise l’enregistrement des empreintes digitales dans une base centralisée que si cette technologie se justifie par un \ »fort impératif de sécurité\ ». Il s’agit, par exemple, du contrôle de l’accès aux sites nucléaires. En revanche, la CNIL refuse la mise en place de dispositifs biométriques avec une base centralisée, toujours susceptible de faire l’objet d’un détournement de son utilisation. En ce qui concerne le passeport biométrique, la Commission a estimé que le ministère n’avait pas apporté d’éléments convaincants de nature à justifier la constitution d’un tel fichier centralisé. Elle a préconisé un débat parlementaire, compte tenu de l’ampleur des enjeux. Mais n’a pas été suivie…</p>
<p>En fait, il n’existe quasiment pas de discours élaboré sur ces techniques. Pour la majorité, elles n’évoquent rien de particulier. Seul leur côté « pratique », « plus sûr », est mis en avant, comme est mise en avant la santé des personnes pour justifier la sélection humaine. Il est très rare que les usagers de ces dispositifs sachent comment ils fonctionnent, et tout aussi rare qu’ils cherchent à le savoir.</p>
<p>La perte de confiance envers les médiations sociales et l’autonomie de la société semble constituer un puissant moteur en faveur des techniques biométriques d’identification, le terreau sur lequel celles-ci pourraient être amenées à se développer. Dans cette perspective, le corps, même objectivé, inscrit dans une « mémoire technique », fonctionne ici comme un gage d’authenticité.</p>
<p>« <em>La biométrie semble faire écho, sur un mode technique, à l’érosion de la confiance, indissociable de la généralisation des échanges à distance, c’est-à-dire de l’informatisation de la société, ainsi qu’à l’effritement des cadres identitaires traditionnels. Si l’identité individuelle n’est plus attestée socialement, en référence à des appartenances collectives et des solidarités sociales, telles celles qui permettaient l’accueil des handicapés, il semble qu’elle ne puisse plus être validée et garantie que techniquement, par des dispositifs matériels. En d’autres termes, c’est au moment où les identités paraissent être le moins assurées socialement que les moyens physiques susceptibles de les stabiliser durablement apparaissent légitimes.</em> »[iv] L’intérêt politique récemment focalisé sur « l’identité nationale » ne devrait pas faire illusion…</p>
<p>Mais le fait d’accepter de déléguer à des dispositifs techniques automatisés la charge d’identifier et de contrôler, recouvre des significations contradictoires, des expériences diverses qu’il serait vain de vouloir rassembler sous un unique dénominateur. Même si cela bénéficie en dernier ressort à l’Etat ou à toute autre organisation dont l’objectif est d’étendre ses capacités de contrôle, dans l’esprit de nombreux usagers, automatiser revient à desserrer l’étreinte du pouvoir en limitant au maximum les contacts avec ses représentants ou en s’émancipant d’une réglementation dont la légitimité n’est plus reconnue. Moins visible, l’Etat donnerait le sentiment d’être moins omnipotent.</p>
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<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<ul>
<li><em>État :</em> utilisation des techniques biométriques à des fins de contrôle d\&rsquo;individus et de sécurité (<strong>Depuis le 28 juin 2009,</strong> le passeport biométrique succède au passeport électronique sur tout le territoire. Il n\&rsquo;est plus délivré de passeport électronique.[v])</li>
<li><em>Industrie :</em> fournisseur des dispositifs techniques</li>
<li><em>Associations :</em> Certaines associations de défense des libertés individuelles (LDH, IRIS -Association Imaginons un réseau Internet solidaire, etc.) s\&rsquo;insurgent contre ces nouvelles méthodes de fichage.</li>
<li><em>Citoyens :</em> obligation d\&rsquo;un passeport biométrique ; indifférence générale</li>
<li><em>CNIL :</em> qualifiée en tant que autorité administrative indépendante ; la CNIL adopte des délibérations portant sur des traitements ou des fichiers (avis ou autorisation), elle examine aussi des projets de loi et de décrets soumis à la CNIL pour avis par le gouvernement.</li>
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<p><strong>Enjeux : </strong>Quelle place des techniques de surveillance de plus en plus sophistiquées dans une société démocratique ? Quelle place pour la démocratie dans une société de surveillance ? « Plus généralement ces projets devraient mener à de nouveaux types de fichage des individus, encore plus précis et permettre tout à la fois le renouvellement et le développement des données déjà existantes dans les fichiers actuels de Police et du Gouvernement. &#8230; En effet, l’utilisation de la biométrie, en elle-même pose de nombreux problèmes philosophiques, sociologiques et politiques qui sont d’autant plus exacerbés lorsque les données biométriques sont massivement stockées dans des fichiers centralisés. Ces constatations font dès lors apparaître une confrontation entre deux intérêts divergents : d’une part la volonté de sécuriser toujours plus les rapports entre les individus, et d’autre part la nécessaire protection de la vie privée. »[vi]
<p>Les techniques sécuritaires risquent plutôt d\&rsquo;accroître le sentiment d\&rsquo;insécurité car « elles vont se traduire, comme tout processus d\&rsquo;automatisation, par la suppression de médiations sociales ou humaines » (G. Dubey)</p>
<p>« <em>La signification sociale de la biométrie est, en fait, pour le meilleur et pour le pire, marquée par l’ambiguïté. Le manque apparent de résistance, et l’apparente acceptabilité sociale de ces techniques, pour parler la langue des industriels, ne signifient pas qu’elle ne suscite pas d’inquiétudes ni ne fait naître la conscience diffuse de profonds bouleversements. </em>»[vii] En témoigne la résistance naissante au fichage génétique généralisé. Depuis la mise en place en 1998 du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG), le type de condamnations pénales pour lesquelles un prélèvement d’ADN est obligatoire a été largement étendu. En 2009, ce sont plus d’un million de profils génétiques qui sont contenus dans le fichier. Mais depuis 2007, des syndicalistes, des manifestants anti-CPE, des faucheurs volontaires d’OGM sont jugés et condamnés pour refus de prélèvement génétique. Ils « refusent de cracher ». Les procès sont l’occasion d’interroger la prétendue neutralité de la technique et de réinjecter les enjeux latents de démocratie et de contrôle dans le débat.</p>
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<p><strong>Recommandations : </strong>Organiser une convention de citoyens (voir <a title=\"Conventions de citoyens (projet de loi)\" href=\"https://sciencescitoyennes.org/projet-de-loi-concernant-les-conventions-de-citoyens/\" target=\"_blank\">ici</a>) sur les techniques biométriques et les conséquences de leur utilisation sur notre société.</p>
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<div><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></div>
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<li><a href=\"https://sciencescitoyennes.org/mettons-vraiment-les-nanos-en-question/\">https://sciencescitoyennes.org/mettons-vraiment-les-nanos-en-question/</a></li>
<li><a href=\"https://sciencescitoyennes.org/survivre-aux-nanotechnologies-giga-questions-nano-visions-et-citoyennete/\">https://sciencescitoyennes.org/survivre-aux-nanotechnologies-giga-questions-nano-visions-et-citoyennete/</a></li>
<li><a href=\"https://sciencescitoyennes.org/labo-planete-ou-comment-2030-se-prepare-sans-les-citoyens/\">https://sciencescitoyennes.org/labo-planete-ou-comment-2030-se-prepare-sans-les-citoyens/</a></li>
<li>Testart, J., Sinai, A., Bourgain, C. : <em>Labo Planète &#8211; ou Comment 2030 se prépare sans les citoyens</em>, Mille et une nuits, 2010</li>
<li>Commission Nationale Informatique et Liberté, extrait du 22e rapport d’activité 2001 chapitre 3 : \ »un siècle de biométrie\ », <a href=\"http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossier/CNI-biometrie/CNIL_22eRapport.pdf\">http://www.cnil.fr/</a>, 2002.</li>
