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	<title>Francis Chateauraynaud - Sciences Citoyennes</title>
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	<description>Les sciences avec et pour les citoyennes</description>
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	<title>Francis Chateauraynaud - Sciences Citoyennes</title>
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		<title>4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2008 15:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos (pro)positions et actions]]></category>
		<category><![CDATA[Nos activités]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences en Bobines]]></category>
		<category><![CDATA[André Cicolella]]></category>
		<category><![CDATA[Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest (A.C.R.O.)]]></category>
		<category><![CDATA[Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets (CNIID)]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Vélot]]></category>
		<category><![CDATA[Confédération paysanne]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Chateauraynaud]]></category>
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		<category><![CDATA[Innovation]]></category>
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		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Sezin Topçu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La 4e &#233;dition de notre festival &#171;&#160;<span class="glossaryLink"  aria-describedby="tt"  data-cmtooltip="&#60;div class=glossaryItemTitle&#62;Sciences en bobines&#60;/div&#62;&#60;div class=glossaryItemBody&#62;&#60;/div&#62;"  data-gt-translate-attributes='[{"attribute":"data-cmtooltip", "format":"html"}]'  tabindex='0' role='link'>Sciences en Bobines</span>&#160;&#187; aura lieu du mardi 18 au vendredi 21 novembre 2008, au cin&#233;ma La Clef, rue de la Clef &#224; Paris, dans le 5e (M&#176; Censier-Daubenton). T&#233;l&#233;charger le flyer : 4e &#233;dition des &#171;&#160;Sciences en Bobines&#160;&#187; Ce festival est organis&#233; avec le soutien de l&#8217;ACRO, de l&#8217;AITEC, [&#8230;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/4e-edition-des-sciences-en-bobines-2008/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">La 4e édition de notre festival « Sciences en Bobines » aura lieu du mardi 18 au vendredi 21 novembre 2008, au cinéma La Clef, rue de la Clef à Paris, dans le 5e (M° Censier-Daubenton).<span id="more-2031"></span></p>
<p>Télécharger le flyer : <a title="PDF - 404.6 ko" type="application/pdf" href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/pdf/flyer-2.pdf">4e édition des « Sciences en Bobines »</a></p>
<p class="spip">Ce festival est organisé avec le soutien de l&rsquo;ACRO, de l&rsquo;AITEC, d&rsquo;ATTAC, du CNIID, de la Confédération Paysanne, de HOLOS, du MDRGF et du Réseau Semences Paysannes, ainsi que de la Fête de la Science.</p>
<h3 class="spip">Programme</h3>
<p class="spip">
<p><strong>Mardi 18 novembre</strong> &#8211; « Nos assiettes sont malades »</p>
<p><strong>18h00</strong> &#8211; Notre Pain Quotidien (Nikolaus Geyrhalter), 2005, 1h32</p>
<p><strong>20h30</strong> &#8211; homo toxicus (Carole Poliquin), 2008, 1h27</p>
<p><strong>22h00</strong> &#8211; Débat :</p>
<p>Depuis que le consommateur a remplacé le citoyen, la course à la productivité a conduit à des pratiques démesurées visant à produire toujours plus en cherchant à diminuer les coûts au-delà du raisonnable. L&rsquo;industrialisation forcenée des modes de production, auparavant décrite dans les romans de science-fiction les plus sombres, est devenue notre réalité. Une réalité qui s&rsquo;est progressivement éloignée de l&rsquo;humanité.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout. Les conséquences ne sont pas seulement éthiques. Différents événements comme la crise de la vache folle, le plus emblématique peut-être, ont permis de se rendre compte qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est notre santé qui est menacée. Du mercure dans les poissons aux pesticides dans les céréales, fruits et légumes, de nombreux autres exemples témoignent du fait que bien manger ne va plus de soi. Est-il encore possible de faire marche arrière ? Quels sont les échappatoires et les transformations nécessaires de nos modes de vie pour sortir de ce schéma délétère ?</p>
<p>Intervenants :</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Carole Poliquin</em> (Réalisatrice d&rsquo;« Homo Toxicus »)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>François Veillerette</em> (MDRGF)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>François Warlop</em> (FSC, GRAB)</p>
<p>Animation : <em>Régine Boutrais</em> (FSC)</p>
<p><strong>Mercredi 19 novembre</strong> &#8211; Les sciences sociales et la politique de « l&rsquo;autre » de l&rsquo;époque coloniale à nos jours</p>
<p><strong>18h00</strong> &#8211; Chronique d&rsquo;un été (Jean Rouch), 1961, 1h26,</p>
<p><strong>20h30</strong> &#8211; Zoos Humains (Pascal Blanchard, Eric Deroo), 2002, 0h56</p>
<p><strong>21h30</strong> &#8211; Débat :</p>
<p>Quand on évoque la question des liens organiques entre science et politique, on se réfère souvent à des sciences dites « dures » : question autour des OGM, du nucléaire, etc.). Qu&rsquo;en est-il des sciences « molles » ? Quels types de rapports les sciences sociales entretiennent-elles avec la politique, en particulier quand il s&rsquo;agit de l&rsquo;élaboration des politiques autour de questions sociales, culturelles voire raciales ? Pour aborder ces questions, nous partirons du rôle joué par les sciences de l&rsquo;homme (l&rsquo;anthropologie, l&rsquo;ethnologie…) dans la montée des discours et des pratiques discriminatoires pendant l&rsquo;époque coloniale. Comment la figure de « l&rsquo;indigène », rendue visible lors des expositions coloniales du début du XXe siècle, est-elle construite ? Comment l&rsquo;imaginaire du « colonisé » a-t-il été fabriqué pendant l&rsquo;époque coloniale ? Plus généralement, de quelle façon les sciences sociales participent-elles à la construction de « l&rsquo;autre » dans nos sociétés ? Quels enseignements peut-on en tirer à propos notamment de la montée effrayante de la stigmatisation des immigrés en France et dans le monde ?</p>
<p>Intervenants :</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Eric Deroo</em> (Historien et réalisateur de Zoos humains)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Naima Yahi</em> (Historienne et membre de « Génériques »)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Emmanuel Terray</em> (Historien)</p>
<p>Animation : <em>Taos Ait Si Slimane</em> (FSC)</p>
<p><strong>Jeudi 20 novembre</strong> &#8211; Les Lanceurs d&rsquo;alerte</p>
<p><strong>18h00</strong> &#8211; Dossier Cassandre : les lanceurs d&rsquo;alerte (Nicolas Deprost), 2007, 0h52</p>
<p><strong>20h00</strong> &#8211; Le Monde selon Monsanto (Marie-Monique Robin), 2007, 1h49</p>
<p><strong>21h50</strong> &#8211; Débat :</p>
<p>Le lanceur d&rsquo;alerte se trouve à un moment donné, confronté à un fait pouvant constituer un danger potentiel pour l&rsquo;homme ou son environnement, et décide dès lors de porter ce fait au regard de la société civile et des pouvoirs publics. Malheureusement, le temps que le risque soit publiquement reconnu et s&rsquo;il est effectivement pris en compte, il est souvent trop tard. Les conséquences pour le lanceur d&rsquo;alerte, qui agit à titre individuel parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas à l&rsquo;heure actuelle en France de dispositif de traitement des alertes, peuvent être graves : du licenciement jusqu&rsquo;à la « mise au placard », il se retrouve directement exposé aux représailles dans un système hiérarchique qui ne le soutient pas car souvent subordonné à des intérêts financiers ou politiques.</p>
<p>La nécessité de se doter d&rsquo;un dispositif législatif permettant de protéger les lanceurs d&rsquo;alerte a fini par aboutir, puisqu&rsquo;au terme d&rsquo;un long travail de pédagogie aussi bien en direction de la société civile que des pouvoirs publics, elle apparaît dans les engagements du Grenelle de l&rsquo;environnement. Survivra-t-elle aux joutes parlementaires et aux futurs décrets d&rsquo;application tant la puissance de la « dictature économique » est capable à chaque fois de renverser la balance au détriment de l&rsquo;intérêt commun.</p>
<p>Intervenants :</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Christian Vélot</em> (FSC) excusé</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Pierre Méneton</em> (INSERM)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>André Cicolella</em> (FSC)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Francis Chateauraynaud</em> (Sociologue)</p>
<p>Animation : <em>Thierry Lefebvre</em> (Maître de Conférences en Sciences de l&rsquo;Information et de la communication, Univ. Paris-Diderot)</p>
<p><strong>Vendredi 21 novembre</strong> &#8211; Du leurre des « débats publics » à la démocratie participative</p>
<p><strong>18h00</strong> &#8211; Les nanos et nous (<em>David Hover</em>), 2007, 52 min.</p>
<p><strong>20h00</strong> &#8211; Le Génie Helvétique (<em>Jean-Stéphane Bron</em>), 2004, 1h30</p>
<p><strong>21h30</strong> &#8211; Débat :</p>
<p>Certaines innovations sont diffusées alors qu&rsquo;elles font l&rsquo;objet de controverses ouvertes. Pourtant, dès que les incertitudes sur l&rsquo;intérêt et les risques des technologies sont importantes, les autorités devraient collecter et discuter des points de vue qui dépassent le cercle des experts habituels et comprennent l&rsquo;avis de simples citoyens. Si des personnes candides sont dûment informées, comme dans les conférences de citoyens, elles se montrent capables de délibérer sur des sujets complexes, en se dégageant des enjeux seulement locaux et immédiats pour proposer des solutions souvent ignorées par les spécialistes, et rarement entendues des instances politiques&#8230; Pourvu qu&rsquo;elles soient médiatisées, ces procédures améliorent aussi la compétence de toute la population et peuvent rétablir la confiance vis-à-vis des scientifiques et de leurs propositions. Comment faire entrer ces procédures dans l&rsquo;ordre juridique et politique, pour que les dirigeants, mieux informés des enjeux des technologies et des attentes de la population, puissent tenir compte de ces recommandations ?</p>
<p>Intervenants :</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Françoise Zonabend</em> (Anthropologue),</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Jean-Michel Fourniau</em> (Sociologue)</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Marie-Christine Blandin</em> (Sénatrice) excusée</p>
<p>Animation : <em>Jacques Testart</em> (FSC)</p>
<h3 class="spip">L&rsquo;après-midi pour les lycéens :</h3>
<p class="spip">
<p><strong>Mercredi 19 novembre</strong></p>
<p><strong>14h00</strong> &#8211; Téléphonie Mobile, sommes-nous tous des cobayes (Joaquina Ferreira), 2003, 52&prime;</p>
<p><strong>15h00</strong> &#8211; Débat : Les usages et les risques de la téléphonie mobile</p>
<p><strong>Si vous souhaitez venir avec votre classe, merci de nous contacter :</strong></p>
<p><strong>01 43 14 73 65</strong></p>
<p><strong>contact arobase sciencescitoyennes.org</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Intervenant :</p>
<p><img decoding="async" style="height: 11px; width: 8px;" src="https://sciencescitoyennes.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" alt="-" width="8" height="11"  title="4e édition des « Sciences en Bobines » (2008)" /> <em>Etienne Cendrier</em> (Robin des toits)</p>
<p>Animation : <em>Sezin Topçu</em> (FSC)</p>
<p>Pour consulter le programme des éditions précédentes :</p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/les-sciences-en-bobines">1re édition</a><br />
<a href="https://sciencescitoyennes.org/2e-edition-des-sciences-en-bobines-2005">2e édition</a><br />
<a href="https://sciencescitoyennes.org/3e-edition-des-sciences-en-bobines-2006">3e édition</a>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/4e-edition-des-sciences-en-bobines-2008/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tantôt David contre Goliath, tantôt Galilée&#8230;</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/tantot-david-contre-goliath-tantot-galilee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jun 2008 13:07:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lanceurs d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[Projet de loi sur les lanceurs d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Vélot]]></category>
		<category><![CDATA[Christine Noiville]]></category>
		<category><![CDATA[Corinne Lepage]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Chateauraynaud]]></category>
		<category><![CDATA[Lanceur d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Angèle Hermitte]]></category>
		<category><![CDATA[OGM]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences citoyennes dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Véronique Lapides]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>QUOTIDIEN : samedi 28 juin 2008. http://www.humanite.fr/node/48026 Nous sommes tous des <span class="glossaryLink"  aria-describedby="tt"  data-cmtooltip="&#60;div class=glossaryItemTitle&#62;Lanceurs d&#38;rsquo;alerte&#60;/div&#62;&#60;div class=glossaryItemBody&#62;Un &#38;lt;b&#38;gt;lanceur d&#38;#039;alerte&#38;lt;/b&#38;gt; est toute personne, groupe ou institution qui, ayant connaissance d&#38;#039;un danger, d&#38;#039;un risque ou d&#38;#039;un scandale, adresse un signal d&#38;#039;alarme en esp&#233;rant enclencher un processus de r&#233;gulation, de controverse ou de mobilisation collectiveIl s&#38;#039;agit g&#233;n&#233;ralement d&#38;#039;une personne ou d&#38;#039;un groupe qui estime avoir d&#233;couvert des &#233;l&#233;ments qu&#38;#039;il consid&#232;re comme mena&#231;ants pour l&#38;#039;Homme, la soci&#233;t&#233;, l&#38;#039;&#233;conomie ou l&#38;#039;environnement et qui, de mani&#232;re d&#233;sint&#233;ress&#233;e, d&#233;cide de les porter &#224; la connaissance d&#38;#039;instances officielles, d&#38;#039;associations ou de m&#233;dias, souvent contre l&#38;#039;avis de sa hi&#233;rarchie.&#60;/div&#62;"  data-gt-translate-attributes='[{"attribute":"data-cmtooltip", "format":"html"}]'  tabindex='0' role='link'>lanceurs d&#8217;alerte</span>&#8230; C&#8217;est &#224; n&#8217;en pas douter l&#8217;une des expressions en vue du moment, comme le furent, en leur temps, l&#8217;altermondialiste ou le &#171; bourgeois boh&#232;me &#187;. Aujourd&#8217;hui, il faut en &#234;tre ou en conna&#238;tre : un lanceur d&#8217;alerte. Des salles de r&#233;daction aux [&#8230;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/tantot-david-contre-goliath-tantot-galilee/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">QUOTIDIEN : samedi 28 juin 2008.<a class="spip_out" href="http://www.humanite.fr/node/48026"> http://www.humanite.fr/node/48026</a></p>
