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	<title>Bioéthique - Sciences Citoyennes</title>
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	<description>Les sciences avec et pour les citoyennes</description>
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	<title>Bioéthique - Sciences Citoyennes</title>
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		<title>&#034;Bioéthique, es-tu là ?&#034; par Jacques Testart (Le Monde diplomatique, octobre 2022)</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2022 07:08:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Déontologie de la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Bioéthique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#xAB;&#xA0;La biologie mol&#xE9;culaire a ouvert ces derni&#xE8;res d&#xE9;cennies des perspectives vertigineuses : il est d&#xE9;sormais possible de modifier le patrimoine g&#xE9;n&#xE9;tique d&#x2019;un embryon. En le corrigeant pour son bien, expliquent certains chercheurs ; au risque d&#x2019;alimenter un march&#xE9; de l&#x2019;humain sur mesure, r&#xE9;torquent d&#x2019;autres. Comment informer la population et fixer des limites &#xE0; ces pratiques [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/bioethique-es-tu-la-par-jacques-testart-le-monde-diplomatique-octobre-2022/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>« La biologie moléculaire a ouvert ces dernières décennies des perspectives vertigineuses : il est désormais possible de modifier le patrimoine génétique d’un embryon. En le corrigeant pour son bien, expliquent certains chercheurs ; au risque d’alimenter un marché de l’humain sur mesure, rétorquent d’autres. Comment informer la population et fixer des limites à ces pratiques ? »</em></p>
<p>C&rsquo;est à ces questions que Jacques Testart tente d&rsquo;apporter une réponse dans un article du <em>Monde diplomatique</em> du mois d&rsquo;octobre 2022.</p>
<p>N.B. Cet article n&rsquo;engage que son auteur.<span id="more-143958"></span></p>
<p>« Il existe depuis quelques années des perspectives vertigineuses pour trier dans l’œuf les enfants à venir. En 2016, au Japon, des cellules de peau de souris « reprogrammées » ont pu être transformées en gamètes, lesquels ont généré des embryons viables à l’origine de souris fertiles. Appliquée à notre espèce, cette technologie pourrait bouleverser la pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI) en générant des embryons en abondance puisque les cellules de peau constituent une ressource illimitée. Si l’on dispose d’une quantité importante d’embryons, la possibilité de sélectionner ceux qui portent certaines caractéristiques s’accroît considérablement. Pareille évolution ouvrirait la voie au remodelage génétique de l’espèce en quelques générations.</p>
<p>Devant un tel risque anthropologique, on aurait pu croire que les autorités politiques et éthiques mondiales réagiraient comme elles le firent en 1996, après l’irruption médiatique du premier mammifère cloné, la brebis Dolly, en justifiant l’interdiction de toute recherche sur le clonage dans l’espèce humaine. Tout au contraire, en France, la loi de bioéthique du 2 août 2021 autorise désormais la création d’embryons transgéniques et encourage la fabrication de gamètes humains <em>in vitro</em> (articles 20 et 21) en même temps que la création de chimères humain-animal. »</p>
<p>Retrouvez la suite de l&rsquo;article dans version papier du journal ou en suivant le lien suivant (version abonnés) : <a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2022/10/TESTART/65153" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://www.monde-diplomatique.fr/2022/10/TESTART/65153</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/bioethique-es-tu-la-par-jacques-testart-le-monde-diplomatique-octobre-2022/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>\ »Bioéthique, es-tu là ?\ » par Jacques Testart (Le Monde diplomatique, octobre 2022)</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2022 07:08:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>\&#xA0;&#xBB;La biologie mol&#xE9;culaire a ouvert ces derni&#xE8;res d&#xE9;cennies des perspectives vertigineuses : il est d&#xE9;sormais possible de modifier le patrimoine g&#xE9;n&#xE9;tique d&#x2019;un embryon. En le corrigeant pour son bien, expliquent certains chercheurs ; au risque d&#x2019;alimenter un march&#xE9; de l&#x2019;humain sur mesure, r&#xE9;torquent d&#x2019;autres. Comment informer la population et fixer des limites &#xE0; ces pratiques [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/bioethique-es-tu-la-par-jacques-testart-le-monde-diplomatique-octobre-2022-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>\ »La biologie moléculaire a ouvert ces dernières décennies des perspectives vertigineuses : il est désormais possible de modifier le patrimoine génétique d’un embryon. En le corrigeant pour son bien, expliquent certains chercheurs ; au risque d’alimenter un marché de l’humain sur mesure, rétorquent d’autres. Comment informer la population et fixer des limites à ces pratiques ?\ »</em></p>
<p>C\&rsquo;est à ces questions que Jacques Testart tente d\&rsquo;apporter une réponse dans un article du <em>Monde diplomatique</em> du mois d\&rsquo;octobre 2022.</p>
<p>N.B. Cet article n\&rsquo;engage que son auteur.<span id="more-145208"></span></p>
<p>\ »Il existe depuis quelques années des perspectives vertigineuses pour trier dans l’œuf les enfants à venir. En 2016, au Japon, des cellules de peau de souris « reprogrammées » ont pu être transformées en gamètes, lesquels ont généré des embryons viables à l’origine de souris fertiles. Appliquée à notre espèce, cette technologie pourrait bouleverser la pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI) en générant des embryons en abondance puisque les cellules de peau constituent une ressource illimitée. Si l’on dispose d’une quantité importante d’embryons, la possibilité de sélectionner ceux qui portent certaines caractéristiques s’accroît considérablement. Pareille évolution ouvrirait la voie au remodelage génétique de l’espèce en quelques générations.</p>
<p>Devant un tel risque anthropologique, on aurait pu croire que les autorités politiques et éthiques mondiales réagiraient comme elles le firent en 1996, après l’irruption médiatique du premier mammifère cloné, la brebis Dolly, en justifiant l’interdiction de toute recherche sur le clonage dans l’espèce humaine. Tout au contraire, en France, la loi de bioéthique du 2 août 2021 autorise désormais la création d’embryons transgéniques et encourage la fabrication de gamètes humains <em>in vitro</em> (articles 20 et 21) en même temps que la création de chimères humain-animal.\ »</p>