<li><a href=\"http://www.ines.sgdg.org/\">http://www.ines.sgdg.org/</a></li>
<li><a href=\"http://www.ldh-france.org/\">http://www.ldh-france.org/</a></li>
<li><a href=\"http://www.cnil.fr/\">http://www.cnil.fr</a></li>
<li><a href=\"http://wiki.univ-paris5.fr/wiki/Biom%8Etrie\">http://wiki.univ-paris5.fr/wiki/Biom%C3%A9trie</a></li>
</ul>
</div>
<p>&nbsp;</p>
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[i] Gérard Dubey, <em>in</em> Dialogues Sciences Planète, FSC, 11 octobre 2007.</p>
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[ii] Gérard Dubey, <em>ibid</em>.</p>
<div>
[iii] <em>Le Monde</em>, 18 avril 2007.</p>
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[iv] Gérard Dubey, <em>ibid.</em></p>
<div>
[v] <a href=\"http://vosdroits.service-public.fr/\">http://vosdroits.service-public.fr</a></p>
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[vi] Andrieu, Ph., Gamet, O.: Biométrie : une sécurité accrue au détriment des libertés individuelles ?</p>
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[vii] Gérard Dubey, <em>ibid.</em></p>
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<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/letiquetage-biometrique-des-individus-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Recherche participative &#8211; L&#039;exemple de la sélection participative</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/recherche-participative-lexemple-de-la-selection-participative/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 13:43:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les crises sanitaires, alimentaires et environnementales répétées ont mis à mal le schéma des décisions en matière de politique scientifique et technique, basées sur une science neutre et objective et une prédominance de l&rsquo;expertise scientifique. Un nouveau modèle de gouvernance délibératif émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales.</p>
<p>Par nature, la sélection de semences industrielles génétiquement homogènes n’envisage l’adaptation aux défis environnementaux que par le prisme de l’amélioration des intrants chimiques. Au contraire, la sélection participative met les paysans au cœur du processus de la sélection, valorise la diversité génétique des semences et l’utilise pour répondre aux besoins spécifiques des différents terroirs et des variations climatiques.</p>
<p>Ils &lsquo;agit de valoriser un nouveau mode d’innovation mieux adapté aux urgences environnementales et climatiques que constituent la sauvegarde de la biodiversité et la limitation des intrants chimiques dans les pratiques agricoles.<span id="more-21051"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong><em> </em>recherche participative, sélection participative, gouvernance de la recherche, reconnaissance des savoirs, tiers-secteur scientifique (tiers-secteur de la connaissance)</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> tous</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<ul>
<li>La <em>sélection participative</em> repose sur une <em>approche globale de l’écosystème particulier «  champ du paysan » et de ses différents usages. Le lien entre agriculture et environnement est donc au cœur de cette pratique.</em> En ce sens, elle s’inscrit <em>en rupture avec les pratiques agronomiques dominantes,</em> bâties autour du seul objectif de maximisation de la production végétale. Enfin, à l’heure où l’innovation dans le contexte des semences industrielles se retrouve principalement guidée par les enjeux de compétitivité de l’industrie semencière[i], <em>la sélection participative apparaît plus à même de répondre directement aux besoins exprimés par les consommateurs et les paysans.</em></li>
</ul>
<ul>
<li><em>Tiers secteur scientifique</em> : Le tiers secteur scientifique (TSS) désigne l’ensemble des organisations et acteurs capables de produire une expertise à caractère scientifique en dehors du secteur privé lucratif ou des institutions étatiques. Il est gouverné par d’autres logiques que le désir de puissance, la soif de profits, la volonté de savoir d’un seul groupe professionnel « s’autorégulant ». Les savoirs produits diffèrent parfois aussi par leur caractère et leur pertinence locale des savoirs classiques. Plus profondément, le TSS peut produire des savoirs alternatifs au sens où ils sortent des cadres thématiques, paradigmatiques et méthodologique qui dominent les institutions de recherches publiques et privées. Enfin le TSS produit des savoirs sur un mode participatif au sens où la division du travail entre experts et profanes et le rapport de délégation cèdent la place à un rapport de dialogue et de co-production des connaissances et des innovations. Le TSS est porteur d’un modèle élargi de production des savoirs et des innovations qui peut se généraliser, comme en témoignent les succès de la mouvance du logiciel libre. Le TSS s’inscrit donc bien dans la recherche d’un nouveau pacte social entre science et société.</li>
</ul>
<div>
<p><strong>Contexte – État des lieux  : </strong>Longtemps, les décisions en matière de politique scientifique et technique, basées sur l&rsquo;image d&rsquo;une science neutre et objective, dépassant les controverses et les oppositions politiques, ont été prises sans consultation de la société civile et en donnant un rôle prédominant aux experts scientifiques. Mais les crises sanitaires, alimentaires et environnementales répétées ont mis à mal ce schéma. Un nouveau modèle de gouvernance délibératif émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales. Placés dans la sphère publique, ils doivent permettre une véritable implication des citoyens. La décision politique ne peut plus se fonder uniquement sur l&rsquo;expertise scientifique. D&rsquo;autres formes de savoir (produites par les associations de malades, de naturalistes, de paysans, de consommateurs, de développeurs de logiciel libre&#8230;) sont requises et doivent trouver leur place. <em>Participation démocratique aux processus décisionnels et revendication d&rsquo;une reconnaissance de tous les savoirs vont de pair</em>. A côté de la recherche publique et de la recherche privée, un <em>tiers-secteur de la connaissance et de l’innovation</em> est donc en passe de devenir un acteur majeur des sociétés de la connaissance du 21ème siècle.</p>
<p>Les activités agricoles ont des conséquences directes et importantes sur l&rsquo;environnement, des pollutions diverses liées aux intrants, aux impacts sur la diminution de biodiversité sauvage et cultivée. Depuis le sommet de la terre à Rio en 1992, la question de la protection et du maintien de la biodiversité est posée comme enjeu des politiques publiques. Par nature, la sélection de semences industrielles génétiquement homogènes n’envisage l’adaptation aux défis environnementaux que par le prisme de l’amélioration des intrants chimiques. Au contraire, la <em>sélection participative valorise la diversité génétique</em> des semences et l’utilise pour répondre aux besoins spécifiques des différents terroirs et des variations climatiques. En un sens, <em>elle remplace les intrants chimiques par un bon usage des dynamiques naturelles d’évolution de la biodiversité.</em></p>