<p class="spip">Nous sommes tous des lanceurs d&rsquo;alerte… C&rsquo;est à n&rsquo;en pas douter l&rsquo;une des expressions en vue du moment, comme le furent, en leur temps, l&rsquo;altermondialiste ou le « bourgeois bohème ». Aujourd&rsquo;hui, il faut en être ou en connaître : un lanceur d&rsquo;alerte. Des salles de rédaction aux bancs de l&rsquo;Assemblée nationale, chacun essaie de revêtir la panoplie du Zorro sociétal, environnemental ou sanitaire pour ajouter une estampille « Grenelly correct » à son message. <span id="more-1385"></span>Pourtant n&rsquo;est pas lanceur d&rsquo;alerte qui veut et c&rsquo;est la plupart du temps de souffrance et de lutte dont il s&rsquo;agit et non de mode ou d&rsquo;effet de manche. Autrement dit, il ne faudrait pas laisser cette notion récente être dévoyée avant même d&rsquo;avoir été « fondée ». Le lanceur d&rsquo;alerte ne doit pas devenir l&rsquo;antimondialiste de la fin des années 1990 ou alors les médias dits dominants et autres commentateurs de la vie publique auront tôt fait de l&rsquo;assimiler à un délateur ou à un prophète de malheur. Car, passé le temps de l&#8217;empathie, ce type de nouvelles notions subit généralement un galvaudage médiatique et politique aussi long à effacer que les dernières traces d&rsquo;amiante à l&rsquo;université de Jussieu.</p>
<p class="spip">Aussi, la Fondation sciences citoyennes, s&rsquo;appuyant sur les travaux des sociologues Francis Chateauraynaud et Didier Torny, propose une définition de ce qu&rsquo;est un lanceur d&rsquo;alerte : « Citoyen, salarié ou scientifique travaillant dans le domaine publique ou privé, le lanceur d&rsquo;alerte se trouve, à un moment donné, confronté à un fait pouvant constituer un danger potentiel pour l&rsquo;homme ou son environnement, et décide dès lors de porter ce fait au regard de la société civile et des pouvoirs publics. Le temps que le risque soit publiquement reconnu, il est souvent trop tard. Les conséquences pour le lanceur d&rsquo;alerte, qui agit à titreindividuel parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas à l&rsquo;heure actuelle en France de dispositif de traitement des alertes, peuvent être graves : de la mise au placard au licenciement, de la maladie au procès dans certains cas, il se retrouve directement exposé aux représailles dans un système qui ne le soutient pas car souvent subordonné à des intérêts financiers ou politiques. » Tantôt David contre Goliath, tantôt Galilée, le lanceur d&rsquo;alerte peut aussi être un salarié qui se soustrait au pouvoir de subordination de son employeur. Dans l&rsquo;actualité récente, citons le cas de Véronique Lapides qui, pour avoir pris à partie le maire de sa commune dans un tract alors qu&rsquo;elle représentait un collectif de riverains s&rsquo;interrogeant sur le nombre anormalement élevé de cas de cancers d&rsquo;enfants allant à l&rsquo;école sur un ancien site industriel, s&rsquo;est vu intenter un procès en diffamation par le maire lui-même. Autre cas emblématique, le biologiste Christian Vélot qui, pour tenir des propos critiques sur les OGM lors de conférences publiques, a subi des représailles « administratives » jusqu&rsquo;à une éviction de son institut de recherche programmée en 2009. Le choix d&rsquo;un biais détourné constitue un moyen efficace pour dissuader, railler voire détruire un individu isolé ne disposant pas d&rsquo;un arsenal juridique approprié. Quel poids une personne seule peut-elle avoir face à un groupe industriel, face à un licenciement annoncé, face à une hiérarchie à la fois juge et partie ?</p>
<p class="spip">Pour toutes ces raisons et parce que les lanceurs d&rsquo;alerte bénéficient d&rsquo;une protection juridique en Grande-Bretagne (le Public Interest Disclosure Act évite notamment aux lanceurs d&rsquo;alerte d&rsquo;être victimes de licenciement ou de pressions) et, sous des formes différentes et souvent complexes, aux États-Unis (le traitement juridique dépend de l&rsquo;origine de l&rsquo;alerte), en Nouvelle Zélande et en Afrique du Sud comme l&rsquo;ont rappelé le 27 mars dernier au Sénat les chercheurs Marie-Angèle Hermitte et Christine Noiville, il apparaît aujourd&rsquo;hui indispensable de définir un statut pour protéger les lanceurs d&rsquo;alerte. Les engagements 194 et 195 du Grenelle de l&rsquo;environnement et le rapport de Corinne Lepage sur la gouvernance écologique sont là pour rappeler aux responsables politiques que la protection des lanceurs d&rsquo;alerte doit être inscrite dans la loi et ne doit pas être mise à la marge comme dans le projet de loi de programme du Grenelle environnement. La Fondation sciences citoyennes envisage à ce sujet de proposer une loi à l&rsquo;automne prochain à l&rsquo;occasion des développements applicatifs de la loi Grenelle environnement. Les lanceurs d&rsquo;alerte sont des citoyens responsables… mais pas coupables.</p>
<p class="spip"><a class="spip_out" href="http://www.humanite.fr/node/48026">http://www.humanite.fr/node/48026</a></p>
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		<item>
		<title>Journée sur les lanceurs d&#039;alerte et l&#039;expertise au Sénat</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/journee-sur-les-lanceurs-dalerte-et-lexpertise-au-senat-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 09:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Expertise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Attention ! L&#x2019;inscription est OBLIGATOIRE car le colloque se passera au S&#xE9;nat : Les participants doivent s&#x2019;inscrire aupr&#xE8;s de Sciences Citoyennes &#xE0; contact[@]sciencescitoyennes.org ou par t&#xE9;l&#xE9;phone au 01 43 14 73 65. Le jour m&#xEA;me il faut se munir d&#x2019;une pi&#xE8;ce d&#x2019;identit&#xE9;. Programme lanceurs d&#x2019;alerte 27.03.08 Inscrite dans les conclusions du Grenelle de l&#x2019;environnement, la [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/journee-sur-les-lanceurs-dalerte-et-lexpertise-au-senat-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Attention ! L&rsquo;inscription est OBLIGATOIRE car le colloque se passera au Sénat : Les participants doivent s&rsquo;inscrire auprès de Sciences Citoyennes à contact[@]sciencescitoyennes.org ou par téléphone au 01 43 14 73 65. Le jour même il faut se munir d&rsquo;une pièce d&rsquo;identité.<span id="more-2051"></span></p>
<p><a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/pdf/Invitation_lanceurs_d_alerte_senat_27-03.pdf">Programme lanceurs d&rsquo;alerte 27.03.08</a></p>
<p>Inscrite dans les conclusions du Grenelle de l&rsquo;environnement, la proposition d&rsquo;une loi instituant la protection des lanceurs d&rsquo;alerte a été reprise dans le rapport d&rsquo;étape des travaux de la Commission Lepage sur la gouvernance. L&rsquo;importance d&rsquo;un tel dispositif apparaît enfin comme cruciale à la fois au regard des enjeux majeurs de santé et d&rsquo;environnement, mais aussi pour une meilleure prise en compte des avis et expertises contradictoires, composantes indissociables d&rsquo;une démocratie forte. La France va ainsi rejoindre des pays comme les USA ou la Grande Bretagne qui ont une loi spécifique depuis plusieurs années.</p>
<p>Il s&rsquo;agit de définir un cadre de protection du lanceur d&rsquo;alerte environnementale et sanitaire à travers une législation réformant le droit du travail d&rsquo;une part et le droit d&rsquo;expression d&rsquo;autre part et lui conférant le même statut que le salarié protégé. Les lanceurs d&rsquo;alerte doivent avoir la possibilité de porter sur la place publique les hypothèses de danger pour l&rsquo;homme ou son environnement, sans être subordonnés aux clauses de secret industriel ou devoir de réserve et sans craindre d&rsquo;éventuelles représailles (licenciement abusif, procès, « mise au placard »)&#8230;</p>
<p>Interviendrons : les lanceurs d&rsquo;alerte Pierre Meneton, Christian Velot, Véronique Lapides, Maurice Coudoin, Benoit Bergeon, André Cicolella et d&rsquo;autres, les avocats Bernard Fau et Jean-Paul Teissonnière, les juristes Marie-Angèle Hermitte et Christine Noiville, le sociologue Francis Chateauraynaud, les politiques Marie-Christine Blandin, Michèle Rivasi et Corinne Lepage, et bien d&rsquo;autres.</p>
<p>Salle au Sénat : Clemenceau</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/journee-sur-les-lanceurs-dalerte-et-lexpertise-au-senat-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Journée sur les lanceurs d\&#8217;alerte et l\&#8217;expertise au Sénat</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/journee-sur-les-lanceurs-dalerte-et-lexpertise-au-senat-2-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2008 09:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Attention ! L\&#x2019;inscription est OBLIGATOIRE car le colloque se passera au S&#xE9;nat : Les participants doivent s\&#x2019;inscrire aupr&#xE8;s de Sciences Citoyennes &#xE0; contact[@]sciencescitoyennes.org ou par t&#xE9;l&#xE9;phone au 01 43 14 73 65. Le jour m&#xEA;me il faut se munir d\&#x2019;une pi&#xE8;ce d\&#x2019;identit&#xE9;. Programme lanceurs d\&#x2019;alerte 27.03.08 Inscrite dans les conclusions du Grenelle de l\&#x2019;environnement, la [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/journee-sur-les-lanceurs-dalerte-et-lexpertise-au-senat-2-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Attention ! L\&rsquo;inscription est OBLIGATOIRE car le colloque se passera au Sénat : Les participants doivent s\&rsquo;inscrire auprès de Sciences Citoyennes à contact[@]sciencescitoyennes.org ou par téléphone au 01 43 14 73 65. Le jour même il faut se munir d\&rsquo;une pièce d\&rsquo;identité.<span id="more-144969"></span></p>
<p><a href=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/pdf/Invitation_lanceurs_d_alerte_senat_27-03.pdf\">Programme lanceurs d\&rsquo;alerte 27.03.08</a></p>
<p>Inscrite dans les conclusions du Grenelle de l\&rsquo;environnement, la proposition d\&rsquo;une loi instituant la protection des lanceurs d\&rsquo;alerte a été reprise dans le rapport d\&rsquo;étape des travaux de la Commission Lepage sur la gouvernance. L\&rsquo;importance d\&rsquo;un tel dispositif apparaît enfin comme cruciale à la fois au regard des enjeux majeurs de santé et d\&rsquo;environnement, mais aussi pour une meilleure prise en compte des avis et expertises contradictoires, composantes indissociables d\&rsquo;une démocratie forte. La France va ainsi rejoindre des pays comme les USA ou la Grande Bretagne qui ont une loi spécifique depuis plusieurs années.</p>
<p>Il s\&rsquo;agit de définir un cadre de protection du lanceur d\&rsquo;alerte environnementale et sanitaire à travers une législation réformant le droit du travail d\&rsquo;une part et le droit d\&rsquo;expression d\&rsquo;autre part et lui conférant le même statut que le salarié protégé. Les lanceurs d\&rsquo;alerte doivent avoir la possibilité de porter sur la place publique les hypothèses de danger pour l\&rsquo;homme ou son environnement, sans être subordonnés aux clauses de secret industriel ou devoir de réserve et sans craindre d\&rsquo;éventuelles représailles (licenciement abusif, procès, « mise au placard »)&#8230;</p>
<p>Interviendrons : les lanceurs d\&rsquo;alerte Pierre Meneton, Christian Velot, Véronique Lapides, Maurice Coudoin, Benoit Bergeon, André Cicolella et d\&rsquo;autres, les avocats Bernard Fau et Jean-Paul Teissonnière, les juristes Marie-Angèle Hermitte et Christine Noiville, le sociologue Francis Chateauraynaud, les politiques Marie-Christine Blandin, Michèle Rivasi et Corinne Lepage, et bien d\&rsquo;autres.</p>
<p>Salle au Sénat : Clemenceau</p>
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		<title>Santé publique et droit du travail</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/sante-publique-et-droit-du-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2005 13:26:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits d'intérêts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Par Marie-Ang&#xE8;le Hermitte, Marthe Torre-Schaub (Chercheurs au Centre de recherches sur le droit des sciences et des techniques, Paris I &#x2013; CNRS) Toutes les affaires de sant&#xE9; publique qui ont fait l&#x2019;actualit&#xE9; des trente derni&#xE8;res ann&#xE9;es ont un point commun : entre le moment o&#xF9; les premiers indices de l&#x2019;existence d&#x2019;un risque sont rep&#xE9;r&#xE9;s et [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/sante-publique-et-droit-du-travail/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par Marie-Angèle Hermitte, Marthe Torre-Schaub (Chercheurs au Centre de recherches sur le droit des sciences et des techniques, Paris I &#8211; CNRS)<br />
</em></p>
<div>Toutes les affaires de <em>santé publique</em> qui ont fait l&rsquo;actualité des trente dernières années ont un point commun : entre le moment où les premiers indices de l&rsquo;existence d&rsquo;un risque sont repérés et le moment où le risque est publiquement reconnu, une période de temps s&rsquo;écoule, entraînant la réalisation ou l&rsquo;aggravation des dommages. Les causes de la perte de temps sont multiples. Parmi elles, on trouve la difficulté à parler ou à se faire entendre, rencontrée par les salariés qui repèrent le risque. On pense ici très précisément, non pas au salarié qui craint pour sa santé ou celle de ses collègues, mais celui qui, n&rsquo;étant pas spécialement chargé d&rsquo;une mission ayant trait à la sécurité, suspecte un risque pour le public ou l&rsquo;environnement. <span id="more-1653"></span>Que l&rsquo;on soit dans le cadre d&rsquo;une entreprise privée ou dans celui de l&rsquo;organisation publique de la veille sanitaire <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-1' id='markerref-1653-1' onclick='return footnotation_show(1653)'>1</a></sup>, le circuit légal consiste à faire remonter l&rsquo;information par la voie hiérarchique, les instances dirigeantes étant seules habilitées à prendre la décision du moment et du contenu de sa divulgation. Or, dans un certain nombre de cas, l&#8217;employeur préfère taire cette suspicion par prudence scientifique parfois, par intérêt dans d&rsquo;autres hypothèses.<br />