<p>Retrouvez la suite de l\&rsquo;article dans version papier du journal ou en suivant le lien suivant (version abonnés) : <a href=\"https://www.monde-diplomatique.fr/2022/10/TESTART/65153\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https://www.monde-diplomatique.fr/2022/10/TESTART/65153</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/bioethique-es-tu-la-par-jacques-testart-le-monde-diplomatique-octobre-2022-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>&#034;Lois bioéthiques : le citoyen peu écouté ?&#034; &#8211; Une tribune de Catherine Bourgain et Jacques Testart sur Libération.fr le 25 septembre 2018</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute-une-tribune-de-catherine-bourgain-et-jacques-testart-sur-liberation-fr-le-25-septembre-2018/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Sep 2018 05:33:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conventions de citoyens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le Comit&#xE9; consultatif national d&#x2019;&#xE9;thique doit rendre ce mardi son avis sur les &#xE9;l&#xE9;ments de la prochaine loi de bio&#xE9;thique (procr&#xE9;ation, fin de vie&#x2026;), les chercheurs Catherine Bourgain et Jacques Testart contestent la fa&#xE7;on dont la consultation citoyenne a &#xE9;t&#xE9; men&#xE9;e. La suite sur Lib&#xE9;ration.fr :&#xA0;https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute-une-tribune-de-catherine-bourgain-et-jacques-testart-sur-liberation-fr-le-25-septembre-2018/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="article-standfirst read-left-padding"><img decoding="async" class=" alignright" src="https://statics.liberation.fr/newsite/images/logo-libe.svg" width="232" height="84"  alt="Logo Libe"  title="&quot;Lois bioéthiques : le citoyen peu écouté ?&quot; - Une tribune de Catherine Bourgain et Jacques Testart sur Libération.fr le 25 septembre 2018" />Alors que le Comité consultatif national d&rsquo;éthique doit rendre ce mardi son avis sur les éléments de la prochaine loi de bioéthique (procréation, fin de vie…), les chercheurs Catherine Bourgain et Jacques Testart contestent la façon dont la consultation citoyenne a été menée.</p>
<p><em>La suite sur <a href="https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878" target="_blank" rel="noopener">Libération.fr</a> : </em><a href="https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878" target="_blank" rel="noopener">https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878</a></p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute-une-tribune-de-catherine-bourgain-et-jacques-testart-sur-liberation-fr-le-25-septembre-2018/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
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		<title>\ »Lois bioéthiques : le citoyen peu écouté ?\ » &#8211; Une tribune de Catherine Bourgain et Jacques Testart sur Libération.fr le 25 septembre 2018</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Sep 2018 05:33:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le Comit&#xE9; consultatif national d\&#x2019;&#xE9;thique doit rendre ce mardi son avis sur les &#xE9;l&#xE9;ments de la prochaine loi de bio&#xE9;thique (procr&#xE9;ation, fin de vie&#x2026;), les chercheurs Catherine Bourgain et Jacques Testart contestent la fa&#xE7;on dont la consultation citoyenne a &#xE9;t&#xE9; men&#xE9;e. La suite sur Lib&#xE9;ration.fr :&#xA0;https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute-une-tribune-de-catherine-bourgain-et-jacques-testart-sur-liberation-fr-le-25-septembre-2018-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class=\"article-standfirst read-left-padding\"><img class=\" alignright\" src=\"https://statics.liberation.fr/newsite/images/logo-libe.svg\" width=\"232\" height=\"84\" />Alors que le Comité consultatif national d\&rsquo;éthique doit rendre ce mardi son avis sur les éléments de la prochaine loi de bioéthique (procréation, fin de vie…), les chercheurs Catherine Bourgain et Jacques Testart contestent la façon dont la consultation citoyenne a été menée.</p>
<p><em>La suite sur <a href=\"https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Libération.fr</a> : </em><a href=\"https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.liberation.fr/debats/2018/09/25/lois-bioethiques-le-citoyen-peu-ecoute_1680878</a></p>
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		<title>Ne pas ouvrir la boîte de Pandore de la biologie synthétique</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/ne-pas-ouvrir-la-boite-de-pandore-de-la-biologie-synthetique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 May 2010 15:20:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Forum Mondial Sciences et Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce jeudi 20 mai 2010, le journal Science a publi&#xE9; un article d&#x2019;une &#xE9;quipe de recherche emmen&#xE9;e par J. Craig Venter revendiquant la cr&#xE9;ation de la premi&#xE8;re cellule dot&#xE9;e d&#x2019;un ADN enti&#xE8;rement r&#xE9;alis&#xE9; par ordinateur. Pour Craig Venter cela repr&#xE9;sente&#xA0;: &#xAB;&#xA0;une &#xE9;tape importante scientifiquement et philosophiquement &#xBB;. Les associations de la soci&#xE9;t&#xE9; civile, notamment ETC [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/ne-pas-ouvrir-la-boite-de-pandore-de-la-biologie-synthetique/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce  jeudi 20 mai 2010, le journal <em>Science</em> a publié un article d’une  équipe de recherche emmenée par J. Craig Venter revendiquant la création  de la première cellule dotée d’un ADN entièrement réalisé par  ordinateur. Pour Craig Venter cela représente : « <em>une étape  importante scientifiquement et philosophiquement </em> ». Les  associations de la société civile, notamment ETC Group, demandent un  moratoire sur les techniques employées dites de « biologie synthétique »  et appellent à une réflexion globale sur la génétique extrême. <span id="more-10330"></span>Si l’on  veut bien quitter le mode dithyrambique avec lequel cette annonce est  relayée par la presse, cette publication scientifique, et les recherches  menées pour ce résultat posent de nombreuses questions qui méritent  toute l’attention des citoyens, des décideurs politiques, des  associations de la société civile, et doit interroger toutes les  communautés scientifiques.</p>