<p><strong>Exposé de la problématique : </strong>Intégrer différentes formes de savoirs n&rsquo;est pas chose évidente. Des <em>programmes de recherche dit participatifs</em> se développent depuis quelques années pour relever ce défi. C&rsquo;est, en particulier, le cas des <em>expériences de sélection participative au croisement entre agriculture durable, environnement et alimentation</em>. Alors que dans le système industriel dominant, la sélection des semences est organisée dans des fermes expérimentales dont les conditions sont éloignées de celles des champs (notamment ceux cultivés en agriculture biologique), la <em>démarche participative redonne aux paysans une place centrale</em>. Ces collaborations inédites entre chercheurs et paysans présentent de <em>multiples intérêts</em>. Elles permettent de replacer au cœur même du processus de création des semences, des enjeux comme la lutte contre les pollutions environnementales et les changements climatiques (réduction de l&rsquo;usage des intrants chimiques), le respect de la biodiversité sauvage, la réhabilitation de la valeur intrinsèque de la biodiversité cultivée, le développement d&rsquo;une alimentation plus équilibrée&#8230; <em>Pourtant, ces expériences sont encore très peu reconnues et soutenues par les institutions de recherche publiques et souvent inconnues des chercheurs académiques</em>.</p>
<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Chercheurs :</em> partenaire dans la recherche participative</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Associations</em> (ex. paysans et réseaux de paysans comme le Réseau semences paysannes)<em> :</em> promoteur, demandeur et partenaire de la recherche participative</p>
<div style="padding-left: 30px;"><em>• Institutions de recherche :</em> promoteur et soutien (à développer) de la recherche participative</div>
<div></div>
<div>
<p><strong>Enjeux : </strong>Malgré de récentes mais timides évolutions, le constat sur la mobilisation de la recherche française pour relever le défi environnemental est alarmant au regard du diagnostic sur l&rsquo;état de la planète dégagé lors du Grenelle de l&rsquo;environnement. Les études bibliométriques de l’Observatoire des Sciences et des Techniques et de la Fondation Sciences Citoyennes révèlent en effet qu’en terme de priorisation[ii], la France était lanterne rouge de l’Europe des 15 dans la plupart des domaines de recherche clé du développement durable : agro-écologie et agriculture biologique, énergies solaire et éolienne, santé environnementale, éco-urbanisme et éco-construction, écologie industrielle, etc.[iii]
<p>Plusieurs groupes de travail et comité du Grenelle ont souligné l&rsquo;importance de « réorienter la recherche et l’enseignement agronomiques au service d’une agriculture écologique et productive ; afin de préserver la diversité génétique dans nos terroirs, un catalogue des variétés locales et traditionnelles est proposé, permettant la commercialisation à petite échelle et l’enrichissement de la biodiversité domestique et cultivée. » La synthèse du groupe &lsquo;Adopter des modes de production et de consommation durable&rsquo; est spécialement explicite : « si la vocation première et prioritaire de l’agriculture de répondre aux besoins alimentaires de la population est réaffirmée avec force par le groupe, le niveau d’atteinte à l’environnement a parfois dépassé les seuils d’acceptabilité sociale ; qui plus est, c’est dans bien des cas la durabilité de l’agriculture elle-même qui est en cause, comme on peut le voir dans certains secteurs lorsque les sols voient leur fertilité réduite (&#8230;) il est donc indispensable d’engager un mouvement de transformation en profondeur de l’ensemble de l’agriculture et de revisiter les bases de l’agriculture conventionnelle, pour concilier les impératifs d’efficacité économique, de robustesse au changement climatique et de réalisme écologique : il s’agit de produire suffisamment, en utilisant les fonctionnements du sol et des systèmes vivants dont nous dépendons (agronomie, auxiliaires de culture…) et en leur garantissant une pérennité, de sécuriser simultanément les productions et les écosystèmes. Cette <em>modernisation des pratiques d’élevage et de culture demande de rassembler les savoirs et savoir-faire de tous, de les confronter aux nouveaux défis et de les rendre plus efficaces par la recherche, l’expérimentation, l’échange et le transfert de connaissances.</em> »</p>
<p>Depuis quelques années, de diverses expériences de <em>sélection participative</em>, en France surtout soutenue par le réseau semences paysannes,<strong> </strong>émergent. En s’associant, des paysans, chercheurs des instituts agronomiques et techniciens ainsi souvent que des consommateurs, des transformateurs, des distributeurs ou des ONG, cherchent à <em>répondre à un besoin de création et de renouvellement variétal non couvert par la sélection moderne de type industriel.</em> « Au cloisonnement entre conservation (dans les banques de graines), sélection (en station ou en laboratoire) et production (dans les fermes, avec des semences achetées sur le marché) sur lequel repose la sélection industrielle, la sélection participative oppose un processus continu réunissant dans les champs des agriculteurs la gestion dynamique de la biodiversité cultivée, la sélection de nouvelles variétés et la production agricole. En sélection participative, ce ne sont plus des variétés fixées et totalement homogènes qui sont mises à disposition des agriculteurs mais des populations de semences hétérogènes, issues de croisements ou de mélanges. A partir de cette grande variabilité génétique, les paysans vont pouvoir sélectionner des variétés adaptées à leur milieu, leurs besoins et leurs attentes. <em>La sélection participative garantit donc une sélection locale de variétés adaptées à chaque bassin de production, réduisant ainsi la dépendance aux produits phytosanitaires. Sa base génétique plus large confère une meilleure adaptabilité aux changements climatiques ».</em>[iv]
<ul>
<li>Ils &lsquo;agit de valoriser un nouveau mode d’innovation mieux adapté aux urgences environnementales et climatiques que constituent la sauvegarde de la biodiversité et la limitation des intrants chimiques dans les pratiques agricoles.</li>
<li>Dans la sélection participative, démarche novatrice en matière d’innovation semencière, chercheurs et paysans sont réellement partenaires et non plus dans une relation de hiérarchie des savoirs (où l’on a délégué aux chercheurs le monopole de la production des connaissances) qui prévaut depuis la fin de la seconde guerre mondiale.</li>
<li>La participation de la société civile au co-pilotage de la recherche et à la production des savoirs, permet de <em>réinjecter des questionnements démocratiques dans des enceintes d’où ils ont été éjectés.</em> Les moteurs de l&rsquo;innovation semencière sont mis en débat. La rentabilité financière, principal pilote actuel du processus, doit faire une place aux besoins et envies des consommateurs et des paysans et à la protection de l’environnement.</li>
<li>La participation de la société civile à des projets scientifiques permet <em>l’émergence de solutions socio-techniques originales,</em> adaptées aux enjeux et aux défis locaux, et constitue, par la multiplication des expériences, une piste particulièrement féconde et novatrice, susceptible <em>d’augmenter la résilience des socio-écosystèmes à une échelle plus globale.</em></li>
</ul>
<div>
<p><strong>Recommandations : </strong>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;agriculture n&rsquo;est donc plus seulement interrogée pour elle-même, mais dans ses interactions avec l&rsquo;environnement, l&rsquo;alimentation et la société dans son ensemble. Sa multi-fonctionnalité, le besoin de modération dans la consommation des énergies fossiles et la prise en compte des risques sanitaires associés aux pratiques agricoles, remettent en question les modalités d&rsquo;innovation et de recherche agronomique.</p>
<ul>
<li>Analyser la politique de recherche de l&rsquo;INRA et la croiser avec les besoins exprimés par des agriculteurs en agriculture biologique et durable</li>
<li>Analyser les expériences en sélection participative pour avoir des indices sur la faisabilité et les limites actuelles des relations entre une institution de recherche publique et des organisations de la société civile.</li>
<li>Augmenter la part des recherches (aussi bien au niveau national qu&rsquo;européen) qui servent spécifiquement les besoins d&rsquo;agriculteurs en agriculture biologique</li>
<li>Repenser la relation entre chercheurs et agriculteurs/ paysans</li>