Le schéma hiérarchique est bien intégré et l&rsquo;on a peu d&rsquo;exemples de salariés qui aient choisi d&rsquo;affronter leur hiérarchie pour divulguer une information importante pour la santé publique, sans que l&rsquo;on puisse distinguer ce qui tient à la peur du licenciement de ce qui relève d&rsquo;une culture corporatiste incitant à resserrer les rangs pour faire face au danger venu de l&rsquo;extérieur. Pour inciter les salariés à signaler les phénomènes inquiétants, le droit américain dispose d&rsquo;un texte spécial, le whistle blower protection Act, traduit en français par l&rsquo;idée de protection du lanceur d&rsquo;alerte <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-2' id='markerref-1653-2' onclick='return footnotation_show(1653)'>2</a></sup>. Il protège les salariés contre les mesures de rétorsion de leur employeur dans le but d&rsquo;assurer l&rsquo;effectivité du droit de l&rsquo;environnement et de la santé, dont la mise en œuvre dépend de la vigilance et de la coopération des salariés au contact des risques &#8230; Il a été souvent appliqué dans le domaine du nucléaire, de la protection de l&rsquo;environnement ou encore dans l&rsquo;affaire de la navette spatiale <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-3' id='markerref-1653-3' onclick='return footnotation_show(1653)'>3</a></sup>.<br />
Le droit français n&rsquo;ayant pas introduit un tel mécanisme de lutte contre les phénomènes d&rsquo;autocensure, on peut se demander si le droit commun du travail suffit à assurer une protection adéquate. Un arrêt rendu par la Cour d&rsquo;appel de Nancy le 17 juin 1998 incite à se poser la question : pour affirmer que le refus d&rsquo;obéissance d&rsquo;un cadre en désaccord avec sa direction sur la manière de traiter l&rsquo;évaluation d&rsquo;un risque pour la santé publique ne constituait pas une cause réelle et sérieuse de licenciement, la Cour d&rsquo;appel a posé le principe, confirmé le 11 octobre 2000 <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-4' id='markerref-1653-4' onclick='return footnotation_show(1653)'>4</a></sup> par la Cour de cassation, du  » respect de l&rsquo;indépendance due aux professionnels de la santé au travail « . Cette protection de l&rsquo;indépendance intellectuelle des salariés s&rsquo;inscrit dans une lente évolution du droit du travail qui tend à limiter le caractère discrétionnaire du pouvoir de direction et à recomposer  » l&rsquo;ordonnancement des relations du travail  » en fixant les  » rôles  » de chacun, l&#8217;employeur, les actionnaires, les salariés <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-5' id='markerref-1653-5' onclick='return footnotation_show(1653)'>5</a></sup>. L&rsquo;arrêt du 11 octobre fait entrer dans ce schéma un tiers inattendu, le public dont il s&rsquo;agit de protéger la santé. La liberté d&rsquo;expression qui eut pour ambition de permettre une  » citoyenneté  » tournée vers la défense des intérêts des travailleurs, est utilisée ici dans l&rsquo;intérêt des tiers ; il s&rsquo;agit, en favorisant l&rsquo;expression des conflits au sein de l&rsquo;entreprise, de fragiliser la loi du silence qui unit les salariés et la direction, face au reste de la société. <em>Cette jurisprudence peut être analysée comme l&rsquo;une des contributions du droit du travail à l&rsquo;élaboration du nouveau droit de la sécurité sanitaire</em>.</p>
<h3>L&rsquo;affaire Cicolella : lanceurs d&rsquo;alertes et règlement des différends scientifiques et techniques</h3>
<p>L&rsquo;affaire mit en scène un ingénieur travaillant sur la toxicité des éthers de glycol pour le compte de l&rsquo;INRS, organisme chargé de l&rsquo;évaluation de certains risques encourus dans le cadre professionnel. Le conflit se noua entre le salarié et sa direction sur la manière de mener la recherche et d&rsquo;en divulguer les résultats, la dangerosité de cette famille de produits étant controversée sur de nombreux points. Le conflit se termina par un licenciement pour insubordination grave et réitérée. La nature scientifique du différend et ses implications pour la santé seront prises en compte par la Cour de cassation qui y voit la justification d&rsquo;un <em>lien de subordination propre aux métiers de la santé</em>.</p>
<p><strong>A. La nature scientifique du différend</strong></p>
<p>L&rsquo;Institut National de Recherche sur la Sécurité (INRS), créé en 1968 sous l&rsquo;égide de la CNAM qui le finance, est une association soumise au régime de la loi de 1901 ; il a une mission d&rsquo;intérêt général -contribuer au plan technique à l&rsquo;amélioration de la prévention des maladies professionnelles. Il est à ce titre chargé de l&rsquo;évaluation de la toxicité de certains produits au contact des salariés, de la diffusion auprès des employeurs et des organisations syndicales de fiches documentaires préconisant les modalités d&rsquo;utilisation des produits dangereux, de propositions de classification, d&#8217;emballage, d&rsquo;étiquetage. Il est géré de manière paritaire par des représentants des employeurs et des représentants syndicaux. Ce type d&rsquo;organisation fut longtemps vanté en raison du caractère hybride de sa composition, destiné à permettre des consensus à partir d&rsquo;intérêts réputés divergents&#8230; Le modèle est aujourd&rsquo;hui critiqué pour la raison qui avait fait son succès, le caractère hybride étant désormais analysé comme une menace pour l&rsquo;indépendance <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-6' id='markerref-1653-6' onclick='return footnotation_show(1653)'>6</a></sup> : l&rsquo;un des principes fondateurs du nouveau droit de la sécurité sanitaire est précisément l&rsquo;indépendance des institutions d&rsquo;évaluation et de contrôle des risques par rapport aux opérateurs économiques <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-7' id='markerref-1653-7' onclick='return footnotation_show(1653)'>7</a></sup><br />
A.Cicolella, ingénieur chimiste, entre à l&rsquo;INRS en 1971, dans le laboratoire d&rsquo;évaluation de l&rsquo;exposition aux substances chimiques. En1988, il propose à la direction qui accepte, de prendre en charge un programme d&rsquo;évaluation des premiers signaux d&rsquo;alerte sur la toxicité des éthers de glycol, famille de solvants d&rsquo;une grande importance économique car les produits sont très répandus, dans des biens de consommation courante (peintures, produits de nettoyage) et dans des processus de fabrication (les puces utilisées dans les ordinateurs par exemple). Au fil des années, les indices de dangerosité de certaines des molécules se précisent (par contact cutané ou inhalation) : on suspecte des cancers, des troubles neurologiques, des malformations foetales, des troubles de la fertilité chez l&rsquo;homme. Certains dangers sont avérés de manière expérimentale chez l&rsquo;animal et à la suite d&rsquo;études épidémiologiques chez les travailleurs exposés ; d&rsquo;autres restent plus controversés.<br />
En 1994, le climat se tend entre A.Cicolella et son employeur. Le chercheur a préparé un symposium destiné à servir de base d&rsquo;expertise, incontestable car internationale, indépendante et multidisciplinaire, l&rsquo;objectif étant d&rsquo;aboutir à l&rsquo;interdiction de certaines molécules. En effet, si l&rsquo;INRS a prodigué des conseils de prudence dès 1983, rédigé une fiche documentaire en 1992, toutes les molécules sont encore sur le marché et couramment utilisées par les salariés dans les processus de fabrication. Avant le colloque, A. Cicolella fait part à son employeur d&rsquo;un ensemble de résultats préliminaires qui confirment les indices de dangerosité. Mais l&rsquo;une des études qu&rsquo;il a commanditées recèle une erreur, et la publication qui en résulte est contestée par un représentant de l&rsquo;industrie chimique (CEFIC) et par une équipe de l&rsquo;INSERM. L&rsquo;INRS met en question le déroulement du colloque et la participation de son salarié, alors que celui-ci estime que cela ne doit pas remettre en cause l&rsquo;ensemble de l&rsquo;opération, et principalement les résultats d&rsquo;une enquête épidémiologique de l&rsquo;INSERM montrant une corrélation entre l&rsquo;exposition professionnelle de femmes enceintes et des malformations foetales.</p>
<p><strong>B. Le particularisme du lien de subordination en matière de santé au travail</strong></p>
<p>Convoqué par son supérieur hiérarchique à une  » réunion exploratoire avec les partenaires de l&rsquo;INRS  » pour s&rsquo;expliquer sur l&rsquo;erreur commise, A.Cicolella refuse de s&rsquo;y rendre par trois fois et reçoit notification de son licenciement pour faute grave le 10 mai 1994. Son refus est analysé comme une  » insubordination délibérée et réitérée incompatible avec le fonctionnement normal d&rsquo;une entreprise  » et avec sa qualité d&rsquo;ingénieur soumis à l&rsquo;autorité hiérarchique du Dr.Vogt plutôt que de <em>chercheur</em>. Le salarié demande sa réintégration et, à défaut, le paiement de ses indemnités et de dommages-intérêts pour  » procédure intervenue dans des conditions brutales et vexatoires, et entrave à la liberté d&rsquo;expression « . Il fait valoir qu&rsquo;il menait de manière autonome depuis 1990 un programme multidisciplinaire sur les risques toxiques des éthers de glycol, que ce programme était jugé original par la communauté scientifique concernée, que  » l&rsquo;existence d&rsquo;une relation salariale ne pouvait priver les chercheurs et professionnels de la santé au travail, de l&rsquo;indépendance technique et scientifique qui leur est notamment reconnue par l&rsquo;article 17 du code d&rsquo;éthique internationale adopté par la commission internationale de santé au travail « , et que son refus de participer à la confrontation du 30 mars 1994 ne justifiait pas la remise en cause de la tenue du symposium international, ce qui aurait eu pour effet de le discréditer auprès de la communauté scientifique à laquelle il appartenait.<br />
La Cour d&rsquo;appel de Nancy suivra de près son raisonnement, reprenant tout d&rsquo;abord l&rsquo;idée qu&rsquo;il a effectivement la qualité de chercheur du fait de sa position de  » responsable scientifique  » du projet éthers de glycol dont la conception est jugée exceptionnelle et originale par un ingénieur de recherche du CNRS. Elle en déduit à titre liminaire que l&rsquo;INRS n&rsquo;était pas fondé à lui dénier sa qualité de chercheur <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-8' id='markerref-1653-8' onclick='return footnotation_show(1653)'>8</a></sup> ;  » que, malgré l&rsquo;existence d&rsquo;un rapport de subordination inhérent à tout contrat de travail, l&#8217;employeur devait, en l&rsquo;espèce, exercer son pouvoir hiérarchique dans des limites compatibles avec la nature des responsabilités confiées à l&rsquo;intéressé et dans le respect de l&rsquo;indépendance due aux professionnels de la santé au travail « . Pour caractériser <em>la spécificité des relations de travail dans le domaine de la recherche scientifique</em>, la Cour d&rsquo;appel s&rsquo;appuie sur une note interne de l&rsquo;INRS définissant  » le rôle des membres de la commission scientifique et technique en cas de <em>divergence de vue d&rsquo;ordre scientifique sur une étude ou une recherche</em> :  » si le pouvoir de décision demeure bien de la compétence de la hiérarchie, il importe que celle-ci s&rsquo;assure d&rsquo;avoir bien compris le point de vue de l&rsquo;agent et qu&rsquo;elle s&rsquo;attache à être bien informée sur les motifs et les justifications de ses propositions et positions ainsi que sur le contexte scientifique dans lequel elles se situent. A cette fin, il est utile de pouvoir recueillir l&rsquo;avis d&rsquo;un groupe de personnes reconnues compétentes sur le ou les sujets concernés « . La Cour de cassation confirme l&rsquo;analyse de la Cour d&rsquo;appel :  » en l&rsquo;état de ces constatations, elle a pu décider que le comportement de M.Cicolella (&#8230;) ne constituait pas une faute grave « .<br />
Cette jurisprudence incite à faire le point de la <em>spécificité du lien de subordination auquel est soumis un chercheur qui s&rsquo;occupe de la  » santé au travail « </em>, et à se demander si les solutions qui se dessinent doivent être étendues aux salariés en général, dès lors qu&rsquo;ils s&rsquo;occupent de santé au travail mais aussi de santé publique et de protection de l&rsquo;environnement. On constate que deux sources de droit sont utilisées par la Cour d&rsquo;appel : elle utilise le <em>droit commun</em> en rappelant que le pouvoir hiérarchique s&rsquo;exerce toujours dans  » les limites compatibles avec la nature des responsabilités confiées  » au salarié, en l&rsquo;occurrence un rôle protecteur de la santé, et <em>une note interne de l&rsquo;INRS spécifiquement consacrée aux divergences de vues d&rsquo;ordre scientifique <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-9' id='markerref-1653-9' onclick='return footnotation_show(1653)'>9</a></sup></em>. Admettant que cette note était postérieure au licenciement, elle estime que  » cette exhortation à la prudence s&rsquo;inspirait des principes de règlement des différends scientifiques en usage au sein de l&rsquo;INRS « . A l&rsquo;inverse, la Cour ne mentionne pas le code d&rsquo;éthique international qui affirme l&rsquo;indépendance technique et scientifique des professionnels de la santé au travail ; on ne peut toutefois pas occulter le fait que les deux documents tendent au même résultat, permettre une procédure contradictoire pour le  » règlement des différends scientifiques « .. A ce titre, ils insistent sur le traitement juridique qu&rsquo;il convient de réserver à cette phase si importante et si souvent passée sous silence de la construction de la connaissance scientifique, la phase d&rsquo;incertitude scientifique qui se caractérise par la coexistence d&rsquo;hypothèses multiples et, dès lors, la nécessité du débat contradictoire. <em>L&rsquo;incertitude scientifique impose l&rsquo;idée, très processuelle, d&rsquo;une procédure de règlement des différends, et semble avoir des conséquences sur la qualité du lien de subordination et le droit du licenciement</em> <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-10' id='markerref-1653-10' onclick='return footnotation_show(1653)'>10</a></sup>.