<p>« <em> La création de la première cellule vivante dotée d’un génome  synthétique dévoilée jeudi représente une avancée dans la compréhension  des mécanismes de la vie et ouvre la voie à la fabrication d’organismes  artificiels pouvant par exemple produire du carburant propre. </em> »  C’est avec cette introduction pour le moins « spectaculaire et  marchande » que débute la dépêche AFP de ce jour à 20h, qui est la  première annonce en français de cette publication&#8230; Une phrase qui  sera, n’en doutons point, reprise ce vendredi matin par toute la presse.  Cette manière de transformer des expériences de laboratoire en recettes  miracles pour les maux de l’économie et les souffrances de la planète  est devenu le mode principal de communication autour de la science. Au  détriment à la fois de l’analyse des travaux de recherche et de la  capacité des citoyens et de leurs représentants d’évaluer les travaux et  d’en tirer les conséquences politiques.</p>
<p>En réalité, l’expérience est plus modeste&#8230; et plus inquiétante. Il  s’est agit de synthétiser un chromosome dont le code a été écrit par  ordinateur, de le construire en s’aidant de levures, de l’introduire  ensuite dans une cellule, et de le retrouver après la division de cette  cellule. Pour vérifier cela, des « filigranes » ont été introduits dans  le code du chromosome par l’équipe de Craig Venter.</p>
<p>La synthèse d’ADN a été réalisée pour la première fois au début des  années 1970 par Har Gobin Khorana, et comportait 207 paires de bases. En  2002, Eckard Wimmer indiquait avoir recréé un virus de la polio. On a  depuis recréé l’ADN du virus de la grippe espagnole de 1918, et amélioré  les techniques mises en oeuvre. On peut dorénavant commander des  séquences ADN par email. Il existe près de 40 entreprises de synthèse  génomique, dont 2 en France. Ce qu’apporte l’expérience du J. Craig  Venter Institute tient dans l’amélioration des techniques de  construction du chomosome et dans la capacité de le retrouver après  division en lui permettant de prendre le contrôle de la cellule. Pour  David Baltimore, éminent généticien du Caltech, cité par le <em>New York  Times</em>, il n’y a pas eu de création de la vie, mais une recopie. Un  travail technique dont il reconnaît par ailleurs la qualité, mais qui  lui semble loin des superlatifs employés par l’équipe de Craig Venter  pour « vendre » son expérience.</p>
<p>Car « vendre » est bien l’objectif final de la recherche en biologie  synthétique. Craig Venter a d’ailleurs pris les devants, en déposant en  en mai 2007 un brevet aux Etats-Unis (sous le numéro d’application  20070122826) et un brevet international (PTO WO2007047148). Dans  celui-ci il souhaite devenir propriétaire des techniques de construction  d’un ensemble « minimal » d’ADN susceptible de se répliquer à l’image  du vivant. Il revendique de même les processus de production d’hydrogène  et d’éthanol qui pourraient être obtenus par des techniques similaires.  Nous sommes loin de la recherche visant à « comprendre la nature » et  expliquer les phénomènes biologiques, mais bien dans la course en avant  pour des applications susceptibles de faire frétiller les investisseurs  du capital-risque (bénéfices immédiats pour les chercheurs et leurs  entreprises) et éventuellement de contrôler ultérieurement les retombées  économiques ou financières dans la bulle spéculative qui se construit  autour du marché du carbone. Dans cette course sans contrôle, l’équipe  de Craig Venter est associée à Synthetic Genomics Inc, une entreprise  elle aussi dirigée par Craig Venter, appuyée par le gouvernement des  Etats-Unis, dont le Secrétaire d’Etat à l’Energie Steven Chu est un  fervent partisan de la biologie synthétique. Une entreprise en  partenariat avec les pétroliers Exxon Mobil et BP, dont on peut admirer  actuellement dans le Golfe du Mexique la capacité à mettre en oeuvre des  techniques sans risque !</p>
<p>Même si la production d’hydrocarbure par des bactéries pilotées par  un ADN calculé par ordinateur n’est pas pour demain, le principe même de  telles études, organisées par des objectifs financiers et agissant  comme divertissement médiatique aux problèmes actuels de la planète et  de la société peut être mis en cause.</p>
<p>Car les risques sont majeurs. On peut les regrouper en trois  catégories : l’usage pour fabriquer des armes (armes biologiques et  bioterrorisme), les risques pour les employés des laboratoires en  contact avec des virus extrêmement pathogènes, et les risques engendrés  par le relâchement accidentel dans l’environnement d’organismes issus de  la biologie synthétique. La course industrielle actuelle, mais aussi  les guerres d’égo des chercheurs impliqués, plaident pour une réflexion  démocratique globale sur l’opportunité, la balance risques/bénéfices et  les conditions d’une telle recherche. Il n’est pas possible de laisser  aux seuls chercheurs du domaine considéré la décision. Ni de les laisser  vendre, sur-vendre et faire briller à coup de strass médiatique des  promesses dont on peut largement douter de la crédibilité.</p>
<p>Dans cette réflexion, n’oublions jamais les volontés prométhéennes  d’une partie de la communauté scientifique, et particulièrement au sein  des mavericks de la génomique qui sont à l’origine de la publication de  ce jour. Aux journalistes qui lui demandaient s’il n’avait pas le  sentiment de jouer à Dieu, Hamilton O. Smith, prix Nobel, actionnaire de  <em>Synthetic Genomic Inc.</em>, et l’un des signataires de l’article de <em>Science</em>,  répond de sa blague favorite « <em> Nous ne jouons pas </em> ». Le code  génétique utilisé pour l’expérience publiée aujourd’hui comporte, ce  qu’on nous demande évidemment de prendre au second degré, des marques  permettant de tracer le chromosome, et parmi celles-ci cette citation du  philosophe Felix Adler reprise à partir du livre « <em> American  prometheus </em> », biographie de l’inventeur de la bombe atomique  Oppenheimer : « <em>See things not as they are, but as they might be</em> »</p>
<p>Car au fond, c’est bien une logique prométhéenne qui se répand dans  la recherche aujourd’hui : une volonté de « réparer la machine-terre »,  depuis sa structure globale par le « géo-engineering » jusqu’à la  nano-matière, en passant évidemment par la « maîtrise » du vivant. La  nature n’est plus le modèle unique et singulier que la science doit  interpréter, mais une simple singularité que les ingénieurs doivent  améliorer&#8230;. et si possible au nom de la « liberté du chercheur »,  c’est-à-dire sans que les sociétés civiles ne puissent s’emparer ni des  décisions d’orientation de la recherche, ni de l’évaluation des  conséquences tant sur l’environnement naturel que sur les fondements  sociaux&#8230; et même philosophiques avec cette quête extrême du pouvoir  sur le vivant.</p>