<li>Soutenir des programmes de sélection participative</li>
<li>Promouvoir une vision paysanne de la recherche agricole</li>
</ul>
<p><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.semencespaysannes.org/selection_participative_tour_horizon_experien_125.php">http://www.semencespaysannes.org/selection_participative_tour_horizon_experien_125.php</a></li>
<li>Rapport Les variétés améliorées ne sont pas toujours les meilleures &#8211; la recherche agricole à l&rsquo;épreuve de l&rsquo;évaluation paysanne en Afrique de l&rsquo;Ouest, Bede, en collaboration avec CNOP, COFERSA, IIED, 2009, <a href="http://www.bede-asso.org/">http://www.bede-asso.org/</a></li>
</ul>
<ul>
<li>Ronnie Vernooy, Les semences du monde &#8211; l&rsquo;amélioration participative des plantes, CRDI, 2003</li>
<li><a href="http://selection-participative.cirad.fr/">http://selection-participative.cirad.fr/</a></li>
</ul>
</div>
</div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
[i] Bonneuil, C., Thomas, F., Gènes, pouvoirs et profits &#8211; recherche publique et régimes de production des savoirs de Mendel aux OGM, Edition Quae, FPH, 2009</p>
<div>
[ii] Priorisation = part des publications scientifiques françaises dans le monde sur un thème particulier par rapport à la part dans la discipline plus large de rattachement</p>
</div>
<div>
[iii] Fondation Sciences Citoyennes, note n°2 : Quelle politique scientifique pour entrer dans le 21e siècle ? Vers un nouveau contrat entre recherche et société (2004) : <a href="https://sciencescitoyennes.org/quelle-politique-scientifique-pour-entrer-dans-le-21e/">https://sciencescitoyennes.org/quelle-politique-scientifique-pour-entrer-dans-le-21e/</a></p>
</div>
<div>
[iv] <a href="http://www.semencespaysannes.org">http://www.semencespaysannes.org</a></p>
</div>
</div>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/recherche-participative-lexemple-de-la-selection-participative/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Recherche participative &#8211; L\&#8217;exemple de la sélection participative</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/recherche-participative-lexemple-de-la-selection-participative-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 13:43:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les crises sanitaires, alimentaires et environnementales r&#xE9;p&#xE9;t&#xE9;es ont mis &#xE0; mal le sch&#xE9;ma des d&#xE9;cisions en mati&#xE8;re de politique scientifique et technique, bas&#xE9;es sur une science neutre et objective et une pr&#xE9;dominance de l\&#x2019;expertise scientifique. Un nouveau mod&#xE8;le de gouvernance d&#xE9;lib&#xE9;ratif &#xE9;merge, o&#xF9; les d&#xE9;bats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils &#xE9;taient enferm&#xE9;s, [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/recherche-participative-lexemple-de-la-selection-participative-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les crises sanitaires, alimentaires et environnementales répétées ont mis à mal le schéma des décisions en matière de politique scientifique et technique, basées sur une science neutre et objective et une prédominance de l\&rsquo;expertise scientifique. Un nouveau modèle de gouvernance délibératif émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales.</p>
<p>Par nature, la sélection de semences industrielles génétiquement homogènes n’envisage l’adaptation aux défis environnementaux que par le prisme de l’amélioration des intrants chimiques. Au contraire, la sélection participative met les paysans au cœur du processus de la sélection, valorise la diversité génétique des semences et l’utilise pour répondre aux besoins spécifiques des différents terroirs et des variations climatiques.</p>
<p>Ils \&rsquo;agit de valoriser un nouveau mode d’innovation mieux adapté aux urgences environnementales et climatiques que constituent la sauvegarde de la biodiversité et la limitation des intrants chimiques dans les pratiques agricoles.<span id="more-145021"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong><em> </em>recherche participative, sélection participative, gouvernance de la recherche, reconnaissance des savoirs, tiers-secteur scientifique (tiers-secteur de la connaissance)</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> tous</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<ul>
<li>La <em>sélection participative</em> repose sur une <em>approche globale de l’écosystème particulier «  champ du paysan » et de ses différents usages. Le lien entre agriculture et environnement est donc au cœur de cette pratique.</em> En ce sens, elle s’inscrit <em>en rupture avec les pratiques agronomiques dominantes,</em> bâties autour du seul objectif de maximisation de la production végétale. Enfin, à l’heure où l’innovation dans le contexte des semences industrielles se retrouve principalement guidée par les enjeux de compétitivité de l’industrie semencière[i], <em>la sélection participative apparaît plus à même de répondre directement aux besoins exprimés par les consommateurs et les paysans.</em></li>
</ul>
<ul>
<li><em>Tiers secteur scientifique</em> : Le tiers secteur scientifique (TSS) désigne l’ensemble des organisations et acteurs capables de produire une expertise à caractère scientifique en dehors du secteur privé lucratif ou des institutions étatiques. Il est gouverné par d’autres logiques que le désir de puissance, la soif de profits, la volonté de savoir d’un seul groupe professionnel « s’autorégulant ». Les savoirs produits diffèrent parfois aussi par leur caractère et leur pertinence locale des savoirs classiques. Plus profondément, le TSS peut produire des savoirs alternatifs au sens où ils sortent des cadres thématiques, paradigmatiques et méthodologique qui dominent les institutions de recherches publiques et privées. Enfin le TSS produit des savoirs sur un mode participatif au sens où la division du travail entre experts et profanes et le rapport de délégation cèdent la place à un rapport de dialogue et de co-production des connaissances et des innovations. Le TSS est porteur d’un modèle élargi de production des savoirs et des innovations qui peut se généraliser, comme en témoignent les succès de la mouvance du logiciel libre. Le TSS s’inscrit donc bien dans la recherche d’un nouveau pacte social entre science et société.</li>
</ul>
<div>
<p><strong>Contexte – État des lieux  : </strong>Longtemps, les décisions en matière de politique scientifique et technique, basées sur l\&rsquo;image d\&rsquo;une science neutre et objective, dépassant les controverses et les oppositions politiques, ont été prises sans consultation de la société civile et en donnant un rôle prédominant aux experts scientifiques. Mais les crises sanitaires, alimentaires et environnementales répétées ont mis à mal ce schéma. Un nouveau modèle de gouvernance délibératif émerge, où les débats sortent du carcan strictement technique dans lesquels ils étaient enfermés, pour laisser leur juste place aux dimensions socio-politiques, socio-économiques et environnementales. Placés dans la sphère publique, ils doivent permettre une véritable implication des citoyens. La décision politique ne peut plus se fonder uniquement sur l\&rsquo;expertise scientifique. D\&rsquo;autres formes de savoir (produites par les associations de malades, de naturalistes, de paysans, de consommateurs, de développeurs de logiciel libre&#8230;) sont requises et doivent trouver leur place. <em>Participation démocratique aux processus décisionnels et revendication d\&rsquo;une reconnaissance de tous les savoirs vont de pair</em>. A côté de la recherche publique et de la recherche privée, un <em>tiers-secteur de la connaissance et de l’innovation</em> est donc en passe de devenir un acteur majeur des sociétés de la connaissance du 21ème siècle.</p>