</p>
<h3>Le particularisme du lien de subordination d&rsquo;un salarié au contact de la santé publique</h3>
<p>Le travail est exécuté  » sous l&rsquo;autorité d&rsquo;un employeur qui a pouvoir de donner des ordres et des directives, d&rsquo;en contrôler l&rsquo;exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-11' id='markerref-1653-11' onclick='return footnotation_show(1653)'>11</a></sup>, mais l&#8217;emprise du pouvoir de direction sur les salariés a été limitée à ce qui est  » nécessaire à la marche de l&rsquo;entreprise « . De larges sphères d&rsquo;autonomie ont été ainsi reconnues à la personne du salarié, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de protection de sa vie privée, de sa santé au poste de travail, de la défense de ses libertés personnelles. Mais c&rsquo;est de tout autre chose qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici, puisque le salarié entre en conflit avec la direction pour <em>défendre un intérêt général</em>, celui de la santé publique en l&rsquo;occurrence <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-12' id='markerref-1653-12' onclick='return footnotation_show(1653)'>12</a></sup>. On peut, et A.Cicolella n&rsquo;avait pas manqué de le faire, insérer le conflit d&rsquo;ordre scientifique dans le cadre général de la <em>liberté d&rsquo;expression</em> ; c&rsquo;est un nouveau terrain d&rsquo;application pour cette liberté, jusqu&rsquo;ici cantonnée aux questions politiques, religieuses ou syndicales. C&rsquo;est également à rattacher à la liberté reconnue aux salariés, dans certaines limites, de critiquer la stratégie de l&rsquo;entreprise, en tenant compte d&rsquo;un relatif paradoxe : autant les cadres sont tenus à un devoir spécial de réserve et de loyauté qui les rend plus solidaires de la direction que n&rsquo;ont à l&rsquo;être les salariés de base, autant les cadres au contact de la santé publique et travaillant dans les secteurs de l&rsquo;incertitude scientifique paraissent devoir bénéficier d&rsquo;une large autonomie qui serait la marque de la spécificité du secteur.. Jusqu&rsquo;où peut aller cette autonomie, peut-elle déboucher sur le lancement d&rsquo;une alerte publique ?</p>
<p><strong>A. La libération progressive de l&rsquo;expression des salariés</strong></p>
<p>La doctrine a analysé l&rsquo;entreprise comme un véritable  » ordre juridique secondaire  » caractérisé par le pouvoir de direction qui s&rsquo;exprime à travers le règlement intérieur et l&rsquo;application casuistique du pouvoir de commandement et de sanction. Ce pouvoir de direction du chef d&rsquo;entreprise s&rsquo;exerce sur la personne du travailleur, dont le corps et l&rsquo;esprit sont sommés de se mettre à disposition de l&rsquo;action collective dirigée vers le processus de production. Mener une telle analyse sur le modèle de l&rsquo;ordre juridique étatique, incitait à limiter le pouvoir de l&#8217;employeur, à l&rsquo;origine discrétionnaire, comme le droit avait limité le pouvoir de l&rsquo;Etat ; c&rsquo;est ce qui explique l&rsquo;utilisation d&rsquo;expressions comme  » libertés publiques  » ou  » principe de légalité des peines « , inattendues dans le cadre de l&rsquo;entreprise <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-13' id='markerref-1653-13' onclick='return footnotation_show(1653)'>13</a></sup>. L&rsquo;action conjointe du législateur et du juge a donc eu pour objectif de fixer la limite du pouvoir de l&#8217;employeur à ce qui est nécessaire à la marche de l&rsquo;entreprise, libérant par voie de conséquence une sphère d&rsquo;autonomie pour le salarié. L&rsquo;effort du droit a porté d&rsquo;abord sur la limitation des <em>pouvoirs que l&#8217;employeur exerce sur le salarié</em>, n&rsquo;intervenant que fort peu sur ses <em>pouvoirs de direction économique</em>. On peut constater un changement : sur le fondement de la liberté d&rsquo;expression, les juridictions déclarent abusifs certains licenciements décidés à la suite de <em>l&rsquo;expression d&rsquo;une divergence de vues</em> entre un salarié et son employeur sur les choix stratégiques de l&rsquo;entreprise.</p>
<p><strong>1. Le pouvoir de direction sur la personne du salarié : des limites stabilisées </strong></p>
<p>Les lois Auroux ont eu pour objectif de changer la nature du règlement intérieur et plus largement, du droit disciplinaire : la liberté civile du travailleur sera le principe, ce qui limite le pouvoir de l&#8217;employeur qui y fait exception.  » L&#8217;employeur n&rsquo;a pas un pouvoir discrétionnaire en matière de liberté publique … des limitations peuvent être apportées aux libertés par l&#8217;employeur, mais elles ne tireront leur licéité que de la nécessité de défendre l&rsquo;entreprise contre les effets nuisibles de l&rsquo;exercice des libertés  » <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-14' id='markerref-1653-14' onclick='return footnotation_show(1653)'>14</a></sup>. Le moyen de cette transformation fut la généralisation d&rsquo;un  » contrôle de proportionnalité et de finalité à travers des exigences de justification des motifs des décisions patronales « , la subordination étant limitée à ce qui est strictement nécessaire à l&rsquo;exécution du contrat de travail <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-15' id='markerref-1653-15' onclick='return footnotation_show(1653)'>15</a></sup>. De cette nouvelle conception du pouvoir de direction résultèrent de multiples limitations du pouvoir de direction <em>sur le salarié</em> <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-16' id='markerref-1653-16' onclick='return footnotation_show(1653)'>16</a></sup>. Institué en même temps,  » le droit au retrait  » dont jouit le salarié pour protéger sa santé, va plus loin ; en effet, même si la marche de l&rsquo;entreprise exige qu&rsquo;il continue à travailler, la croyance raisonnable qu&rsquo;il a en l&rsquo;imminence d&rsquo;un danger suffit à justifier son retrait. Mais cette liberté ne lui est ouverte qu&rsquo;en cas de danger pour <em>sa </em>santé ; le législateur n&rsquo;a pas étendu ce droit aux risques courus par le public ou l&rsquo;environnement <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-17' id='markerref-1653-17' onclick='return footnotation_show(1653)'>17</a></sup>. Or dans de nombreux cas, un procédé de fabrication sans risque particulier pour les salariés, entraînera des déchets toxiques ou des produits commercialisés qui, eux, pourront être dangereux. L&rsquo;hypothèse du retrait du salarié, d&rsquo;une sorte de clause de conscience pour la sauvegarde d&rsquo;un intérêt général, n&rsquo;est pas prévue par le législateur.<br />
Les réformes de 1982 poursuivaient des objectifs divers partageant un point commun : il s&rsquo;agissait toujours de protéger la personne du salarié dans ses comportements (vie familiale, loisirs, expression d&rsquo;opinions) ou dans son être même (sexe, race). Certes, depuis l&rsquo;affaire Clavaud <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-18' id='markerref-1653-18' onclick='return footnotation_show(1653)'>18</a></sup>, le salarié avait conquis le droit de s&rsquo;exprimer, y compris dans les médias, sur les conditions de travail dans l&rsquo;entreprise. Mais ces conditions le concernent directement, il s&rsquo;agit encore de protéger la sphère personnelle du salarié contre une immixtion de la direction de l&rsquo;entreprise. Le droit est en train de franchir une nouvelle étape en étendant cette fois sa protection au salarié qui s&rsquo;immisce dans les affaires de l&rsquo;entreprise.</p>
<p><strong>2. Le pouvoir de direction économique et l&rsquo;émergence d&rsquo;un droit de critique</strong></p>
<p>La nature discrétionnaire du pouvoir de direction économique paraissait difficile à ébranler <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-19' id='markerref-1653-19' onclick='return footnotation_show(1653)'>19</a></sup>, l&rsquo;exercice d&rsquo;un droit de critique par les salariés pouvant être rapproché d&rsquo;un partage du pouvoir de direction peu conforme à l&rsquo;organisation traditionnelle du système de production. Il est pourtant des hypothèses où le pouvoir de direction économique et le pouvoir sur le salarié s&rsquo;entremêlent, lorsque le salarié s&rsquo;opposant aux choix stratégiques de l&#8217;employeur, se trouve finalement licencié. Ce fut le cas dans l&rsquo;affaire Cicolella où le différend sur la stratégie à adopter au regard des résultats des recherches sur les éthers de glycol conduisit à un refus d&rsquo;obéissance.<br />
Dans son premier moyen de cassation, l&rsquo;INRS avait bien posé le problème :  » alors qu&rsquo;il n&rsquo;appartient pas à un salarié en présence d&rsquo;une contestation, soulevée par un organisme extérieur mettant en cause tant ses propres travaux que le fonctionnement même de l&rsquo;entreprise qui l&#8217;emploie<em>, de se faire juge de la stratégie</em> à adopter pour mettre un terme à la contestation et <em>de tenter d&rsquo;imposer à sa hiérarchie</em> sa propre conception de la marche à suivre …  » ; et de poursuivre :  » l&rsquo;arrêt attaqué a autorisé le salarié à <em>substituer son propre pouvoir d&rsquo;appréciation</em> à celui de son supérieur hiérarchique et a violé ce faisant l&rsquo;article L.121-1 du Code du travail « . La Chambre sociale de la Cour de cassation approuvera au contraire la Cour d&rsquo;appel d&rsquo;avoir retenu la qualité de chercheur d&rsquo;A.Cicolella, et d&rsquo;en avoir déduit que l&#8217;employeur devait exercer son pouvoir hiérarchique dans le respect de  » l&rsquo;indépendance due aux chercheurs « .. Ce faisant, elle reconnaît aux chercheurs, une liberté d&rsquo;expression et de comportement à l&rsquo;égard des choix stratégiques de la direction de l&rsquo;entreprise. Cette affirmation s&rsquo;inscrit dans un courant jurisprudentiel récent qui a institué une liberté d&rsquo;expression de l&rsquo;individu sur la marche générale de l&rsquo;entreprise, alors que la faculté de critique était jusqu&rsquo;ici cantonnée aux canaux classiques du syndicalisme, du droit de grève, et de la procédure encadrée et collective de l&rsquo;article L 461-1 <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-20' id='markerref-1653-20' onclick='return footnotation_show(1653)'>20</a></sup>. Il ne s&rsquo;agit plus ici de l&rsquo;interdiction faite à l&#8217;employeur de déborder sur la sphère d&rsquo;autonomie propre à la personne du salarié, c&rsquo;est au contraire celui-ci qui intervient dans la sphère d&rsquo;autonomie du chef d&rsquo;entreprise. Il y a une sorte de renversement.</p>
<p>On peut ainsi remarquer un arrêt de la Cour d&rsquo;appel de Versailles du 7 octobre 1998 retenant la loyauté d&rsquo;un directeur de département d&rsquo;une entreprise qui, en désaccord avec la direction générale sur le rapprochement entre la société et des partenaires français et étrangers, choisit de ne plus participer à ces tractations tout en continuant d&rsquo;assumer pleinement ses autres fonctions. Le licenciement est donc jugé sans cause réelle et sérieuse <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-21' id='markerref-1653-21' onclick='return footnotation_show(1653)'>21</a></sup>. Puis l&rsquo;affaire Pierre, jugée le 14 décembre 1999, qui concerne un cadre  » chargé d&rsquo;une mission administrative, comptable et financière de très haut niveau  » ayant distribué une lettre critiquant la nouvelle organisation du travail aux membres du comité directeur dont il faisait partie, ce que l&#8217;employeur analysa comme un manquement à l&rsquo;obligation de réserve <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-22' id='markerref-1653-22' onclick='return footnotation_show(1653)'>22</a></sup>. La Cour de cassation établit au contraire que ce comportement relève du droit de libre expression tel qu&rsquo;il est reconnu par l&rsquo;article L 120-2 du code du travail <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-23' id='markerref-1653-23' onclick='return footnotation_show(1653)'>23</a></sup>. La liberté d&rsquo;expression rencontre alors une double limite. La première porte sur la forme de la critique qui ne doit comporter aucun terme injurieux, diffamatoire ou excessif <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-24' id='markerref-1653-24' onclick='return footnotation_show(1653)'>24</a></sup>. La seconde vise la justification de l&rsquo;entrave à la liberté d&rsquo;expression ; elle doit correspondre à la nature de la tâche à accomplir et être proportionnée au but recherché. Il semble qu&rsquo;il s&rsquo;agisse là d&rsquo;une première application à l&rsquo;art. L 120-2, du principe de proportionnalité qui avait servi à limiter le pouvoir de direction sur le salarié <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-25' id='markerref-1653-25' onclick='return footnotation_show(1653)'>25</a></sup>. L<em>e juge, qui avait longtemps disjoint ses modes d&rsquo;intervention à l&rsquo;égard des deux objets du pouvoir de direction, les rapproche</em>. En protégeant la liberté d&rsquo;expression du cadre de haut niveau, il écarte le traditionnel devoir de réserve renforcé qui leur était spécifiquement imposé <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-26' id='markerref-1653-26' onclick='return footnotation_show(1653)'>26</a></sup>. Ce choix juridique qui avait pour conséquence de protéger la loi du silence dans l&rsquo;entreprise, est donc peut-être en train de se modifier au profit d&rsquo;une vision plus ouverte au débat, voire au conflit. C&rsquo;est particulièrement important pour les salariés membres d&rsquo;une profession libérale, médecins, journalistes, experts comptables&#8230; L&rsquo;apport principal de l&rsquo;arrêt Cicolella est d&rsquo;étendre cette protection aux salariés non médecins, au contact de la santé publique.</p>
<p>Au regard des problèmes des lanceurs d&rsquo;alertes qui peuvent être obligés de dénoncer l&rsquo;entreprise soit aux autorités sanitaires soit directement au public, l&rsquo;affaire Pierre comportait une limite importante puisque la lettre critique avait gardé un caractère interne, ayant été distribuée au seul comité de direction. Dans d&rsquo;autres affaires récentes, la critique déborde plus ou moins l&rsquo;intérieur de l&rsquo;entreprise. Dans l&rsquo;affaire Deglane, l&#8217;employeur reprochait à la Cour d&rsquo;appel de Bordeaux de n&rsquo;avoir pas considéré que la divergence de vues entre l&#8217;employeur et l&rsquo;un de ses cadres conduisait à un conflit d&rsquo;autant plus grave qu&rsquo;il se jouait à un niveau élevé dans l&rsquo;entreprise, ce qui aurait dû justifier la cause réelle et sérieuse d&rsquo;un licenciement, quand bien même aucune faute ne pourrait être reprochée au salarié <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-27' id='markerref-1653-27' onclick='return footnotation_show(1653)'>27</a></sup> : on ne pouvait revendiquer plus clairement le caractère discrétionnaire du pouvoir de direction économique. La Cour de cassation va opposer à cette demande le principe de la liberté générale d&rsquo;expression des salariés, tant à l&rsquo;intérieur qu&rsquo;à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;entreprise, tout en réservant l&rsquo;abus résultant de l&rsquo;utilisation de termes injurieux, diffamatoires ou excessifs ; tel était le cas dans une seconde affaire jugée le même jour, où la Cour d&rsquo;appel d&rsquo;Angers avait retenu comme motif de licenciement, les  » critiques virulentes émises par le salarié auprès d&rsquo;un client important sur la qualité du travail accompli par le personnel et sur la compétence des dirigeants de la société « .<br />