<p>Trop souvent les chercheurs de ces disciplines duales (qui sont  grosses de risques énormes au nom de bénéfices relevant de la promesse)  souhaitent régler « entre-eux » et avec les entreprises spécialisées de  leurs secteurs les questions éthiques et de sécurité. C’est ainsi dans  le droit fil de la fameuse Conférence d’Asilomar de 1975 sur les  biotechnologies que se sont tenues en mai 2006 la conférence « Synthetic  Biology 2.0 » à Berkeley, et plus récemment en avril 2010 une  conférence Asilomar 2 concernant le géo-engineering. Dans tous les cas,  on invite des philosophes pour parler de règles éthiques faisant croire  en la « responsabilité » des acteurs&#8230; pour mieux définir en dehors du  regard public, et entre « partenaires » investis dans les mêmes rapports  d’argent et de pouvoir, les règles d’auto-régulation qu’ils souhaitent  s’auto-appliquer.</p>
<p>C’est pour cela que de nombreuses associations de la société civile,  suivant la très influente association ETC Group, ou en France la  Fondation Sciences Citoyennes, souhaitent organiser des débats mondiaux  pour éviter que ne soit ouverte la boîte de Pandore. Le Forum mondial  Sciences &amp; Démocratie, dont la seconde édition se tiendra à Dakar en  février prochain, devrait aborder ces questions essentielles. Car les  technologies en jeu définissent un cadre global pour la société de  demain, en faisant tourner au dessus de la tête de tous les citoyens du  monde une épée de Damoclès excessivement tranchante. C’est en octobre  2004 déjà qu’un éditorial de la revue scientifique Nature précisait : « <em>Si  les biologistes sont sur le point de synthétiser de nouvelles formes de  vie, l’étendue  des désatres qui pourraient être provoqués  volontairement ou par inadvertence sont potentiellement immenses </em> ».</p>
<p>Les politiques scientifiques, les décisions de recherche, le contrôle  des pratiques des laboratoires et des entreprises et enfin le refus  d’une appropriation des connaissances par des brevets, véritable  stratégie permettant une réelle indépendance pour une science  susceptible de se pencher sur les problèmes des sociétés et de tous  leurs membres, doivent rapidement venir s’inscrire dans l’agenda et les  réflexions des citoyens et des décideurs politiques.</p>
<p>Hervé Le Crosnier Université de Caen<br />
Caen, le 20 mai 2010</p>
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<div>Post-Scriptum</div>
<div dir="ltr">
<p>Synthia est bien vivante et elle est parmi  nous : panacée ou boîte de Pandore ? &#8211; ETC Group <a rel="external" href="http://www.etcgroup.org/en/node/5143">http://www.etcgroup.org/en/node/5143</a></p>
<p>Synthia is Alive&#8230; and Breeding : Panacea or Pandora’s Box ? &#8211; ETC  Group <a rel="external" href="http://www.etcgroup.org/en/node/5142">http://www.etcgroup.org/en/node/5142</a></p>
<p>Researchers Say They Created a ‘Synthetic Cell’, Nicholas Wade, The  New York Times, 20 mai 2010 : <a rel="external" href="http://www.nytimes.com/2010/05/21/science/21cell.html">http://www.nytimes.com/2010/05/21/science/21cell.html</a></p>
<p>Synthetic Genomic | Options for governance , J. Craig Venter  Institute <a rel="external" href="http://www.jcvi.org/cms/research/projects/syngen-options/overview/">http://www.jcvi.org/cms/research/projects/syngen-options/overview/</a></p>
<p>Extreme Genetic Engineering : An Introduction to Synthetic Biology,  ETC Group, 16 janvier 2007 <a rel="external" href="http://www.etcgroup.org/en/node/602">http://www.etcgroup.org/en/node/602</a></p>
<p>Sciences &amp; Démocratie, un doculivre (DVD + livre) sur le Forum  mondial Sciences &amp; Démocratie <a rel="external" href="http://cfeditions.com/sciences-et-democratie">http://cfeditions.com/sciences-et-democratie</a></p>
<p>Site de l’initiative française du Forum Mondial Sciences et  Démocratie : <a rel="external" href="http://fmsd-france.org/">http://fmsd-france.org</a></p>
<p>Site international du Forum Mondial Sciences et Démocratie : <a rel="external" href="http://sdwf-fmsd.org/">http://sdwf-fmsd.org</a></p>
</div>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/ne-pas-ouvrir-la-boite-de-pandore-de-la-biologie-synthetique/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/ne-pas-ouvrir-la-boite-de-pandore-de-la-biologie-synthetique/feed/</wfw:commentRss>
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		<item>
		<title>La Biologie Synthétique en question</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-biologie-synthetique-en-question-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2009 20:36:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique de la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Bioéthique]]></category>
		<category><![CDATA[Biotechnologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Enjeux soci&#xE9;taux, culturels et g&#xE9;opolitiques Le jeudi 4 juin de 18h30 &#xE0; 21h &#xE0; l&#x2019;espace Piazza du Centre Pompidou &#xE0; Paris (entr&#xE9;e de la salle &#xE0; droite de la place, au pied de Beaubourg (m&#xE9;tro Rambuteau ou Chatelet-Le Halles) avec : Philippe Marli&#xE8;re, fondateur et directeur g&#xE9;n&#xE9;ral d&#x2019;Isthmus (France, Evry), ancien chercheur &#xE0; l&#x2019;Institut Pasteur [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-biologie-synthetique-en-question-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">
Enjeux sociétaux, culturels et géopolitiques<br />
Le jeudi 4 juin de 18h30 à 21h à l&rsquo;espace Piazza du Centre Pompidou à Paris (entrée de la salle à droite de la place, au pied de Beaubourg (métro Rambuteau ou Chatelet-Le Halles) avec :<span id="more-2021"></span></p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="La Biologie Synthétique en question" /> Philippe Marlière, fondateur et directeur général d&rsquo;Isthmus (France, Evry), ancien chercheur à l&rsquo;Institut Pasteur</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="La Biologie Synthétique en question" /> Raphaël Larrère, agronome et sociologue Laboratoire Transformations sociales et politiques liées au vivant (TSV) de l&rsquo;INRA</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="La Biologie Synthétique en question" /> Arnaud Apoteker, responsable des dossiers biotechnologies à Greenpeace France<br />
<img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="La Biologie Synthétique en question" /> Jean Michel Besnier, docteur en science politique, professeur de philosophie à l&rsquo;université Paris-Sorbonne (Paris IV) Chercheur au centre de recherche en épistémologie appliquée (CREA) , CNRS, Ecole Polytechnique</p>
<p class="spip"><a class="spip_out" href="http://www.vivagora.org/">Plus d&rsquo;infos sur le site de Vivagora</a></p>
</div>
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		<title>Enjeux cognitifs : vers quelle biologie allons-nous ?</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/enjeux-cognitifs-vers-quelle-biologie-allons-nous-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 08:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Politique de la recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Bioéthique]]></category>