<p>Les activités agricoles ont des conséquences directes et importantes sur l\&rsquo;environnement, des pollutions diverses liées aux intrants, aux impacts sur la diminution de biodiversité sauvage et cultivée. Depuis le sommet de la terre à Rio en 1992, la question de la protection et du maintien de la biodiversité est posée comme enjeu des politiques publiques. Par nature, la sélection de semences industrielles génétiquement homogènes n’envisage l’adaptation aux défis environnementaux que par le prisme de l’amélioration des intrants chimiques. Au contraire, la <em>sélection participative valorise la diversité génétique</em> des semences et l’utilise pour répondre aux besoins spécifiques des différents terroirs et des variations climatiques. En un sens, <em>elle remplace les intrants chimiques par un bon usage des dynamiques naturelles d’évolution de la biodiversité.</em></p>
<p><strong>Exposé de la problématique : </strong>Intégrer différentes formes de savoirs n\&rsquo;est pas chose évidente. Des <em>programmes de recherche dit participatifs</em> se développent depuis quelques années pour relever ce défi. C\&rsquo;est, en particulier, le cas des <em>expériences de sélection participative au croisement entre agriculture durable, environnement et alimentation</em>. Alors que dans le système industriel dominant, la sélection des semences est organisée dans des fermes expérimentales dont les conditions sont éloignées de celles des champs (notamment ceux cultivés en agriculture biologique), la <em>démarche participative redonne aux paysans une place centrale</em>. Ces collaborations inédites entre chercheurs et paysans présentent de <em>multiples intérêts</em>. Elles permettent de replacer au cœur même du processus de création des semences, des enjeux comme la lutte contre les pollutions environnementales et les changements climatiques (réduction de l\&rsquo;usage des intrants chimiques), le respect de la biodiversité sauvage, la réhabilitation de la valeur intrinsèque de la biodiversité cultivée, le développement d\&rsquo;une alimentation plus équilibrée&#8230; <em>Pourtant, ces expériences sont encore très peu reconnues et soutenues par les institutions de recherche publiques et souvent inconnues des chercheurs académiques</em>.</p>
<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>• Chercheurs :</em> partenaire dans la recherche participative</p>
<p style=\"padding-left: 30px;\"><em>• Associations</em> (ex. paysans et réseaux de paysans comme le Réseau semences paysannes)<em> :</em> promoteur, demandeur et partenaire de la recherche participative</p>
<div style=\"padding-left: 30px;\"><em>• Institutions de recherche :</em> promoteur et soutien (à développer) de la recherche participative</div>
<div></div>
<div>
<p><strong>Enjeux : </strong>Malgré de récentes mais timides évolutions, le constat sur la mobilisation de la recherche française pour relever le défi environnemental est alarmant au regard du diagnostic sur l\&rsquo;état de la planète dégagé lors du Grenelle de l\&rsquo;environnement. Les études bibliométriques de l’Observatoire des Sciences et des Techniques et de la Fondation Sciences Citoyennes révèlent en effet qu’en terme de priorisation[ii], la France était lanterne rouge de l’Europe des 15 dans la plupart des domaines de recherche clé du développement durable : agro-écologie et agriculture biologique, énergies solaire et éolienne, santé environnementale, éco-urbanisme et éco-construction, écologie industrielle, etc.[iii]
<p>Plusieurs groupes de travail et comité du Grenelle ont souligné l\&rsquo;importance de « réorienter la recherche et l’enseignement agronomiques au service d’une agriculture écologique et productive ; afin de préserver la diversité génétique dans nos terroirs, un catalogue des variétés locales et traditionnelles est proposé, permettant la commercialisation à petite échelle et l’enrichissement de la biodiversité domestique et cultivée. » La synthèse du groupe \&rsquo;Adopter des modes de production et de consommation durable\&rsquo; est spécialement explicite : « si la vocation première et prioritaire de l’agriculture de répondre aux besoins alimentaires de la population est réaffirmée avec force par le groupe, le niveau d’atteinte à l’environnement a parfois dépassé les seuils d’acceptabilité sociale ; qui plus est, c’est dans bien des cas la durabilité de l’agriculture elle-même qui est en cause, comme on peut le voir dans certains secteurs lorsque les sols voient leur fertilité réduite (&#8230;) il est donc indispensable d’engager un mouvement de transformation en profondeur de l’ensemble de l’agriculture et de revisiter les bases de l’agriculture conventionnelle, pour concilier les impératifs d’efficacité économique, de robustesse au changement climatique et de réalisme écologique : il s’agit de produire suffisamment, en utilisant les fonctionnements du sol et des systèmes vivants dont nous dépendons (agronomie, auxiliaires de culture…) et en leur garantissant une pérennité, de sécuriser simultanément les productions et les écosystèmes. Cette <em>modernisation des pratiques d’élevage et de culture demande de rassembler les savoirs et savoir-faire de tous, de les confronter aux nouveaux défis et de les rendre plus efficaces par la recherche, l’expérimentation, l’échange et le transfert de connaissances.</em> »</p>
<p>Depuis quelques années, de diverses expériences de <em>sélection participative</em>, en France surtout soutenue par le réseau semences paysannes,<strong> </strong>émergent. En s’associant, des paysans, chercheurs des instituts agronomiques et techniciens ainsi souvent que des consommateurs, des transformateurs, des distributeurs ou des ONG, cherchent à <em>répondre à un besoin de création et de renouvellement variétal non couvert par la sélection moderne de type industriel.</em> « Au cloisonnement entre conservation (dans les banques de graines), sélection (en station ou en laboratoire) et production (dans les fermes, avec des semences achetées sur le marché) sur lequel repose la sélection industrielle, la sélection participative oppose un processus continu réunissant dans les champs des agriculteurs la gestion dynamique de la biodiversité cultivée, la sélection de nouvelles variétés et la production agricole. En sélection participative, ce ne sont plus des variétés fixées et totalement homogènes qui sont mises à disposition des agriculteurs mais des populations de semences hétérogènes, issues de croisements ou de mélanges. A partir de cette grande variabilité génétique, les paysans vont pouvoir sélectionner des variétés adaptées à leur milieu, leurs besoins et leurs attentes. <em>La sélection participative garantit donc une sélection locale de variétés adaptées à chaque bassin de production, réduisant ainsi la dépendance aux produits phytosanitaires. Sa base génétique plus large confère une meilleure adaptabilité aux changements climatiques ».</em>[iv]
<ul>
<li>Ils \&rsquo;agit de valoriser un nouveau mode d’innovation mieux adapté aux urgences environnementales et climatiques que constituent la sauvegarde de la biodiversité et la limitation des intrants chimiques dans les pratiques agricoles.</li>
<li>Dans la sélection participative, démarche novatrice en matière d’innovation semencière, chercheurs et paysans sont réellement partenaires et non plus dans une relation de hiérarchie des savoirs (où l’on a délégué aux chercheurs le monopole de la production des connaissances) qui prévaut depuis la fin de la seconde guerre mondiale.</li>
<li>La participation de la société civile au co-pilotage de la recherche et à la production des savoirs, permet de <em>réinjecter des questionnements démocratiques dans des enceintes d’où ils ont été éjectés.</em> Les moteurs de l\&rsquo;innovation semencière sont mis en débat. La rentabilité financière, principal pilote actuel du processus, doit faire une place aux besoins et envies des consommateurs et des paysans et à la protection de l’environnement.</li>