L&rsquo;affaire Pitron va plus loin. La Cour de cassation a reconnu qu&rsquo;en adressant une lettre à l&rsquo;Inspecteur du travail pour dénoncer des malversations, manipulations de caisse et détournements de fonds, la salariée n&rsquo;avait fait qu&rsquo;exercer son droit de critique protégé par la loi ; or elle l&rsquo;avait exercé <em>à l&rsquo;extérieur</em> de l&rsquo;entreprise, même si l&rsquo;inspecteur du travail est son interlocuteur naturel, comme le fait remarquer le commentateur <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-28' id='markerref-1653-28' onclick='return footnotation_show(1653)'>28</a></sup>. La Chambre sociale prend soin de préciser que le droit d&rsquo;expression s&rsquo;exerce tant sur les faits susceptibles de qualification pénale que sur ceux qui ne le sont pas, ce qui exclut la simple application de l&rsquo;obligation générale de dénoncer les infractions pénales <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-29' id='markerref-1653-29' onclick='return footnotation_show(1653)'>29</a></sup>.<br />
La tendance est donc assez nette : le salarié de haut niveau dispose d&rsquo;une certaine liberté de critique de la stratégie générale de l&rsquo;entreprise, à l&rsquo;intérieur comme à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;entreprise, sans que l&rsquo;on sache si cela peut aller jusqu&rsquo;à une dénonciation publique dans les médias. Il doit être d&rsquo;autant plus mesuré qu&rsquo;il s&rsquo;exprime <em>à l&rsquo;extérieur du cercle de l&rsquo;entreprise</em>, et particulièrement devant des clients. Qu&rsquo;en est-il si cette critique est faite au nom de la protection d&rsquo;un intérêt général ?</p>
<p><strong>B. La protection d&rsquo;un intérêt général par le droit d&rsquo;expression d&rsquo;un salarié</strong></p>
<p>L&rsquo;entreprise a des obligations au regard de l&rsquo;intérêt général <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-30' id='markerref-1653-30' onclick='return footnotation_show(1653)'>30</a></sup>. Elles résultent de réglementations protégeant l&rsquo;environnement et la santé humaine contre les dommages venant du processus de production ou des produits mis sur le marché. La direction est responsable des dommages créés par l&rsquo;entreprise, même s&rsquo;ils ont été provoqués par l&rsquo;acte d&rsquo;un salarié, assumant ainsi l&rsquo;une des rares responsabilités pénales du fait d&rsquo;autrui ; c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des justifications du pouvoir de direction de l&rsquo;entreprise que de contrôler le respect de cette réglementation par les salariés <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-31' id='markerref-1653-31' onclick='return footnotation_show(1653)'>31</a></sup>. Un salarié peut donc être licencié s&rsquo;il fume sur les lieux de travail alors que des explosifs y sont entreposés, s&rsquo;il ne respecte pas les règlements de sécurité sur un site nucléaire, faisant encourir des risques aux autres salariés. L&rsquo;exercice du droit de grève peut être limité en raison du caractère dangereux des produits utilisés <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-32' id='markerref-1653-32' onclick='return footnotation_show(1653)'>32</a></sup>. Il s&rsquo;agit là de cas limites où le juge sanctionne la mise en danger du public à travers celle des salariés. On trouvera plus rarement des cas dans lesquels le pouvoir disciplinaire est exercé pour assurer la seule protection du consommateur &#8211; ainsi le licenciement d&rsquo;un salarié qui n&rsquo;avait pas effectué la vérification de la date de péremption de produits alimentaires, laissant à la vente des produits périmés <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-33' id='markerref-1653-33' onclick='return footnotation_show(1653)'>33</a></sup>.<br />
Mais ce n&rsquo;est pas, en principe, au salarié de faire respecter, contre l&rsquo;avis de sa hiérarchie, les réglementations protégeant l&rsquo;intérêt général. Certes, le lien de subordination ne l&rsquo;oblige pas à exécuter un ordre illicite ou immoral, tel que falsifier des documents comptables, adopter des comportements dolosifs à propos de ventes de voitures d&rsquo;occasion <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-34' id='markerref-1653-34' onclick='return footnotation_show(1653)'>34</a></sup>. Dans le cas de péril pour la santé publique, le salarié sera donc toujours protégé s&rsquo;il refuse d&rsquo;exécuter un ordre <em>illégal</em>. Mais le lanceur d&rsquo;alerte va généralement dénoncer une simple suspicion, <em>un fait scientifique controversé</em> et non un fait avéré déjà constitué en illégalité. Or A.Cœuret se demandait, en 1995 encore, si le délégataire en charge de la santé -ou de l&rsquo;environnement-, disposait  » du droit d&rsquo;affirmer contre sa hiérarchie le respect de <em>la légalité</em>  » …  » il faut que la Chambre sociale de la Cour de cassation soit prête à considérer comme nul le licenciement du délégataire qui a voulu respecter et faire respecter les textes contre la volonté plus ou moins affichée des dirigeants de l&rsquo;entreprise  » <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-35' id='markerref-1653-35' onclick='return footnotation_show(1653)'>35</a></sup>. Il n&rsquo;en était pas certain pour des illégalités avérées, qu&rsquo;en serait-il pour des suspicions ?</p>
<p><strong>1. Le juge est-il sensible à la protection de la santé publique ?</strong></p>
<p>Est-ce au salarié de s&rsquo;occuper de la santé publique contre l&rsquo;avis de la direction ? Le juge répondit par la négative dans une affaire opposant des laborantines à leur direction, sur les risques potentiellement liés à la pratique du poolage du sang des clients en matière de test de dépistage du sida ; seuls les lots positifs faisaient l&rsquo;objet d&rsquo;une vérification individuelle. Elles dénoncèrent la pratique publiquement, ce qui provoqua la fermeture administrative du laboratoire. A la réouverture, elles furent licenciées et la Cour de cassation retint la cause réelle et sérieuse du licenciement, les laborantines ayant  » abusé  » de leur liberté d&rsquo;expression <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-36' id='markerref-1653-36' onclick='return footnotation_show(1653)'>36</a></sup>. On peut se demander ce qu&rsquo;il en sera de l&rsquo;affaire de Fumel, qui se situe sur un autre terrain juridique. Un collectif de chômeurs avait décidé de neutraliser un incinérateur d&rsquo;ordures ménagères qui fonctionnait en dehors des valeurs limites fixées par la réglementation. Après de nombreuses demandes restées lettres mortes, le collectif détruisit l&rsquo;installation électrique, empêchant le fonctionnement de l&rsquo;équipement. Les participants à cette voie de fait furent aussitôt mis en détention provisoire. Trois d&rsquo;entre eux y restèrent 32 jours pour avoir fait, dans l&rsquo;illégalité, le travail qu&rsquo;aurait dû faire l&rsquo;administration <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-37' id='markerref-1653-37' onclick='return footnotation_show(1653)'>37</a></sup>.</p>
<p><strong>2. L&rsquo;apport et les limites de l&rsquo;arrêt Cicolella</strong></p>
<p>A l&rsquo;examen de la jurisprudence antérieure, on réalise l&rsquo;apport et les limites de l&rsquo;affaire Cicolella. Le conflit entre la direction et le salarié portait bien sur la stratégie à adopter au regard de la production et de la divulgation de données scientifiques qui venaient conforter la thèse des partisans de l&rsquo;interdiction d&rsquo;un certain nombre de formes d&rsquo;éthers de glycol, décision importante sur le plan économique. Pour un organisme comme l&rsquo;INRS, comprenant une représentation industrielle importante qui participe au financement de l&rsquo;Institut, il s&rsquo;agissait bien d&rsquo;une question stratégique. Depuis, un certain nombre de suspicions ont été confirmées dans l&rsquo;expertise collective réalisée par l&rsquo;INSERM et rendue publique le 21 octobre 1999. Le 8 novembre 2000, la Commission de sécurité des consommateurs a demandé l&rsquo;interdiction totale de la plupart de ces éthers, considérant après bien d&rsquo;autres que  » l&rsquo;usage contrôlé  » qui résulte des arrêtés Aubry de 1999 était insuffisant <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-38' id='markerref-1653-38' onclick='return footnotation_show(1653)'>38</a></sup>. En 1994, il s&rsquo;agissait pour A.Cicolella, de laisser le colloque se dérouler et d&rsquo;en publier les actes pour disposer de résultats scientifiques permettant de fonder l&rsquo;interdiction de l&rsquo;usage de certains éthers de glycol aux fins de protéger la santé des travailleurs et des consommateurs. Cela le conduisit à désobéir à sa hiérarchie qui souhaitait organiser une rencontre avec ceux qui contestaient la validité de ces résultats. Le licenciement est déclaré abusif en ces termes :  » Que dès lors, l&#8217;employeur devait exercer son pouvoir hiérarchique dans le respect <em>des responsabilités confiées à l&rsquo;intéressé et de l&rsquo;indépendance due aux chercheurs</em> ; qu&rsquo;il devait respecter les <em>procédures de concertation</em> et qu&rsquo;il ne devait pas imposer une rencontre avec une autre équipe que le salarié pouvait considérer comme prématurée et de nature à compromettre le déroulement du symposium ; qu&rsquo;en l&rsquo;état de ces constatations (la cour d&rsquo;appel) a pu décider (…) que le licenciement ne reposait pas sur une cause réelle et sérieuse … « .<br />
On peut donc considérer raisonnablement que dans des affaires intéressant la santé publique, le cadre dispose d&rsquo;une <em>liberté d&rsquo;expression et d&rsquo;action</em> (ici le refus de se rendre à une réunion), justifiant un refus d&rsquo;obéissance. Les formulations utilisées insistent sur le fait que le supérieur hiérarchique ne pouvait pas imposer la rencontre si le salarié la jugeait prématurée, ce qui aboutit à faire prévaloir le point de vue du salarié sur celui de la direction, et l&rsquo;on remarquera que l&rsquo;intérêt de l&rsquo;entreprise, parfois évoqué par le juge pour justifier les licenciements, est totalement évacué. Il faut toutefois admettre que l&rsquo;arrêt ne dit pas comment le juge réagirait à l&rsquo;annonce <em>publique</em> d&rsquo;un dysfonctionnement de l&rsquo;entreprise, puisque le conflit était resté confiné à un cercle limité de personnes au sein de l&rsquo;INRS. Il est probable que la dénonciation d&rsquo;un fait avéré ne justifierait pas le licenciement. Mais, la plupart du temps, le conflit commence pendant la phase d&rsquo;incertitude scientifique qui est le moment où doit s&rsquo;appliquer le principe de précaution. Dans une telle hypothèse, il est rare qu&rsquo;une solution s&rsquo;impose clairement contre une autre, et la tâche du juge sera difficile. Enfin, cet arrêt de la chambre sociale ne résout pas le problème des fonctionnaires, astreints au devoir de réserve. On ne dispose à cet égard d&rsquo;aucun élément jurisprudentiel permettant d&rsquo;affirmer qu&rsquo;ici aussi, une relative protection du lanceur d&rsquo;alerte est en train de se constituer. Or il est fréquent que des fonctionnaires aient en leur possession les éléments du débat scientifique, et c&rsquo;est souvent, en France plus encore qu&rsquo;ailleurs, un fonctionnaire qui devrait être le lanceur d&rsquo;alerte sanitaire.<br />
Ces limites sont importantes et font regretter qu&rsquo;une protection légale ne soit pas envisagée, donnant au lanceur d&rsquo;alerte le même statut qu&rsquo;au salarié protégé <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-39' id='markerref-1653-39' onclick='return footnotation_show(1653)'>39</a></sup>. Il faut donner son autonomie à celui qui est en charge de la santé publique, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;organiser l&rsquo;indépendance des experts, de doter d&rsquo;un statut protégé celui qui, dans l&rsquo;entreprise, assume une fonction qui peut aller à l&rsquo;encontre des intérêts économiques immédiats de l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est le cas en droit belge de celui qui assure la gestion des déchets toxiques (loi du 22 juillet 1974 et arrêté du 9 avril 1992) ; ce sera peut-être le cas des travailleurs de l&rsquo;aviation civile qui signalent incidents et défaillances, annonciateurs d&rsquo;accidents <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-40' id='markerref-1653-40' onclick='return footnotation_show(1653)'>40</a></sup>. Il s&rsquo;agit ici de solutions ponctuelles et non d&rsquo;une générale.<br />
***<br />
On réalise bien que cet arrêt de la Cour de cassation n&rsquo;est pas intervenu dans un contexte vide. L&rsquo;idée que les salariés auraient quelque chose à dire de la santé publique et de l&rsquo;environnement, c&rsquo;est-à-dire des effets du processus de production à l&rsquo;extérieur de l&rsquo;entreprise, suscite une certaine méfiance, tant de la part des dirigeants que de la part des syndicats <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-41' id='markerref-1653-41' onclick='return footnotation_show(1653)'>41</a></sup>. Mais elle avance malgré tout, soit dans des textes spécifiques, soit par la voie d&rsquo;accords de groupe créant des commissions de sécurité et environnement <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-42' id='markerref-1653-42' onclick='return footnotation_show(1653)'>42</a></sup>. Elle est d&rsquo;ailleurs dans la logique des efforts de prise en considération de la personne et du citoyen dans le travailleur. On peut toutefois se demander si la protection du lanceur d&rsquo;alerte sanitaire ne comporte pas des risques ? On pense évidemment à un mécanisme dont les abus conduiraient à une société de la délation <sup class='footnote'><a href='#marker-1653-43' id='markerref-1653-43' onclick='return footnotation_show(1653)'>43</a></sup>. Mais les travaux qui ont évoqué cette dérive, tant dans l&rsquo;histoire qu&rsquo;à la période actuelle, soulignent que la dénonciation peut, aussi, renforcer le lien social à la condition de porter sur la protection de valeurs communément admises, la santé publique faisant l&rsquo;objet d&rsquo;un consensus, plus que l&rsquo;environnement.</p>
</div>