		<category><![CDATA[Biotechnologie]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du cycle Ing&#233;nierie du vivant 2.0 : La biologie synth&#233;tique en question, VivAgora, la Cit&#233; des sciences et de l&#8217;industrie et l&#8217;Institut de recherche et d&#8217;innovation du Centre Pompidou vous invitent au <span class="glossaryLink"  aria-describedby="tt"  data-cmtooltip="&#60;div class=glossaryItemTitle&#62;D&#233;bat public&#60;/div&#62;&#60;div class=glossaryItemBody&#62;&#60;/div&#62;"  data-gt-translate-attributes='[{"attribute":"data-cmtooltip", "format":"html"}]'  tabindex='0' role='link'>d&#233;bat public</span> sur le th&#232;me : &#171;&#160;Enjeux cognitifs : vers quelle biologie allons-nous ?&#160;&#187;Le jeudi 2 avril de 18h30 &#224; [&#8230;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/enjeux-cognitifs-vers-quelle-biologie-allons-nous-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">Dans le cadre du cycle Ingénierie du vivant 2.0 : La biologie synthétique en question, <em class="spip">VivAgora</em>, la <em class="spip">Cité des sciences et de l&rsquo;industrie</em> et l&rsquo;<em class="spip">Institut de recherche et d&rsquo;innovation du Centre Pompidou</em> vous invitent au débat public sur le thème <strong class="spip">: « </strong><span class="spip">Enjeux cognitifs : vers quelle biologie allons-nous ? »</span><span id="more-2028"></span><em class="spip">Le jeudi 2 avril de 18h30 à 21h</em><br />
Espace Piazza du Centre Pompidou (sur le parvis de la place Beaubourg)<br />
Paris 4eme (Métro Rambuteau ou Chatelet-Les Halles). Avec :- <em class="spip">Miroslav Radman</em>, professeur de biologie cellulaire à l&rsquo;Université Paris V , directeur de l&rsquo;unité INSERM U571 « Génétique moléculaire, évolutive et médicale » à l&rsquo;hôpital Necker- <em class="spip">François Fages</em> (sous réserve), informaticien, directeur de recherche à l&rsquo;Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA, Paris Rocquencourt), équipe “Contraintes”</p>
<p>&#8211; <em class="spip">John Stewart</em>, biologiste au Costech (Connaissance, organisation &amp; systèmes techniques) de l&rsquo;Université technologique de Compiègne</p>
<p>&#8211; <em class="spip">Jean-Jacques Kupiec</em>, biologiste ( Centre Cavaillès, Ecole normale supérieure &#8211; Inserm)</p>
</div>
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		<title>Une foi aveugle dans le progrès scientifique</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/une-foi-aveugle-dans-le-progres-scientifique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2005 23:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits d'intérêts]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Bioéthique]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Allègre]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit d'intérêts]]></category>
		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences citoyennes dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://sciencescitoyennes.org/?p=1400</guid>

					<description><![CDATA[<p>Biologiste de la procr&#xE9;ation, directeur de recherche &#xE0; l&#x2019;Institut national de la sant&#xE9; et de la recherche m&#xE9;dicale (Inserm). Dernier ouvrage publi&#xE9; : Le vivant manipul&#xE9;, &#xE9;d. Sand, Paris, 2003. Ce texte est extrait d&#x2019;une conf&#xE9;rence tenue lors du colloque La&#xEF;cit&#xE9; organis&#xE9; par la Ligue de l&#x2019;enseignement (Valence, avril 2005).Biologiste de la procr&#xE9;ation, directeur de [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/une-foi-aveugle-dans-le-progres-scientifique/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip">Biologiste de la procréation, directeur de recherche à l&rsquo;Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Dernier ouvrage publié : Le vivant manipulé, éd. Sand, Paris, 2003. Ce texte est extrait d&rsquo;une conférence tenue lors du colloque Laïcité organisé par la Ligue de l&rsquo;enseignement (Valence, avril 2005).<span id="more-1400"></span>Biologiste de la procréation, directeur de recherche à l&rsquo;Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Dernier ouvrage publié : Le vivant manipulé, éd. Sand, Paris, 2003. Ce texte est extrait d&rsquo;une conférence tenue lors du colloque Laïcité organisé par la Ligue de l&rsquo;enseignement (Valence, avril 2005).</p>
<div class="rss_texte">
<p class="spip">Les religions ont largement marqué l&rsquo;histoire des sciences en refusant des avancées de l&rsquo;esprit qui venaient contredire les dogmes qu&rsquo;elles avaient établis. Il s&rsquo;agit essentiellement des dogmes de la religion catholique. Cependant n&rsquo;est-ce pas seulement parce que celle-ci était triomphante au moment de l&rsquo;irruption de la science moderne ? Quel autre pouvoir que la Sainte Inquisition aurait eu les moyens de bâillonner Galilée et de brûler Giordano Bruno ? Fort heureusement le développement scientifique s&rsquo;est accompagné de celui de la démocratie dans les pays industrialisés, et Charles Darwin fut épargné.</p>
<p class="spip">Toutefois, si les religions n&rsquo;ont plus le pouvoir d&rsquo;éliminer les savants impies et les théories sacrilèges, elles se réfugient souvent dans l&rsquo;interdit imposé à leurs ouailles ou même à des populations entières. Ainsi, dans de nombreux Etats des Etats-Unis, l&rsquo;Eglise réformée exige-t-elle encore que l&rsquo;enseignement de la théorie de l&rsquo;évolution ne soit pas privilégié par rapport au récit biblique. Ainsi l&rsquo;enseignement de la physique est-il amputé de la théorie du big-bang dans nombre de pays où la religion musulmane est officielle. Ainsi l&rsquo;Eglise catholique continue t-elle de s&rsquo;opposer partout à la contraception ou à la procréation assistée. Et on ne saurait négliger le fait que l&rsquo;islam ou le judaïsme persistent à proclamer des normes obligatoires, en particulier alimentaires, dont les fondements n&rsquo;ont aucune justification rationnelle.</p>
<p class="spip">Mais l&rsquo;histoire du lyssenkisme et de la pseudo hérédité des caractères acquis, en URSS , montre que les religions ne sont pas les seuls pouvoirs qui revendiquent le contrôle de la science et de ses productions. En fait, toute puissance instituée cherche soit à nier soit à instrumenter la science, tant celle-ci influence la vie spirituelle et matérielle des citoyens. Il en va ainsi du « socialisme scientifique » autant que des « commissions scientifiques » dont s&rsquo;affublent la plupart des partis politiques. Les pouvoirs politiques européens ont choisi de reconnaître dans la science la source privilégiée des vérités et des richesses. Mais il n&rsquo;en découle pas automatiquement que celle-ci soit devenue neutre et universelle. En témoigne la rigidité dont les notables de l&rsquo;institution scientifique ont fait preuve, ces dernières années, à l&rsquo;égard des rares propositions révolutionnaires émanant de chercheurs. Comme, par exemple, pour la théorie non démontrée à ce jour de Jacques Benveniste sur « la mémoire de l&rsquo;eau » ou pour celle, depuis couronnée d&rsquo;un prix Nobel, de Stanley B. Prusiner sur les prions.</p>