<li>La participation de la société civile à des projets scientifiques permet <em>l’émergence de solutions socio-techniques originales,</em> adaptées aux enjeux et aux défis locaux, et constitue, par la multiplication des expériences, une piste particulièrement féconde et novatrice, susceptible <em>d’augmenter la résilience des socio-écosystèmes à une échelle plus globale.</em></li>
</ul>
<div>
<p><strong>Recommandations : </strong>Aujourd\&rsquo;hui, l\&rsquo;agriculture n\&rsquo;est donc plus seulement interrogée pour elle-même, mais dans ses interactions avec l\&rsquo;environnement, l\&rsquo;alimentation et la société dans son ensemble. Sa multi-fonctionnalité, le besoin de modération dans la consommation des énergies fossiles et la prise en compte des risques sanitaires associés aux pratiques agricoles, remettent en question les modalités d\&rsquo;innovation et de recherche agronomique.</p>
<ul>
<li>Analyser la politique de recherche de l\&rsquo;INRA et la croiser avec les besoins exprimés par des agriculteurs en agriculture biologique et durable</li>
<li>Analyser les expériences en sélection participative pour avoir des indices sur la faisabilité et les limites actuelles des relations entre une institution de recherche publique et des organisations de la société civile.</li>
<li>Augmenter la part des recherches (aussi bien au niveau national qu\&rsquo;européen) qui servent spécifiquement les besoins d\&rsquo;agriculteurs en agriculture biologique</li>
<li>Repenser la relation entre chercheurs et agriculteurs/ paysans</li>
<li>Soutenir des programmes de sélection participative</li>
<li>Promouvoir une vision paysanne de la recherche agricole</li>
</ul>
<p><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></p>
<ul>
<li><a href=\"http://www.semencespaysannes.org/selection_participative_tour_horizon_experien_125.php\">http://www.semencespaysannes.org/selection_participative_tour_horizon_experien_125.php</a></li>
<li>Rapport Les variétés améliorées ne sont pas toujours les meilleures &#8211; la recherche agricole à l\&rsquo;épreuve de l\&rsquo;évaluation paysanne en Afrique de l\&rsquo;Ouest, Bede, en collaboration avec CNOP, COFERSA, IIED, 2009, <a href=\"http://www.bede-asso.org/\">http://www.bede-asso.org/</a></li>
</ul>
<ul>
<li>Ronnie Vernooy, Les semences du monde &#8211; l\&rsquo;amélioration participative des plantes, CRDI, 2003</li>
<li><a href=\"http://selection-participative.cirad.fr/\">http://selection-participative.cirad.fr/</a></li>
</ul>
</div>
</div>
<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" />
<div>
[i] Bonneuil, C., Thomas, F., Gènes, pouvoirs et profits &#8211; recherche publique et régimes de production des savoirs de Mendel aux OGM, Edition Quae, FPH, 2009</p>
<div>
[ii] Priorisation = part des publications scientifiques françaises dans le monde sur un thème particulier par rapport à la part dans la discipline plus large de rattachement</p>
</div>
<div>
[iii] Fondation Sciences Citoyennes, note n°2 : Quelle politique scientifique pour entrer dans le 21e siècle ? Vers un nouveau contrat entre recherche et société (2004) : <a href=\"https://sciencescitoyennes.org/quelle-politique-scientifique-pour-entrer-dans-le-21e/\">https://sciencescitoyennes.org/quelle-politique-scientifique-pour-entrer-dans-le-21e/</a></p>
</div>
<div>
[iv] <a href=\"http://www.semencespaysannes.org\">http://www.semencespaysannes.org</a></p>
</div>
</div>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/recherche-participative-lexemple-de-la-selection-participative-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<item>
		<title>Le dialogue multi-acteurs &#034;sciences et société&#034; &#8211; Cas du Forum Mondial Sciences et Démocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 12:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fiches didactiques]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#x2019;impact des sciences et des technologies sur le quotidien de tout un chacun, qu&#x2019;il soit scientifique ou non, est av&#xE9;r&#xE9;. Le changement climatique, la biodiversit&#xE9;, les nanotechnologies, la souverainet&#xE9; alimentaire, pour ne citer qu&#x2019;eux, sont autant de sujets qui engendrent un questionnement de la part de la soci&#xE9;t&#xE9; civile au sens large et des acteurs [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/le-dialogue-multi-acteurs-sciences-et-societe-cas-du-forum-mondial-sciences-et-democratie/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’impact des sciences et des technologies sur le quotidien de tout un chacun, qu’il soit scientifique ou non, est avéré. Le changement climatique, la biodiversité, les nanotechnologies, la souveraineté alimentaire, pour ne citer qu’eux, sont autant de sujets qui engendrent un questionnement de la part de la société civile au sens large et des acteurs sociaux en particulier. Aussi, à différentes échelles, observe-t-on la mise en place d’espaces de dialogues, d’échanges, de production commune pour que les scientifiques et les acteurs associatifs, sociaux, militants fassent un pas les uns vers les autres en vue d’une plus grande prise en compte du « citoyen » dans les orientations de la rechercher scientifique. Le Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD), initié par les mouvements sociaux, en est l’illustration au niveau international. Il a pour but de proposer un espace autonome où les scientifiques et les institutions d’une part, les ONG et les mouvements sociaux d’autre part pourraient dialoguer et envisager des partenariats à plus ou moins long terme.<span id="more-21045"></span></p>
<p><strong>Mot(s)-clé(s) :</strong><em> </em>sciences, citoyenneté,  démocratie, société civile, mouvements sociaux, dialogue, Forum Mondial Sciences et Démocratie, choix scientifiques</p>
<p><strong>Public(s) visé(s) :</strong> acteurs sociaux et éducatifs, étudiants, universitaires, scientifiques, institutions, ONG, paysans, praticiens, collectivités territoriales…</p>
<p><strong>Définition des concepts et notions utilisés :</strong></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Démocratisation des choix scientifiques et techniques :</em> telle qu’envisagée par la FSC, la démocratisation des choix scientifiques et techniques consiste à favoriser la mise en débat public des politiques publiques en matière de recherche, de technologie et d&rsquo;organisation de l&rsquo;expertise mais aussi à mener une analyse vigilante des nouveaux dispositifs délibératifs qui se multiplient afin de soutenir ceux qui favorisent une véritable démocratie technique. Elle passe par le renforcement et la réforme de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST) et par une ouverture des structures de programmation de la recherche aux acteurs de la société civile[i].</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Recherche participative : </em>Les termes comme «recherche participative», «recherche-action » ou « recherche avec des communautés» font référence à des recherches menées en partenariat entre des chercheurs et des membres d&rsquo;une « communauté », d&rsquo;associations ou d&rsquo;organisations non gouvernementales (association de malades ou d&rsquo;usagers, collectivités locales, groupes ethniques, praticiens, etc.). Le degré d&rsquo;implication des partenaires de la société civile aux différentes étapes du processus de recherche &#8211; définition du problème, conception, protocole, méthodologies, réalisation de la recherche, collecte de données, interprétation des résultats, diffusion et utilisation des résultats &#8211; peut varier selon leur nature, leurs capacités et l&rsquo;objet de la recherche. La diversité des modèles reflète la diversité des partenaires potentiels. Des partenariats de recherche entre chercheurs et associations, et les programmes mis en place pour les encourager, peuvent exister à tous les niveaux, du local à l&rsquo;international. Initiées en sciences sociales et dans le secteur de la santé, ces approches participatives sont de plus en plus utilisées dans les secteurs où les sciences naturelles ont une place plus importante, tels que les sciences de l&rsquo;environnement ou l&rsquo;agriculture.</p>