<div class='footnotes' id='footnotes-1653'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='marker-1653-1'> M-A.Hermitte et C.Noiville : L&rsquo;obligation d&rsquo;information en matière de santé publique à la lumière de la loi du 1er juillet sur la sécurité sanitaire, Gaz.Pal.23 &#8211; 24 oct.1998, n° spécial sur le droit de la santé. <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-1'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-2'> F.Chateauraynaud et D.Torny : Les sombres précurseurs, Ed.. de l&rsquo;EHESS, 1999. Les auteurs distinguent le prophète de malheur du lanceur d&rsquo;alerte, établissent les différences de nature entre les phases qui vont du temps de l&rsquo;alerte à la crise politique et illustrent leurs propos par l&rsquo;étude détaillée de trois grandes crises, l&rsquo;amiante, l&rsquo;ESB et l&rsquo;excès de leucémies dans le Nord Cotentin <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-2'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-3'> J-J.Salomon : Le risque technologique et l&rsquo;aventure spatiale, in Zenon, n°2-1997, Ed. Milan <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-3'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-4'> Cass.soc.11 oct.2000 n°3716, pourvoi n°98-45.276 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-4'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-5'> A.Rouast : Les droits discrétionnaires et les droits contrôlés, RTDCiv.1944 p.1 ; F.Venin-Domenach : Pouvoir ou droit disciplinaire dans l&rsquo;entreprise privée, thèse, Université Lyon II, 1973 ; A.Jeammeaud, M.Le Friant et A.Lyon-Caen : L&rsquo;ordonnancement des relations du travail, D.1998, n°38 chron.359 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-5'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-6'> M-A.Hermitte : L&rsquo;expertise scientifique à finalité politique. Justices, décembre 1997. A la suite des attaques dont l&rsquo;INRS avait été l&rsquo;objet, tant dans cette affaire que dans une campagne de presse portant sur la toxicité de certains usages de l&rsquo;aluminium (France Soir 25 sept.1998), l&rsquo;IGAS a été saisi d&rsquo;un audit sur le fonctionnement de l&rsquo;Institut. Le rapport, rendu en octobre 2000 relativise certaines critiques des médias, mais confirme une évaluation circonspecte, la pérennité de l&rsquo;organisme étant reliée à sa capacité de s&rsquo;insérer dans le  » cadre renouvelé  » de la prévention des risques. Il est donc recommandé de réformer l&rsquo;organisation et le fonctionnement interne de l&rsquo;INRS et d&rsquo;améliorer l&rsquo;indépendance de l&rsquo;expertise. On peut trouver tous ces documents sur les sites Internet de l&rsquo;INRS et de l&rsquo;IGAS. <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-6'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-7'> Le principe est affirmé dans le rapport de C.Huriet sur la sécurité sanitaire (Sénat, 1996-1997, n°196 p.60) <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-7'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-8'> Ce point ne sera pas exploité clairement par la Cour d&rsquo;appel ; cela suggérerait pourtant que la qualité de chercheur donne en soi une indépendance intellectuelle, hors de toute question de santé publique. On peut y voir une application sur un autre terrain de la distinction utilisée par F.Polleaud-Dulian entre opus et labor : Propriété intellectuelle et travail salarié, RTDcom. 2000 n°2 p.273-297 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-8'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-9'> On constatera d&rsquo;ailleurs avec intérêt que cette procédure est conforme aux idées développées autour du caractère contradictoire de l&rsquo;expertise, cf. D.Dormont et M-A.Hermitte : Le principe de précaution à la lumière de l&rsquo;affaire de la vache folle, op.cit. p.369 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-9'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-10'> M-A.Hermitte et V.David : Le principe de précaution et l&rsquo;évaluation des risques, Petites Affiches, numéro spécial sur le principe de précaution sous la direction de G.Viney, novembre 2000 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-10'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-11'> Cass.soc. 13 nov.1996, Dr.soc.1996 p.1067 note J-J.Dupeyroux ; pour A.Supiot, le lien de subordination est bien l&rsquo;obstacle principal que rencontrent les salariés qui souhaiteraient lancer une alerte écologique, in Droit du travail et droit de l&rsquo;environnement, SFDE &#8211; LITEC 1994. Il parle des salariés comme sujets passifs du droit de l&rsquo;environnement car l&rsquo;information écologique donnée par l&rsquo;entreprise à ses salariés, quand elle est faite, va de haut en bas <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-11'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-12'> I.Vacarie invoque l&rsquo;article L.230-3 du code du travail selon lequel il incombe à chaque salarié de prendre soin de sa sécurité et de sa santé, ainsi que de celle des autres personnes concernées du fait de ses actes ou omissions au travail. Il aurait effectivement pu être invoqué malgré sa grande généralité,  » L&rsquo;implication écologique du salarié « , in Droit du travail et droit de l&rsquo;environnement, SFDE -LITEC 1994 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-12'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-13'> A.Jeammaud, M.Le Friant et A.Lyon-Caen, op.cit. p.365 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-13'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-14'> P.Ardant : Introduction à la table ronde sur les libertés du citoyen dans l&rsquo;entreprise, D.soc. mai 1982 p.428. G.Lyon-Caen : Les libertés publiques p.57 ; il date la claire distinction de la vie privée et de la vie professionnelle d&rsquo;un arrêt de 1973 sur le licenciement d&rsquo;un salarié qui n&rsquo;avait pas fait état de sa qualité de prêtre, qualité jugée sans lien avec l&rsquo;exécution du contrat de travail <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-14'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-15'> C&rsquo;est l&rsquo;idée qui fonde toute l&rsquo;œuvre de G.Lyon-Caen depuis  » Une anomalie juridique, le règlement intérieur « , D.1969 chron.247, jusqu&rsquo;au rapport sur les libertés publiques et l&#8217;emploi publié en 1992 à la Documentation française. Il montre comment le règlement intérieur, discrétionnaire, était un instrument de domination alors qu&rsquo;il devient une limite du pouvoir patronal quand il s&rsquo;appuie sur un socle d&rsquo;ordre public contrôlé par l&rsquo;administration du travail sous contrôle du juge. Pour D.Gutmann, cette mesure, ce minimalisme est une sorte de principe général qu&rsquo;il nomme principe de pertinence, in Le sentiment d&rsquo;identité, Etude de droit des personnes et de la famille, LGDJ, 2000, p.348 et sv. cf. aussi M-F.Mialon : Les pouvoirs de l&#8217;employeur, LGDJ, 1996, p.107 et C.Puigelier : Le pouvoir disciplinaire de l&#8217;employeur, Droit Poche 1997 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-15'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-16'> Pour un rappel rapide, cf. M-C.Escande-Varniol : La Cour de cassation et l&rsquo;intérêt de l&rsquo;entreprise, RJS 4/00 p.260 ; cf. le numéro spécial de la revue de droit social 1982, et particulièrement G.Bélier : Droit disciplinaire et citoyenneté dans l&rsquo;entreprise dans la réforme des droits des travailleurs, D.Scoail mai 1982 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-16'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-17'> Pourtant, H.Seillan fait remarquer depuis longtemps que la sécurité doit être globalisée et qu&rsquo;il est artificiel d&rsquo;opposer le dedans et le dehors, Obligations et responsabilités en droit du travail et en droit de l&rsquo;environnement, in Droit du travail et droit de l&rsquo;environnement, SFDE, Litec, 1994 p.46 ; dans le même ouvrage, I.Vacarie évoque la liberté de conscience qu&rsquo;elle semble limiter au chercheur souhaitant interrompre une recherche ou en taire les résultats s&rsquo;il estime en conscience qu&rsquo;elle conduirait à une  » utilisation inacceptable du vivant  » <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-17'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-18'> J-M.Verdier : Libertés et travail. Problématique des droits de l&rsquo;homme et rôle du juge, Dalloz 1988, chron. 63 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-18'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-19'> M-C.Escande-Varniol : La Cour de cassation et l&rsquo;intérêt de l&rsquo;entreprise, RJS 4/00, p.264 et sv. :  » Le pouvoir de direction économique de l&rsquo;entreprise reste une prérogative peu encadrée par le droit du travail  » <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-19'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-20'> On se reportera avec intérêt à l&rsquo;exposé des motifs des lois Auroux qui, au chapitre sur l&rsquo;expression des salariés, faisait état de l&rsquo;augmentation du niveau de formation des travailleurs et de leur désir de s&rsquo;exprimer et d&rsquo;intervenir en vue de modifier les conditions quotidiennes de leur travail. Le texte respectait la fonction de médiatisation des institutions représentatives, mais faisait remarquer qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas incompatible avec un droit d&rsquo;expression directe et l&rsquo;ouverture de l&rsquo;entreprise au dialogue. Il reste que n&rsquo;étaient envisagées queles questions qui concernaient les salariés,sous-entendu les conditions de vie dans l&rsquo;entreprise. On est en train de franchir une étape avec la possibilité de s&rsquo;exprimer sur des choix qui auront peut-être des répercussions sur ces conditions de travail, mais qui concernent au premier chef la conduite de l&rsquo;entreprise elle-même, cf. le numéro spécial de D.soc. mai 1982, particulièrement G.Bélier : Droit disciplinaire et citoyenneté dans l&rsquo;entreprise dans la réforme des droits des travailleurs, et p.414 ; à rapprocher du pouvoir d&rsquo;alerte et d&rsquo;investigation du comité d&rsquo;entreprise qui a connaissance de faits de nature à affecter la situation de l&rsquo;entreprise, art. L.432-5 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-20'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-21'> CA Versailles 7 oct.1998, 11ème ch., Giacometti, RJS 8-9/99 n°1194 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-21'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-22'> Cass.soc.14 déc.1999, RJS n°2/00 n°192 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-22'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-23'> On mesure le chemin parcouru depuis un arrêt du 28 avril 1994 :  » Mais attendu que le droit d&rsquo;expression des salariés sur le contenu, les conditions d&rsquo;exercice et l&rsquo;organisation de leur travail s&rsquo;exerce seulement dans le cadre de réunions collectives organisées sur les lieux et pendant le temps de travail ; que l&rsquo;envoi d&rsquo;une lettre par un salarié à son employeur ne peut légalement constituer l&rsquo;usage de ce droit d&rsquo;expression « , Cass. Soc. Bull. Vème Partie, n°159 ; on le mesurera aussi en lisant l&rsquo;article de R.Vatinet, L&rsquo;expression des salariés, in Les transformations du droit du travail, Etudes offertes à G.Lyon-Caen, 1989 p.395 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-23'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-24'> Dans le cas d&rsquo;un journaliste réalisateur d&rsquo;émissions de télévision, la CEDH a au contraire admis que, dans le contexte particulier d&rsquo;un conflit du travail doublé d&rsquo;un débat public passionné sur la télévision publique, les critiques du salarié, même émaillées de propos grossiers et impolis revêtaient un intérêt général. Dès lors le licenciement était disproportionné, CEDH 29 fév.2000, Fuentes Bobo c/ Espagne, Dalloz 2001 n°7, 576, note J-P.Marguenaud et J.Mouly <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-24'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-25'> RJS 2/00 p.128 et 129 ; cf. J -C.Javillier : L&rsquo;obligation de loyauté des cadres, Dr. ouvrier 1977, 133 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-25'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-26'> A.Gardir : Une illustration de l&rsquo;insubordination du salarié : le refus d&rsquo;exécuter une tâche. D.soc. 4 avr.1996, p.363 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-26'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-27'> Cass.soc.25 janv.2000, F-J.Pansier : Liberté d&rsquo;expression du salarié et instance d&rsquo;énonciation, Les cahiers sociaux du Barreau de Paris, n°119, 2000 p.499 ; dans le même sens, la Cour d&rsquo;appel de Paris estime qu&rsquo;un cadre qui explique en termes mesurés à ses supérieurs hiérarchiques que certains éléments extérieurs à son secteur nuisent à son bilan d&rsquo;activité, est dans le cadre de l&rsquo;exercice normal du droit d&rsquo;expression individuel, CA Paris, 8 octobre 1998, Robert, RJS 8-9/99 n°1193 ; cf. toutefois, mais la décision est antérieure, la chambre sociale retient l&rsquo;atteinte à l&rsquo;autorité des dirigeants et à la bonne marche de l&rsquo;entreprise, Mme F. ayant dénigré plusieurs d&rsquo;entre eux devant deux médecins entretenant des rapports professionnels avec le laboratoire qui l&#8217;employait : Cass.soc.27 mai 1992, n°90-43183 ; cf. aussi une enseignante qui porte à la connaissance de ses collègues les différends qui l&rsquo;opposaient à la direction, Versailles 4 mai 1993, RJS 7/93 n°824, cf. M.Buy : Libertés individuelles des salariés et intérêts de l&rsquo;entreprise, un conflit de logiques, in Les droits fondamentaux des salariés face aux intérêts de l&rsquo;entreprise, Colloque du 20 mai 1994, PUAM p.9 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-27'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-28'> Cass.soc.14 mars 2000, Pitron c/ Cuneaz, RJS 4/00 p.283 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-28'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-29'> La faute grave ne fut pas admise à propos du refus d&rsquo;un salarié d&rsquo;exécuter des instructions contraires à l&rsquo;intérêt du client, Cass.soc. 7 déc.1989, SARL La clé enchantée, c.Keumunian, Jurisclasseur travail, vol.IV, fasc.30-60, 1993 ; le mandataire a le devoir de désobéir à un ordre injuste de son mandant, faute de voir sa responsabilité engagée, A.Sériaux : Contrats civils, PUF, droit fondamental, 2001 p.348 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-29'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-30'> A rapprocher de l&rsquo;article d&rsquo;A.Supiot : Le travail et l&rsquo;opposition public/privé, qui aborde à la marge la question de l&rsquo;environnement dans le II, Travail et intérêt général, un lien à redéfinir, in Le travail en perspective sous la dir. d&rsquo;A.Supiot, LGDJ 1998 p.340 sv. Sur la question générale de la sécurité et de l&rsquo;entreprise, cf. H.Seillan : L&rsquo;obligation