<p class="spip">N&rsquo;est-ce pas le fait d&rsquo;une idéologie, voire d&rsquo;une idéologie religieuse, que d&rsquo;institutionnaliser les vérités du moment comme immuables, de les faire défendre par des prêtres intouchables, gardiens du Grand livre de la science, et de refouler violemment toute idée nouvelle si elle oblige à corriger les dogmes que constituent les anciens paradigmes ? L&rsquo;économiste Serge Latouche montre bien que le progrès est une représentation « auto-évidente » et qu&rsquo;alors « son émergence ne peut être racontée que sur le mode du triomphe d&rsquo;une vérité lumineuse éternelle, déjà là mais cachée et bloquée par les ténèbres ».</p>
<p class="spip">Pourtant, à chaque moment, l&rsquo;état de la science demeure insuffisant pour expliquer les cas complexes et prévoir leur dénouement. Dans les situations à risque, l&rsquo;incertitude des prévisions paraît manifeste puisque les conclusions des experts sont qualifiées d&rsquo; « optimistes » ou « pessimistes » plutôt que « vraies » ou « fausses ». Le retour du subjectif vient ainsi clore l&rsquo;objectivité proclamée de la méthode scientifique.</p>
<p class="spip">Les optimistes ont pour eux un argument imparable : le pire n&rsquo;est pas démontré tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas arrivé. Mais, l&rsquo;option « optimiste » ne devrait pas autoriser, par exemple, à nier l&rsquo;effet qu&rsquo;ont les activités humaines sur les changements climatiques, tout au plus à espérer que la température moyenne augmentera de deux degrés plutôt que de cinq ou six au cours de ce siècle, une option qui obligerait cependant aux mêmes mesures de précaution que l&rsquo;option « pessimiste ». De même pour la dissémination des transgènes dans la nature ou la pollution radioactive à partir de l&rsquo;industrie nucléaire : ce ne sont pas ces phénomènes, raisonnablement inéluctables, mais seulement le temps nécessaire pour qu&rsquo;ils deviennent insupportables qui devrait faire débat. Alors, ce que recouvre finalement la discrimination entre optimisme et pessimisme, c&rsquo;est la foi. La foi qui laisse croire aux optimistes que le pire ne peut pas arriver, parce qu&rsquo;on trouvera une parade encore inimaginable.</p>
<p class="spip">Ici, le scientifique soumis au catéchisme de la technoscience choisit, sans le dire, la prophétie contre la rigueur. La plus haute instance scientifique française, l&rsquo;Académie des sciences, s&rsquo;est trompée par optimisme sur tous les risques d&rsquo;atteinte à la santé depuis vingt ans : sur l&rsquo;amiante, la dioxine, la vache folle, sans parler des plantes génétiquement modifiées (PGM). A chaque fois, l&rsquo;Académie a vanté l&rsquo;innovation et condamné l&rsquo;obscurantisme en proclamant qu&rsquo;on ne peut pas arrêter le progrès de la science.</p>
<p class="spip">Or le « progrès de la science » n&rsquo;est pas nécessairement celui de l&rsquo;humain, sauf à accepter que notre destin soit régulé par les intérêts de l&rsquo;industrie et de la Bourse. A l&rsquo;issue du scandaleux rapport sur les PGM , un débat parlementaire sur les éventuels conflits d&rsquo;intérêts à l&rsquo;Académie, les incantations des académiciens contre « l&rsquo;obscurantisme » (même en l&rsquo;absence d&rsquo;arguments scientifiques) ont révélé qu&rsquo;il s&rsquo;agit aussi de conflits idéologiques. Ce n&rsquo;est pas la mise en marché de la science qui a provoqué son dogmatisme missionnaire, plutôt l&rsquo;inverse. Non seulement parce que la technoscience est devenue en toute impunité la source d&rsquo;artifices potentiellement dangereux mais aussi parce que ce pouvoir-faire révèle et consolide la dimension idéologique de l&rsquo;activité scientifique : la croyance érigée en connaissance exacte et approfondie. Il n&rsquo;est donc pas exagéré de considérer que certains aspects de la science demeurent d&rsquo;essence religieuse, ce qui s&rsquo;accorde mal avec la rationalité revendiquée .</p>
<p class="spip">Selon le credo de la science officielle, qu&rsquo;on peut qualifier de magique voire de mystique, tout sera expliqué tôt ou tard et cette explication couvrira la réalité entière, les zones d&rsquo;ombre et les contradictions étant toutes surmontables. De ce point de vue<br />
, on notera la place privilégiée qu&rsquo;occupent les scientifiques croyants en Dieu dans la croyance à la science toute puissante. Ceux-là sont parmi les plus dévots au scientisme, comme pour se faire pardonner leur intimité avec l&rsquo;irrationnel. Ou alors, c&rsquo;est leur mentalité inamovible de croyant qui les pousse à adorer le religieux qu&rsquo;ils devinent en la science s&rsquo;ils la croient toute-puissante ? Le scientisme peut même venir au secours de la religion, comme quand le futur pape Benoît XVI déclarait, en 2000, pour « scientifier » sa conception de l&rsquo;homme : « Selon mes connaissances en biologie, un être porte en lui, dès le début, le programme complet de l&rsquo;être humain, qui ensuite se développe ». En considérant le génome comme programme plutôt que comme information, le cardinal Ratzinger avalise la science génétique officielle, sans s&rsquo;inquiéter de la place de la liberté &#8230; ou de l&rsquo;âme.</p>
<p class="spip">Tandis que « la maison brûle », on peut continuer à aggraver les choses tout en stigmatisant les « obscurantistes », ceux qui au nom d&rsquo;un principe de précaution « frileux » souhaitent maîtriser les développements de la technoscience. Pourtant, cette maîtrise politique d&rsquo;une prétendue maîtrise technique se trouve justifiée par le fait que, selon le philosophe Paul Virilio, « la technoscience est un détournement majeur du savoir » . Dans le monde incertain que nous avons construit, l&rsquo;optimisme ne devrait pas être considéré comme une valeur positive, seulement comme un relent puéril de la croyance permettant de justifier la politique de l&rsquo;autruche pour masquer une attitude suicidaire.</p>