<div>
<p><strong>Contexte – État des lieux : </strong>Les initiatives concernant le champ « Sciences et société » se multiplient. En France, nous pourrions citer par exemple les conférences de citoyens sur les nanotechnologies organisées à la demande du Conseil régional d’Île de France (2007) ou celles sur les OGM organisées à la demande du gouvernement français en 1998. Au niveau européen, le cas du réseau de chercheurs engagés sur les questions sociales et environnementales ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility)[ii] créé en 2009 est également illustratif de cet état de fait. Seulement manquait un espace au niveau mondial où chercheurs et société civile pourraient dialoguer, y compris sur des sujets considérés difficiles (l’autonomie des chercheurs, la place des savoirs dits traditionnels…) sans mainmise de tel ou tel acteur.</p>
<p>Le Forum Mondial Sciences et Démocratie a vu le jour suite au constat suivant[iii], réalisé par des acteurs associatifs sur les questions scientifiques et technologiques : depuis le lancement du Forum Social Mondial, point d’ancrage des acteurs sociaux autour du monde, un déficit chronique de la présence des thèmes scientifiques et techniques avait pu être observé. Une analyse plus poussée a permis de montrer qu’il ne s’agissait ni d’un désintérêt ni d’une absence de capacité d’expertise mais d’un manque de prise en compte politique des enjeux liés à la place et au devenir des sciences dans nos sociétés, de la part des mouvements sociaux mais aussi des scientifiques. D’où l’idée en 2007, de lancer un appel suffisamment large et englobant pour que mouvements sociaux et scientifiques puissent se retrouver. Voici un extrait de cet appel :</p>
<blockquote><p>« […] nous pensons que la construction d’un espace de coopérations ouvertes, de débats publics, larges et démocratiques, entre scientifiques et organisations du mouvement social à l’échelle de la planète ouvrirait des perspectives nouvelles pour :</p>
<p><strong>• </strong>promouvoir et développer le statut de biens communs des connaissances de l’humanité ;</p>
<p><strong>• </strong>débattre sur les enjeux et les moyens pour la science et les scientifiques d’exercer leurs responsabilités sociales ;</p>
<p><strong>• </strong>renforcer l’autonomie de la recherche, défendre les missions de service public de la recherche et améliorer les conditions dans lesquelles les activités scientifiques sont menées par les étudiants, les chercheurs et les ingénieurs ;</p>
<p><strong>•</strong> renforcer la capacité des mouvements citoyens à produire de la connaissance et à être partenaires des institutions scientifiques ;</p>
<p><strong>• </strong>renforcer la capacité de nos sociétés, au Nord comme au Sud, à prendre des décisions démocratiques dans le champ des sciences et des technologies.</p>
<p>Les membres de la communauté scientifique et les acteurs des mouvements sociaux ont besoin de partager leurs expertises et leurs conceptions pour construire une société plus respectueuse des droits humains, des cultures et des besoins sociaux et écologiques.</p>
<p>C’est pourquoi, nous, membres de la communauté scientifique, organisations et citoyen(ne)s appelons à l’organisation d’un Forum Mondial Sciences et Démocratie. »[iv]</blockquote>
<p>Cet appel a suscité un intérêt certain notamment dans le milieu des ONG et dans celui des syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche et a permis la mise en œuvre du 1<sup>er</sup> Forum Mondial Sciences et Démocratie à Belém (Brésil) en janvier 2009. En présence de 300 délégués venus de 18 pays, des séances plénières ouvertes au débat avec la salle (sur les enjeux « Sciences et société », sur les biens communs de l’Humanité, sur la démocratisation des choix scientifiques, sur la responsabilité sociale des scientifiques…) ont permis aux acteurs d’échanger sur leurs expériences propres mais aussi sur des questions plus larges et d’envisager la poursuite du processus. Aussi les acteurs impliqués à Belém ont-ils cherché par la suite à ancrer l’idée du FMSD sur leur territoire (notamment en France, au Canada et au Brésil).</p>
<div>Le contexte actuel de crises (financières, sociales, environnementales…) et de grandes annonces scientifiques très controversées (Craig Venter sur la biosynthèse ; les technologies convergentes ; la robotisation et l’artificialisation de la vie…) ont offert un terrain favorable à la poursuite de tels processus. Par ailleurs, le fait que le 2<sup>nd</sup>FMSD se soit tenu en Afrique (Dakar, Sénégal, février 2011) a été particulièrement porteur de sens dans la mesure où les acteurs « entrants » ont apporté de nouveaux arguments et un éclairage indispensable sur de nombreuses thématiques comme la recherche participative avec les paysans ou les pêcheurs, la fuite des cerveaux, les relations aux savoirs et aux connaissances endogènes, la pauvreté et le développement, les systèmes d’enseignement sur le continent africain, la gestion de la biodiversité ou ce que les nouvelles technologies (nanotechnologies, biotechnologie…) peuvent apporter ou non aux pays du Sud.</div>
<div></div>
<div><strong>Exposé de la problématique : </strong>Il est relativement difficile d’envisager la question du dialogue multi-acteurs (en particulier dans le champ « Sciences et société ») sous la forme d’une problématique exclusive. Un tel dialogue est nécessaire pour de nombreuses raisons parmi lesquelles :</div>
<div style="padding-left: 30px;">
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>l’indispensable réflexion à mener sur la place du savoir scientifique vis-à-vis d’autres formes de savoirs pour expliquer et « changer le monde » ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>la perte de confiance dans la science et ses institutions suite aux crises sanitaires et environnementales, et aux révélations de conflits d’intérêts ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>le caractère ambigu de la science qui résout des problèmes et en « créent » de nouveaux ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>le fait que le progrès scientifique mérite d’être interrogé notamment sur ses finalités ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>la place et la nature de la recherche publique (quelles orientations ? par qui sont-elles définies ? comment impliquer les citoyens dans les grands choix scientifiques et technologiques ?..) ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>la réflexion à mener sur les systèmes d’enseignement du primaire à l’universitaire partout dans le monde et sur l’accès à la connaissance.</p>
</div>
<div>
<div>
<p><strong>Acteur(s) impliqué(s) et nature de son (leur) implication :</strong></p>
<p>Les acteurs mentionnés ci-dessous peuvent s’impliquer à des degrés divers qui peuvent aller de la simple participation à un séminaire de travail à la prise en charge conjointe de projets de partenariats.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Mouvements sociaux :</em> associations, ONG, syndicats…</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Scientifiques et institutions :</em> universitaires, chercheurs, organismes de recherche, universités…</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Acteurs de l’éducation :</em> enseignants, enseignants-chercheurs, éducateurs spécialisés…</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Acteurs « sectoriels » faisant appel à la recherche ou aux ONG :</em> paysans, praticiens…</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Acteurs « politiques » :</em> collectivités territoriales, élus…</p>
</div>
</div>