générale de sécurité du chef d&rsquo;entreprise, Dalloz 1981, particulièrement p.303 et sv. <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-30'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-31'> A.Cœuret et E.Fortis : Droit pénal du travail, Litec, 1998. Les auteurs font remarquer que cette responsabilité si spéciale n&rsquo;est pourtant pas expressément organisée par le code du travail. Il n&rsquo;est que certaines dispositions spécifiques, en matière de transport par exemple, qui incriminent  » toute personne qui, chargée à un titre quelconque de la direction ou de l&rsquo;administration de toute entreprise ou établissement a, soit contrevenu par un acte personnel, soit en tant que commettant laissé contrevenir par toute personne relevant de son autorité ou de son contrôle à la présente ordonnance en ne prenant pas les dispositions de nature à en assurer le respect « . Ils font remarquer que c&rsquo;est donc bien l&rsquo;autorité et le contrôle qui déclenchent la responsabilité pénale. <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-31'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-32'> Cass.soc.11 juin 1998 n°96-42-244 ; Cass.soc.4 mars 1998 n°95-44-690 ; CE 12 nov.1990, AJDA 1991, 484, observ. X.Pretot ; CA Rouen, 3 mars 1987, Jp.Soc. UIPP n°88-503 p.244 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-32'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-33'> Cass.soc.17 juin 1998, n°96-42.328, Lamy social, cahiers de jurisprudence 2000 n°4744 ; c&rsquo;est presque de manière inverse que l&rsquo;on admet que le juge doit  » vérifier que des considérations d&rsquo;intérêt général ne s&rsquo;opposent pas au licenciement « , note A.Lyon-Caen, sous Cass.soc.13 oct.1977, D.1978 II p.350 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-33'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-34'> A.Gardir : Une illustration de l&rsquo;insubordination du salarié : le refus d&rsquo;exécuter une tâche. D.soc. 4 avril 1996 p.363 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-34'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-35'> A.Cœuret : Infractions aux règles d&rsquo;hygiène et de sécurité du travail, délégation de pouvoirs et mise en danger, D.soc. n°4-1995 p.344 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-35'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-36'> cf. M-A.Hermitte et C.Noiville, op.cit. note 22 ; la suspicion s&rsquo;est révélée non fondée, mais à l&rsquo;époque de la dénonciation on n&rsquo;avait pas de certitudes <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-36'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-37'> L&rsquo;affaire de Fumel, action délictueuse ou citoyenne ? Préventique n°47-1999, il faudrait dire délictueuse et citoyenne&#8230; <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-37'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-38'> Libération, Le croisade d&rsquo;A.Cicolella contre les solvants, Vendredi 10 novembre 2000 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-38'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-39'> Cela a été demandé sans succès dans deux rapports, celui de P.Kourilsky et G.Viney d&rsquo;une part, celui de O.Grzegrzulka et A.Aschiéri, Propositions pour un renforcement de la sécurité sanitaire environnementale, Rapport au premier ministre, 16 novembre 1998. Les cas de conflit sont sûrement moins rares que ce qui apparaît officiellement ; cf. le licenciement suivi de réintégration d&rsquo;E.Imbernon de la division des études épidémiologiques d&rsquo;EDF, Le Monde 19 mars 1997, sans parler d&rsquo;A.Nikitine qui avait été poursuivi en Russie pour avoir divulgué des informations secrètes sur l&rsquo;état des sous-marins nucléaires russes à une organisation écologistes norvégienne, ou encore T.Fronte, ingénieur licencié d&rsquo;une filiale de Framatome pour insuffisance professionnelle quand il a dénoncé des problèmes de fiabilité d&rsquo;un système d&rsquo;étanchéité de certaines centrales nucléaires, cf. Le Monde 24 mai 2000 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-39'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-40'> Position commune arrêtée par le Conseil le 18 juin 2001, JOCE du 20 août 2002 C 197 E/16. Le projet de directive concernant les comptes rendus d&rsquo;évènements dans l&rsquo;aviation civile fait remarquer que les accidents sont presque toujours précédés de défaillances qu&rsquo;il est nécessaire de mieux prendre en compte en obligeant à les consigner et en assurant un échange d&rsquo;informations. Mais ces informations sont très sensibles et il est donc nécessaire de protéger les sources pour donner au personnel la confiance requise. Les Etats seraient donc obligés de protéger, contre leurs employeurs, les salariés qui rendent compte de tels évènements (art.8-3) <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-40'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-41'> Droit du travail et droit de l&rsquo;environnement. SFDE-LITEC, 1994. Cf.. particulièrement l&rsquo;article de P.Bobe, qui fait part de l&rsquo;opposition de la CFDT à la création d&rsquo;une instance spécifique pour régler les problèmes d&rsquo;environnement dans l&rsquo;entreprise, ce qui faciliterait pourtant les choses, mais préconise effectivement le droit d&rsquo;intervention des salariés, ce qui les laisse tout de même plus isolés, et mieux, l&rsquo;octroi d&rsquo;un  » statut  » à la protection de l&rsquo;environnement dans les conventions collectives, p.62. <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-41'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-42'> A.Supiot, même ouvrage <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-42'>&#8629;</a></span></li>
<li id='marker-1653-43'> On peut citer le négationnisme comme exemple d&rsquo;utilisation abusive de la liberté d&rsquo;expression des chercheurs, cf. la révocation de S.Thion, chargé de recherche au CNRS, en date du 4 octobre 2000, pour avoir manqué à l&rsquo;obligation de réserve par la remise en cause de l&rsquo;existence des crimes commis contre l&rsquo;humanité … « , Le Monde, 27 oct.2000 ; J-F.Gayraud : La dénonciation, PUF, Politique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, 1995 ; D.Lochak : La dénonciation, stade suprême ou perversion de la démocratie, in L&rsquo;Etat de droit, Mélanges Braibant, Dalloz, 1993 <span class='returnkey'><a href='#markerref-1653-43'>&#8629;</a></span></li>
</ol>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/sante-publique-et-droit-du-travail/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Débat : Santé et environnement : quelles expertises, quelles alertes ?</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-sante-et-environnement-quelles-expertises-quelles-alertes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2005 10:09:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[André Cicolella]]></category>
		<category><![CDATA[Francis Chateauraynaud]]></category>
		<category><![CDATA[Lanceur d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Méneton]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://sciencescitoyennes.org/?p=2097</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre du cycle 2005 Cit&#233;D&#233;bats &#8211; Malades de la civilisation : comment changer d&#8217;&#232;re ? &#8211; La Cit&#233; internationale universitaire de Paris &#38; l&#8217;Association VivAgora vous invitent &#224; la conf&#233;rence-d&#233;bat sur le th&#232;me : &#171;&#160;Sant&#233; et environnement : quelles expertises, quelles alertes ?&#160;&#187;le mercredi 18 mai 05 &#8211; de 11h &#224; 13h, &#224; [&#8230;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-sante-et-environnement-quelles-expertises-quelles-alertes/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="rss_texte">Dans le cadre du cycle 2005 CitéDébats &#8211; Malades de la civilisation : comment changer d&rsquo;ère ? &#8211; <span class="spip">La Cité internationale universitaire de Paris &amp; l&rsquo;Association VivAgora</span> vous invitent à la conférence-débat sur le thème : « Santé et environnement : quelles expertises, quelles alertes ? »<span id="more-2097"></span>le mercredi 18 mai 05 &#8211; de 11h à 13h, à la Cité internationale universitaire de Paris</p>
<p class="spip">A l&rsquo;occasion du livre <strong class="spip"><a class="spip_out" href="https://sciencescitoyennes.org/article.php3?id_article=1313">« Alertes Santé : experts et citoyens face aux intérêts privés »</a> </strong>par <strong class="spip">André Cicolella</strong> &amp; <strong class="spip">Dorothée Benoit Browaeys</strong></p>
<p class="spip">des rapports de l&rsquo; Office parlementaire des choix scientifiques et techniques (OPECST) et des Inspections générales sur le bilan des lois de 1998 et 2001 à propos des agences de sécurité sanitaire</p>
<hr class="spip" />
<p class="spip"><strong class="spip">Programme :</strong></p>
<p class="spip">11h00 &#8211; <strong class="spip">Introduction</strong></p>
<p class="spip">Nouveaux défis en sécurité sanitaire par <strong class="spip">Joël Menard</strong>, <em class="spip">professeur de Santé publique (Inserm ERM202 &#8211; Paris V), ancien Directeur Général de la Santé</em></p>
<p>Enjeux de l&rsquo;alerte par <strong class="spip">Francis Chateauraynaud</strong>, <em class="spip">sociologue (EHESS) co-auteur du livre « Les sombres précurseurs, une sociologie pragmatique de l&rsquo;alerte et du risque », Éditions de l&rsquo;EHESS</em>.</p>
<p class="spip">11h30-12h15 &#8211; <strong class="spip">Alertes en santé</strong></p>
<p class="spip">Présentation du livre « Alertes Santé : experts et citoyens face aux intérêts privés » par <strong class="spip">André Cicolella</strong> &amp; <strong class="spip">Dorothée Benoit Browaeys</strong></p>
<p>Témoignages de Lanceurs d&rsquo;alerte<br />
<strong class="spip">Pierre Meneton</strong>, <em class="spip">spécialiste des maladies cardiovasculaires (Laboratoire Physiologie et pathologie expérimentale vasculaire, Inserm U367)</em><br />
<strong class="spip">Jacques Poirier</strong>, <em class="spip">ancien directeur, chargé de la sécurité sanitaire des médicaments chez Aventis-Pharma (devenu Sanofi-Aventis)</em></p>
<p class="spip">12h15 &#8211; <strong class="spip">Débat &#8211; Protéger l&rsquo;alerte et garantir l&rsquo;expertise collective. Comment ?</strong></p>
<p class="spip">animé par<br />
<strong class="spip">Anne-Catherine Husson</strong> , <em class="spip">directrice éditoriale de Novethic</em></p>
<p class="spip">avec</p>
<p><strong class="spip">Claude Saunier</strong>, <em class="spip">sénateur PS (Côtes d&rsquo;Armor), membre de l&rsquo;OPECST</em></p>
<p><strong class="spip">Joao Viegas</strong>, <em class="spip">avocat, co-auteur du rapport « Déclencher l&rsquo;alerte : comment la favoriser et l&rsquo;encadrer » présenté par Tranparence-France en oct 04</em>.<br />
<strong class="spip">Didier Tabuteau</strong> (sous réserve), <em class="spip">Directeur général de la Fondation Caisses d&rsquo;épargne pour la solidarité et ancien Directeur AFSSAPS</em>,</p>
<p class="spip">13 h &#8211; <strong class="spip">Buffet</strong></p>
<hr class="spip" />
<p class="spip">Inscription : <a class="spip_out" href="mailto:communication@ciup.fr">communication@ciup.fr</a></p>
<p class="spip">Cité internationale de Paris (17 bld Jourdan, 14eme] _ Maison internationale, salon Honnorat<br />
ACCES : RER B (Cité internationale) ou métro Ligne 4 -Porte d&rsquo;Orléans.</p>
</div>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/debat-sante-et-environnement-quelles-expertises-quelles-alertes/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mettre les sciences en démocratie</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/mettre-les-sciences-en-democratie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2004 10:18:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits d'intérêts]]></category>
		<category><![CDATA[Conventions de citoyens]]></category>
		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
		<category><![CDATA[Lobbying]]></category>
		<category><![CDATA[Manipulation du vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche participative]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest (A.C.R.O.)]]></category>
		<category><![CDATA[Boutique des sciences]]></category>
		<category><![CDATA[Chercheurs engagés]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Bonneuil]]></category>
		<category><![CDATA[Commission Nationale du Débat Public (CNDP)]]></category>
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		<category><![CDATA[Etats généraux sur l'avenir de la recherche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Christophe Bonneuil est chercheur en histoire des sciences au Cnrs et membre de la Fondation Sciences Citoyennes. Yves Sintomer est professeur de sociologie &#xE0; l&#x2019;Universit&#xE9; de Paris 8- St.-Denis et sp&#xE9;cialiste de l&#x2019;espace public. Ils retracent les transformations des rapports entre science et soci&#xE9;t&#xE9; depuis un si&#xE8;cle et radiographient la difficile &#xE9;mergence de la soci&#xE9;t&#xE9; [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/mettre-les-sciences-en-democratie/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Christophe Bonneuil est chercheur en histoire des sciences au Cnrs et membre de la Fondation Sciences Citoyennes. Yves Sintomer est professeur de sociologie à l&rsquo;Université de Paris 8- St.-Denis et spécialiste de l&rsquo;espace public. Ils retracent les transformations des rapports entre science et société depuis un siècle et radiographient la difficile émergence de la société civile comme acteur central de la gouvernance de la recherche, à laquelle l&rsquo;ouvrage de Richard Sclove est une contribution.<span id="more-1878"></span></p>
<p class="spip">Richard Sclove s&rsquo;inscrit dans une tradition de penseurs pour qui les techniques ne sont pas que techniques. Comme Mumford, Ellul, Illich, Roqueplo ou Winner avant lui (1), il s&rsquo;intéresse à la façon dont les techniques cristallisent des rapports sociaux et contribuent à leur reproduction en les incarnant dans des configurations matérielles qui ont une force d&rsquo;inertie propre. La chaîne et l' »organisation scientifique du travail », développées en réponse au pouvoir ouvrier, ont instauré l&rsquo;univers du travailleur interchangeable, déqualifié et subordonné. De même, l&rsquo;innovation agronomique a-t-elle souvent contribué à déplacer l&rsquo;essentiel de la valeur ajoutée de l&rsquo;exploitation agricole vers son amont ou son aval industriel, et à placer les agriculteurs &#8211; en nombre décroissant &#8211; en position subordonnée. Même sans intentionnalité consciente, les choix techniques d&rsquo;une génération influencent profondément la vie des générations suivantes. Ainsi le choix du tout automobile il y a un demi-siècle est-il aujourd&rsquo;hui indissociable de l&rsquo;essor des zones périurbaines, d&rsquo;une convivialité dégradée de la rue en ville, d&rsquo;une géopolitique mouvementée au Moyen-Orient, de la mort annuelle de 8000 accidentés en France et d&rsquo;une partie du réchauffement planétaire. Les systèmes techniques sont des structures politiques en ce sens qu&rsquo;ils ouvrent et contraignent les choix de vie et d&rsquo;organisation qu&rsquo;une société peut se donner. Pourtant, ils échappent au politique. Entre marché, chercheurs et bureaucrates, les principaux choix scientifiques et technologiques se font hors du cadre de fonctionnement de nos démocraties représentatives, ce qui ampute significativement notre capacité de production collective d&rsquo;un monde commun, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;essence même de la démocratie.</p>