<p class="spip">Quant l&rsquo;activité humaine induit des risques, une affirmation clôt toute velléité d&rsquo;intelligence : « On n&rsquo;a pas le choix ». Elle fait supposer que l&rsquo;humanité ne serait pas libre de son destin. Quand, au nom des « intérêts propres de la science », un ministre de la recherche &#8211; M. Claude Allègre &#8211; se montre réticent face au principe de précaution, il laisse croire à des activités humaines dont l&rsquo;intérêt serait supérieur à celui des humains eux-mêmes. A ceux qui imaginent que le réacteur nucléaire ITER ou les PGM démontrent que l&rsquo;époque est à la « maîtrise », on peut opposer que de tels artifices, dont les promesses sont toujours à venir, s&rsquo;inscrivent au contraire dans la vieille utopie . Et c&rsquo;est certainement la mystique du progrès et la croyance en une « providence laïque » qui permettent à ceux qui y trouvent intérêt de s&rsquo;entêter avec bonne conscience, et aux autres de ne pas réellement leur résister. Une telle disposition à la croyance ne vaut plus guère que pour la science, tragique négation du triomphe annoncé de la rigueur grâce à la connaissance scientifique !</p>
<p class="spip">Dans le domaine de la génétique, la croyance en une puissance mystérieuse et bienveillante est particulièrement manifeste . Ainsi, grâce à la calotte de la mystique génétique, le Téléthon peut recueillir en un jour 100 millions d&rsquo;euros (équivalent au budget annuel de fonctionnement de la recherche médicale française) en laissant croire que la guérison des myopathies n&rsquo;est qu&rsquo;une question de moyens financiers. Quant aux cultures de PGM, qui présentent des risques encore mal analysés pour l&rsquo;environnement, pour la santé publique ou pour l&rsquo;économie, et n&rsquo;apportent à ce jour aucun avantage pour les consommateurs, elles sont imposées aux sociétés humaines sous prétexte que leurs avantages arriveront, inéluctablement.</p>
<p class="spip">Le pari que « ça va marcher » relève d&rsquo;une attitude dont la conclusion, toujours optimiste, précède la démonstration, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;une attitude non scientifique. En 2000, le premier ministre socialiste Lionel Jospin déclarait, à propos des cellules-souches embryonnaires : « Grâce aux cellules de l&rsquo;espérance (&#8230;) les enfants immobiles pourront enfin se déplacer, des hommes et des femmes brisés pourront enfin se redresser &#8230; » Et, pourquoi pas, multiplier les pains ? La croyance en de tels miracles justifierait qu&rsquo;on fasse l&rsquo;impasse sur la démonstration préalable de faisabilité et d&rsquo;innocuité grâce à l&rsquo;expérience animale. On pourrait montrer que les développements de l&rsquo;industrie nucléaire ou des nanotechnologies, par exemple, échappent eux aussi à la rigueur scientifique comme à la démocratisation des choix de société.</p>
<p class="spip">Comment justifier qu&rsquo;en bioéthique il n&rsquo;existe pas de « principes » (ou seulement des repères dans les rêves ou les valeurs) contrairement à ce qui est arrivé pour les droits humains par exemple ? Pourquoi un interdit définitif à l&rsquo;esclavage et seulement des mesures provisoires (ou rien du tout) contre l&rsquo;artificialisation de l&rsquo;humain, ou contre l&rsquo;eugénisme consensuel ? S&rsquo;il est admis que toute règle bioéthique sera révisée par le savoir-faire technique, l&rsquo;éthique n&rsquo;est plus qu&rsquo;une morale du destin. En même temps il faut craindre le projet d&rsquo;homogénéisation des éthiques régionales, qui peut aussi être un projet d&rsquo;hégémonie culturelle. Si on souhaite une réglementation commune à toutes les nations, ou au moins pour l&rsquo;Europe, il faut faire vite car il existe de bonnes raisons de croire que les divergences vont s&rsquo;accroître. Déjà les pays d&rsquo;Asie, dans leur grande variété, quittent le concert éthique des Nations. Les accords pourront difficilement interdire ce qui est déjà réalisé quelque part et présenté comme « avantage acquis » : une évidente irréversibilité des acquis prospère sur l&rsquo;éthique informelle, malgré ce que prétendent les praticiens favorables aux paradis éthiques.</p>
<p class="spip">Michel Onfray, philosophe auto-institué porte-parole de l&rsquo;athéisme, entend soutenir « tout ce qui, de près ou de loin, contribue à la mise au point des techniques indispensables à l&rsquo;activation de la médecine postmoderne : ectogenèse, clonage, sélection du sexe, transgénie ». Il s&rsquo;oppose ainsi à « l&rsquo;option technophobe » en arguant que « la science en tant que telle est neutre ». Pour parvenir à cette certitude, il lui faut cependant affirmer des contre-vérités (« l&rsquo;énergie nucléaire n&rsquo;a jamais causé aucun mort &#8230; », hormis Hiroshima et autres bourdes qu&rsquo;on ne pourrait attribuer qu&rsquo;au « délire militaire ») et faire prendre des vessies pour des lanternes comme dans la succession des deux propositions suivantes où l&rsquo;hypothèse devient certitude : « La révolution transgénique permet d&rsquo;envisager des nouvelles façons de soigner : elles éviteront grâce aux médecines prédictives, le déclenchement des maladies &#8230; »</p>
<p class="spip">La science n&rsquo;est pas cette construction seulement rationnelle qu&rsquo;on a idéalisée, imagerie qui l&rsquo;abrite des incursions de la critique. Outil forgé par l&rsquo;homme, la technoscience témoigne de son savoir-faire et de ses carences et elle n&rsquo;oeuvre à la libération de l&rsquo;espèce que si on sait contenir sa démesure. Lors des Assises nationales de la recherche de janvier 1982, le ministre de la recherche, M. Jean-Pierre Chevènement, proposa de « faire reculer certains préjugés contre la science et la technologie, tenir en lisière les mouvements antiscience » &#8230; Et il englobait sous ce dernier terme aussi bien les cartomanciennes que les écologistes. Or, vingt ans plus tard, les préoccupations écologistes se trouvent validées et font l&rsquo;objet de rapports alarmants de part de la science officielle. Pourtant, le scientisme résiste : lors du Sommet de Rio (1992) sur le « développement durable », des scientifiques éminents, dont de nombreux prix Nobel, ont lancé « l&rsquo;Appel d&rsquo;Heidelberg » contre « l&rsquo;émergence d&rsquo;une idéologie irrationnelle qui s&rsquo;oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social » &#8230;</p>
<p class="spip">On estime souvent que « la science va plus vite que l&rsquo;éthique » pour signifier en réalité que la technoscience devance et domine les choix de société. Il en va de l&rsquo;intérêt des industriels et de nombreux chercheurs à mettre au point et à diffuser des innovations susceptibles d&rsquo;occuper des parts de marché, et cette motivation compétitive explique largement la mutation de la science en technoscience. Mais on aurait pu s&rsquo;attendre à une résistance des gens quand la science, force d&rsquo;émancipation, dérive ainsi vers la production d&rsquo;artifices dont beaucoup posent des problèmes plus importants que ceux qu&rsquo;ils résolvent.</p>