<p><strong>Enjeux : </strong><em>Les enjeux soulevés par la volonté d’instaurer, d’améliorer et d’installer sur le long terme un dialogue de nature politique entre les mouvements sociaux, le monde de la recherche et les institutions sont multiples :</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Enjeux géopolitiques :</em> la thématique « Sciences et société » ne peut se cantonner à une vision « occidentale » de la science et de ses implications pour au moins deux raisons. D’abord deux tiers de l’Humanité n’ont pas accès aux sciences et à la technologie telles qu’elles sont définies dans les pays industrialisés. Ensuite, les conséquences des choix et orientations scientifiques et techniques (changement climatique, perte de biodiversité, accroissement de la pauvreté…) affectent les habitants de la planète entière, et surtout ceux des pays du Sud.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Enjeux dans les milieux scientifiques :</em> le dialogue avec les acteurs sociaux permet non seulement une meilleure connaissance des expériences et des méthodes utilisées par eux mais aussi et surtout offre l’occasion de mettre en place des partenariats, de réfléchir à des recherches de nature participative ou collaborative au plus près du « terrain ». Ce dialogue ouvre de nouvelles pistes de recherche pour les scientifiques et permet de s’interroger sur de nouveaux paradigmes et de mieux prendre en considération ce que la science et les résultats scientifiques représentent pour les mouvements sociaux et les luttes qu’ils mènent.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Enjeux pour les acteurs sociaux :</em> en écho aux enjeux pour le monde de la recherche, les acteurs sociaux ont énormément à gagner à faire connaître le résultat de leurs analyses, de leurs actions de plaidoyer, de leurs observations du terrain (qu’elles aient été menées ou non avec le concours d’un ou plusieurs chercheurs) en vue d’améliorer et de systématiser leurs méthodes d’approche.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>• Enjeux thématiques :</em> depuis la première édition du FMSD en janvier 2009, de nombreux acteurs aux cultures, aux origines, aux méthodes très différentes ont témoigné leur intérêt pour l’initiative du FMSD en ayant une approche globale des questions « Sciences et société » mais aussi en envisageant des partenariats thématiques notamment sur les biens communs, les nanotechnologies, les questions environnementales… Cette approche sera favorisée lors de la 2<sup>nde</sup> édition du FMSD pour élargir le spectre couvert jusqu’à maintenant par le processus.</p>
<div style="padding-left: 30px;"><em>• Enjeux nationaux et régionaux :</em> au-delà de l’aspect international (organisation de séminaires, de tables rondes et d’ateliers lors d’un événement bisannuel), le FMSD se veut être un processus aux ramifications nationales pour démultiplier les partenariats et les actions à envisager en commun. À ce jour, le FMSD essaime essentiellement en France, au Canada, au Brésil et en Inde.</div>
<div></div>
<div>
<p><strong>Recommandations : </strong>Favoriser le dialogue multi-acteurs (du local au global, lors de forum ou de toute autre forme de rencontres) nécessite des « pré requis » dont la plupart relève du bon sens :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>des temps d’apprentissage et de compréhension mutuels sont indispensables (sous forme de réunions de préparation, d’ateliers-scénarios[v]…) ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>les acteurs, organisations ou institutions doivent participer sans <em>a priori</em> liés à leurs méthodes quotidiennes de travail, à leur vocabulaire propre, à leur statut, à leur influence potentielle[vi] ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>l’identification d’un fond commun d’évidence entre partenaires est important mais ne doit pas être « limitant » pour que la relation entre acteurs soit pérenne ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>le nombre d’acteurs impliqués ne peut demeurer « fermé » dans la mesure où cela induit un risque de « routine », de « jeu » ou de « luttes d’influence » ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>•</strong> l’espace de dialogue doit rester un espace ouvert et autonome pour que chacun des acteurs s’y sente à l’aise et à même d’exprimer des idées qui ne feraient pas consensus <em>a priori ;</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>•</strong> un tel processus ne peut être envisagé que sur le long terme car il est difficile de fédérer les acteurs et les énergies sur des campagnes « génériques » sur le thème « Sciences et société ». Cela n’empêche pas le fait que certains acteurs impliqués se retrouvent pour faire une déclaration commune sur un sujet d’actualité par exemple ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>•</strong> des rencontres intermédiaires (autres que sur les grands événements de type forum) sont nécessaires pour maintenir le lien entre les acteurs et pour éviter que lesdits acteurs oublient d’intégrer le processus à leur agenda tout au long de l’année ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>•</strong> les outils numériques (et en particulier les outils collaboratifs) sont d’un grand secours dans la préparation d’événements ponctuels ou récurrents mais l’expérience montre que des rencontres « réelles » sont absolument indispensables à la bonne marche de tels processus ;</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong>• </strong>les acteurs, qu’ils soient issus des mouvements sociaux ou des institutions scientifiques ou politiques, doivent accepter de se remettre en question.<em></em></p>
<div>NB. Cette liste n’est pas exhaustive mais s’appuie sur l’expérience acquise notamment depuis le lancement du processus FMSD.</div>
<div></div>
<div><strong>Références utiles et non citées dans les notes :</strong></div>
<div style="padding-left: 30px;">
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong> Site internet du Forum Mondial Sciences et Démocratie : <a href="http://sdwf-fmsd.org">http://sdwf-fmsd.org</a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Site français du FMSD : <a href="http://fmsd-france.org">http://fmsd-france.org</a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Site québécois du FMSD : <a href="http://fmsd-quebec.org">http://fmsd-quebec.org</a></p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong><em>Sciences et démocratie</em>, Doculivre, C&amp;F Editions, 2010.</p>
<p style="padding-left: 30px;"><strong><em>• </em></strong>Séquences vidéos présentant les enjeux du FMSD : http://cfeditions.com/sciences-et-democratie/?a=vp1</p>
</div>
<div></div>
</div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
[i] Voir la note de synthèse de la FSC <em>Quelle politique de recherche pour rentrer dans le 21<sup>e</sup> siècle ?</em> : <a href="https://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Note_recherche_v28.10.04-2.pdf">https://sciencescitoyennes.org/IMG/pdf/Note_recherche_v28.10.04-2.pdf</a></p>
<div>
[ii] <a href="http://www.ensser.org/">http://www.ensser.org/</a></p>
</div>
<div>
[iii] Voir <a href="http://www.sdwf-fmsd.org/spip.php?article63">http://www.sdwf-fmsd.org/spip.php?article63</a></p>
</div>
<div>
[iv] <em>Ibid.</em></p>
<div>
[v] L’idée initiale des ateliers scénario était de développer la conscience publique, à l’échelle locale, à propos des enjeux technologiques en discutant de différents scénarios pour l’avenir avec des représentants de la communauté scientifique concernée et de groupes sociaux variés. L’objectif général d’un atelier est ainsi de créer une base pour des politiques locales. Les différents acteurs sociaux concernés sont invités à donner leur avis sur l’impact des changements technologiques en termes d’environnement, d’urbanisme, d’emploi, de santé et de sécurité. Le dialogue entre ces acteurs et l’échange de différents savoirs sont des points centraux dans cette expérience de prospective démocratique.</p>
</div>
<div>
[vi] Nous avons conscience en écrivant ces lignes que cette assertion relève du « vœu pieux ».</p>
</div>
</div>
</div>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/le-dialogue-multi-acteurs-sciences-et-societe-cas-du-forum-mondial-sciences-et-democratie/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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