<p class="spip">Comme l&rsquo;a montré l&rsquo;historien et sociologue Jacques Ellul, « les lois de la science et de la technique sont placées au-dessus de celles de l&rsquo;Etat, le peuple et ses représentants étant alors largement dépossédés de leur pouvoir ». En fait, le scientisme n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage des scientifiques, c&rsquo;est une idéologie largement partagée dans la société, surtout depuis que le besoin de croyance manque de propositions crédibles dans les champs de la religion ou de la politique. La promesse mystique du paradis et celle militante des lendemains qui chantent se sont essoufflés tandis qu&rsquo;avançait le Progrès dans la soutane neuve de la rationalité.</p>
<p class="spip">N&rsquo;ayant pas d&rsquo;autres saints à qui se vouer, les citoyens modernes se sont mis en attente des productions de la technoscience, sans même imaginer qu&rsquo;ils pourraient exiger de choisir ce que les chercheurs vont mettre au point en leur nom. Là est le premier pas à franchir : puisque technoscience il y a, il faut oser penser qu&rsquo;on peut la mettre en démocratie, comme toute activité humaine (transparence, débat public, contre-expertise, rationalité des choix, etc.) Comme le dit le physicien Jean-Marc Levy-Leblond, « si l&rsquo;Eglise jadis condamna Galilée, elle n&rsquo;a plus maintenant à craindre de ses successeurs qu&rsquo;une certaine concurrence &#8230; Convenons qu&rsquo;une nouvelle laïcisation de notre rapport au savoir devrait permettre de prendre un certain recul par rapport à tous les dogmatismes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ».</p>
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		<title>les défis de la bioéthique</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Nov 2005 23:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Organis&#xE9; par SAPIENSE &#xE0; Nice et Cannes &#x2013; jeudi 19 novembre de 19 h 00 &#xE0; 21 h 00 : &#xAB;&#xA0;Nos enfants seront-ils fabriqu&#xE9;s ?&#xA0;&#xBB;. Vendredi 18 novembre de 19 h 00 &#xE0; 21 h 30 : &#xAB;&#xA0;La vie en &#xE9;prouvette est-elle notre futur ?&#xA0;&#xBB;. Samedi 19 novembre de 17 h 00 &#xE0; 18 h [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/les-defis-de-la-bioethique/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">Organisé par SAPIENSE à Nice et Cannes &#8211; jeudi 19 novembre de 19 h 00 à 21 h 00 : « Nos enfants seront-ils fabriqués ? ». Vendredi 18 novembre de 19 h 00 à 21 h 30 : « La vie en éprouvette est-elle notre futur ? ». Samedi 19 novembre de 17 h 00 à 18 h 30 : « Sommes-nous menacés par les OGM ? »<br />
<a class="spip_out" href="http://www.sapience.fr/">http://www.sapience.fr/</a></div>
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		<title>Changer d&#039;ère &#8211; L&#039;OGM-démocratie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2005 13:13:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les &#xAB; faucheurs d&#x2019;OGM &#xBB; trait&#xE9;s par la justice comme une bande de casseurs, onze nouvelles autorisations de test en plein champ d&#xE9;livr&#xE9;es &#xE0; des ma&#xEF;s transg&#xE9;niques : c&#x2019;est bien le r&#xE9;cent rapport parlementaire &#x2013; &#xAB; les OGM : une technologie &#xE0; ma&#xEE;triser &#xBB; -, qui donne le ton de la politique fran&#xE7;aise. Fruit d&#x2019;une [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/logm-democratie/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les « faucheurs d&rsquo;OGM » traités par la justice comme une bande de casseurs, onze nouvelles autorisations de test en plein champ délivrées à des maïs transgéniques : c&rsquo;est bien le récent rapport parlementaire &#8211; « les OGM : une technologie à maîtriser » -, qui donne le ton de la politique française. Fruit d&rsquo;une mission présidée par le socialiste Jean-Yves Le Déaut, fervent défenseur des biotechnologies, on comprend mal sa sérénité et sa partialité à la lecture des auditions menées, très contradictoires et fidèlement rapportées en annexe. Les promesses usées des proPGM (plantes génétiquement modifiées) sont honorées comme des acquis, et seuls les travaux favorables sont évoqués, en omettant les points d&rsquo;ombre ou les constats douloureux.<span id="more-1411"></span></p>
<p class="spip">Ce rapport confirme la volonté des décideurs de passer en force, en caracolant notamment sur un double cheval de Troie : les « plantes-médicaments », qui bénéficieront de procédures accélérées d&rsquo;autorisation, et les animaux transgéniques « produisant des substances nécessaires à la santé humaine ». Hypocrisie rituelle : on interdira ceux dont la finalité est « commerciale », comme si les biotechnologies avaient une autre finalité ! Et pour soutenir la commercialisation de 80 % des PGM, le rapport refuse tout étiquetage des produits (viande, lait, oeufs,…) issus d&rsquo;animaux nourris avec ces végétaux.</p>
<p class="spip">Pour calmer l&rsquo;opposition (on vote bientôt), le rapport propose une pause dans les essais de PGM. Pourquoi, s&rsquo;« ils ne sont certainement pas dangereux » ? Suggestion sans effet, on vient de le voir. Autres mesures apaisantes sans effet réel : les maires des communes concernées auront droit à un « entretien d&rsquo;information » ; au sein du nouveau Conseil des biotechnologies, les membres devront déclarer leurs intérêts industriels (mais continueront de conseiller), la « section civile » pourra évaluer les bénéfices des PGM mais c&rsquo;est la « section scientifique » qui évaluera les risques, sans contre-expertise…</p>
<p class="spip">Pour faire passer la coexistence, le rapport annonce la fin de l&rsquo;agriculture biologique puisqu&rsquo;elle devra accepter l&rsquo;inévitable pollution génétique ! Et puisque les assureurs, dans leur grande sagesse, ne veulent pas couvrir le risque PGM, c&rsquo;est le contribuable qui payera les dégâts d&rsquo;une technologie qu&rsquo;il refuse, selon le nouveau principe du « pollué-payeur » !</p>
<p class="spip">Sous-titre du rapport : « 60 propositions pour une approche progressive au cas par cas ». L&rsquo;efficacité est éprouvée, par exemple pour assurer les dérives de la bioéthique : le « cas par cas » est toujours « progressif », parfois jusqu&rsquo;au constat qu&rsquo;on a perdu le sens de l&rsquo;action dans la casuistique, irréversiblement. Et depuis quand « une technologie à maîtriser » devrait-elle être diffusée en l&rsquo;état, en élargissant le laboratoire à tout l&rsquo;espace social et naturel ? Fortement marqué par le lobby des biotechnologies, ce rapport est un véritable attentat contre la démocratie.</p>
<p class="spip"><a class="spip_out" href="http://jacques.testart.free.fr">Jacques Testart</a> est biologiste à l&rsquo;Inserm</p>
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