<p class="spip">Un itinéraire original, un contexte nouveau</p>
<p class="spip">Réintégrer l&rsquo;élaboration des choix techniques et scientifiques au sein de la sphère démocratique, telle est la perspective de ce livre, qui mêle les analyses les plus fouillées (tel le chapitre 4 critiquant les analyses économiques standards de l&rsquo;innovation) et les propositions les plus concrètes (comme dans le chapitre 6). C&rsquo;est que Richard Sclove n&rsquo;est pas homme à se contenter du surplomb de la critique intellectuelle de la technique. Il agit depuis plus de quinze ans pour une science citoyenne et une technologie démocratique (2). Après des études d&rsquo;ingénierie nucléaire au Massachusetts Institute of Technology (MIT), il participe à des travaux de prospective énergétique. Insatisfait de l&rsquo;étroitesse des méthodes d&rsquo;évaluation des technologies alors en vigueur, il décide de consacrer une thèse de science politique à leur enrichissement. « Aucun pays sur terre ne possède un système effectif pour prendre en compte les effets profonds exercés par les technologies sur les structures sociales et politiques, notamment sur les institutions et valeurs démocratiques fondamentales », constate-t-il. La recherche de meilleurs systèmes (alliant concepts, critères et dispositifs) anime sa recherche. Après des années passées dans la communauté universitaire, au carrefour des sciences sociales, des sciences économiques et des « Science and Technology Studies » (STS), il s&rsquo;irrite de la tendance des sociologues des sciences à ne pas tirer les conséquences pratiques de leurs recherches et à rester dans les joutes intellectuelles. Alors que le domaine des études technologiques et scientifiques, initialement très en prise avec les mouvements critiques (féminisme, mouvements de responsabilité scientifique, boutiques de sciences, écologie), s&rsquo;institutionnalise dans les années 1980 et 1990 et établit des frontières plus étanches avec les acteurs scientifiques et militants, Sclove entreprend au contraire de le repolitiser. Puisque les STS glosent sur la « construction sociale des sciences et des technologies », pourquoi ne pas tirer parti de cette analyse et mettre les mains de la démocratie dans la caisse à outils de l&rsquo;innovation technologique ?</p>
<p class="spip">C&rsquo;est dans ce but qu&rsquo;il fonde le Loka Institute à Amherst (Massachusetts, Etats-Unis) en 1987. Cette organisation non gouvernementale se propose de soutenir des centres de recherche citoyenne (Community-based Research Centers &#8211; voir les fiches) existant dans quelques villes américaines, d&rsquo;introduire des critères sociaux et environnementaux dans la distribution des budgets fédéraux de recherche, et de promouvoir des méthodes participatives de délibération dans l&rsquo;Office Fédéral d&rsquo;Evaluation des Technologies et dans toutes les instances de pilotage de la recherche. Entre 1992 et 1994, Sclove collabore activement avec George Brown, président de la commission de la recherche scientifique au Congrès, et porte la bonne parole auprès de fonctionnaires fédéraux. En 1994, il crée la Fédération des Activistes de la Science et de la Technologie et, deux ans plus tard, joue un rôle majeur dans la naissance du Community-based Research Network, qui fédère de nombreuses initiatives de recherche citoyenne aux Etats-Unis. Ce réseau est aujourd&rsquo;hui solide et reconnu, au point que certains projets de recherche participative ont été financés par des organismes de recherches fédéraux tels les NIH (Instituts Nationaux de Santé). Dans le même temps, Sclove se lie avec les responsables de l&rsquo;Office danois d&rsquo;évaluation des technologies et s&rsquo;intéresse aux « conférences de consensus » que l&rsquo;Office a mis en place depuis le milieu des années 1980 : des groupes délibératifs de simples citoyens, généralement tirés au sort, travaillent sur plusieurs week-end, auditionnent des experts, délibèrent et rendent leurs propres recommandations (voir la fiche consacrée aux conférences de consensus). Il organise en 1997 la première conférence de consensus aux Etats-Unis, sur les autoroutes de l&rsquo;information, puis devient consultant de la commission européenne dans le cadre du « European Awareness Scenario Workshop Program ». Celui-ci vise à préparer la transition au développement durable par la méthodologie des ateliers scénario, dispositifs inspirés des conférences de citoyens mais où la réflexion des participants est stimulée par la présentation de plusieurs scénarii alternatifs ouvrant l&rsquo;espace des futurs socio-techniques possibles (voir la fiche sur les ateliers scénario). Actuellement, Richard Sclove copilote dans une ville voisine de Boston un projet d&rsquo;atelier scénario, le premier aux Etats-Unis, avec le soutien la National Science Foundation. Voilà donc un parcours intellectuel où la réflexion théorique s&rsquo;est trouvée considérablement enrichie par l&rsquo;expérience pratique.</p>
<p class="spip">Cette richesse se retrouve dans l&rsquo;ouvrage. Comme Rawls, qu&rsquo;il cite, Sclove se concentre sur un modèle idéal plutôt que sur les tendances structurelles d&rsquo;évolution des sociétés contemporaines, et il donne peu d&rsquo;éléments qui permettraient de comprendre comment la démocratie technique qu&rsquo;il appelle de ses vœux pourrait s&rsquo;imposer dans le monde face aux obstacles qu&rsquo;elles rencontrent (logiques technicistes, logiques de profit, logiques de puissance…). Cependant, la conception même de l&rsquo;idéal est chez lui nourrie d&rsquo;expériences pratiques (auxquelles il a souvent participé comme acteur de premier plan). Les nombreux cas concrets qu&rsquo;il discute ont en cela une valeur qui dépasse celle de l&rsquo;exemplification, et ils donnent en même temps un aperçu des évolutions historiques en cours, dont on pressent qu&rsquo;elles sont majeures.</p>
<p class="spip">Il y quelques années encore, les analyses de Richard Sclove n&rsquo;auraient rencontré en France qu&rsquo;un faible écho. La « démocratie forte » dans laquelle il propose d&rsquo;insérer la gouvernance de l&rsquo;innovation technologique aurait été assimilée à une queue de comète des utopies autogestionnaires des années 1970 et aurait été considérée comme particulièrement incongrue pour des questions techniques requérant une expertise qui ne s&rsquo;épanouit qu&rsquo;à l&rsquo;abri des bruits de la société. L&rsquo;idée de permettre, par des dispositifs de délibération adaptés, à de simples citoyens de formuler des recommandations sur un choix technologique ou sur l&rsquo;orientation de l&rsquo;innovation techno-scientifique restait profondément étrangère à notre culture hexagonale, aussi colbertienne que cartésienne.</p>
<p class="spip">Pourtant, la délibération participative qui s&rsquo;opère au-delà des assemblées élues ne devient-elle pas une source croissante de légitimité de l&rsquo;action publique dans nos démocraties contemporaines (3) ? Les enjeux à forte dimension technique, loin d&rsquo;échapper à cette mutation, en sont les moteurs (4). Avec un léger retard sur nos voisins européens, la France a en effet vu fleurir ces dernières années dans ce domaine moult débats publics (5), « grands débats » (celui sur l&rsquo;énergie début 2003 étant le dernier en date), conférences de citoyens (sur les OGM en 1998, sur le changement climatique début 2002), États-Généraux (de l&rsquo;alimentation, de la santé), évaluation participative des technologies (projet vigne de l&rsquo;Institut national de la recherche agronomique en 2001-2003), et autres forums hybrides associant des représentants de « groupes concernés » (victimes, malades, riverains, écologistes) au travail des experts (commission Sugier, négociation des protocoles thérapeutiques des molécules anti-sida, etc.). Un concert de voix s&rsquo;élève pour appeler à une entrée de la technique, de l&rsquo;expertise et de la science en démocratie. De tous côtés, on ne parle plus que de débat, de consultation, de concertation, de gouvernance, de « science citoyenne ». Ces discours, autrefois iconoclastes, émanent aujourd&rsquo;hui de ministres, de managers d&rsquo;entreprises, de directeurs d&rsquo;organismes de recherche, qui reconnaissent que bien des questions techniques auparavant traitées par un cercle restreint de chercheurs, d&rsquo;experts, d&rsquo;industriels et de hauts fonctionnaires sont en fait des choix sociétaux qui relèvent du débat politique.</p>
<p class="spip">C&rsquo;est dans ce nouveau contexte que l&rsquo;ouvrage de Richard Sclove prend tout son sens et qu&rsquo;il mérite une large discussion. Mais avant de souligner ce qu&rsquo;il peut apporter à notre réflexion, revenons sur la signification historique et l&rsquo;ampleur de cette mutation récente des rapports entre sciences et techniques, espace public et action publique. Une révolution est en marche dans le rôle et l&rsquo;insertion des sciences et des techniques dans la société. Pour synthétiser les analyses de Gibbons, Nowotny, Beck, Callon et leurs collègues, on soulignera trois évolutions majeures (6).</p>
<p class="spip">Premièrement, au niveau des modes de production des savoirs, on passe d&rsquo;une science largement autorégulée par la communauté scientifique, avec ses critères d&rsquo;excellence propres et fortement soutenue par un Etat entrepreneur de science, qui caractérisa en particulier les « Trente glorieuses », à un pilotage accru de la recherche par les acteurs économiques et par le marché (7). Si la mobilisation des sciences et techniques par les entreprises privées n&rsquo;est pas nouvelle, la balance a profondément oscillé. Depuis 25 ans, la prolifération des start up adossées sur des laboratoires universitaires, financées par le capital-risque et brevetant les savoirs et le vivant, constitue le cœur et l&#8217;emblème de ce nouveau système.</p>
<p class="spip">Deuxièmement, une nouvelle forme de conflictualité sociale s&rsquo;affirme, centrée sur les questions de risque (Beck parle du passage de la société industrielle à la société du risque). Cette sensibilité grandissante à ce qui était autrefois vu comme de mineurs « effets secondaires » du progrès traduit plus profondément une distanciation de la société par rapport à une idéologie du progrès qui allait largement de soi &#8211; et qui était en France un ciment de la République. Alors que la critique de cette idéologie était autrefois le fait des couches sociales condamnées au déclin par la modernité, elle émane aujourd&rsquo;hui des classes qui la portent, notamment en milieu urbain (8). Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;équation faite par Condorcet et les Lumières entre progrès de la connaissance, progrès matériel et progrès humain et moral n&rsquo;est plus une évidence. Au moment où la puissance de l&rsquo;activité technique humaine a envahi la biosphère tout entière, où la nature ne peut plus se concevoir comme un autre de notre civilisation (à asservir ou à chérir, deux faces d&rsquo;une même médaille) mais comme une techno-nature dont le destin (donc celui des générations futures) est lié à nos choix de vie et de développement, le projet moderniste &#8211; formulé dès Descartes et Bacon &#8211; de maîtrise du monde par la science n&rsquo;est plus soutenable. Il cède la place à une aspiration sociale nouvelle, qui est moins de maîtrise absolue &#8211; car l&rsquo;action humaine entraîne d&rsquo;autant plus de conséquence non désirées qu&rsquo;elle s&rsquo;effectue dans un monde incertain &#8211; que de choix réfléchis sur les potentiels, les risques et les scénarios alternatifs qu&rsquo;implique le développement des sciences et des technologies. Après l&rsquo;ère de la maîtrise de la nature, vient l&rsquo;ère de la maîtrise de cette maîtrise. Des idées telles que l&rsquo;autolimitation et le principe de précaution n&rsquo;en sont que les exemples les plus connus.</p>
<p class="spip">Troisièmement, on assiste depuis quelques années à une implication accrue de « profanes » (c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;acteurs qui ne sont pas des scientifiques ou techniciens professionnels) dans la gouvernance de la recherche et l&rsquo;innovation. Alors que celle-ci était autrefois monopolisée dans le triangle chercheurs/décideurs étatiques/entrepreneurs, elle s&rsquo;opère de plus en plus dans des « forums hybrides » incluant d&rsquo;autres types d&rsquo;acteurs (élus locaux, juges, associations de malades, de consommateurs ou de défense de l&rsquo;environnement, etc.). Les mobilisations et initiatives citoyennes de ces dernières années sur des enjeux tels que les organismes génétiquement modifiés, les déchets et rejets nucléaires, Internet, la trithérapie anti-sida et l&rsquo;accès aux soins, l&rsquo;amiante, les pollutions chimiques, etc., témoignent du passage d&rsquo;un rapport de délégation à une demande de participation et de l&rsquo;émergence dans la société civile de nouvelles formes d&rsquo;appropriation et de production des savoirs.</p>
<p class="spip">Au total, le processus d&rsquo;autonomisation de la science, que Weber avait diagnostiqué et dont Bourdieu avait fait l&rsquo;une des pierres de touche des sociétés modernes (9), est donc loin d&rsquo;être linéaire et apparaît à la fois complexe et partiellement réversible. « La science telle qu&rsquo;elle se fait » n&rsquo;a jamais été réduite aux procédures de validation de la vérité des résultats scientifiques par les pairs (10). L&rsquo;orientation de la recherche et la configuration des découvertes technologiques (pour ne pas parler des usages sociaux des sciences et des techniques) sont profondément influencés par des acteurs non scientifiques : entreprises, Etat, associations et simples citoyens… La nouveauté à cet égard, c&rsquo;est un retrait relatif de l&rsquo;Etat, un poids accru de l&rsquo;économie privée et un engagement croissant des citoyens-usagers dans les innovations scientifiques et technologiques. Le caractère contradictoire de cette évolution incite à adopter normativement une attitude beaucoup plus offensive que la simple défense de l&rsquo;autonomie du champ scientifique face aux impératifs du profit ou de la bureaucratie politique et à défendre une véritable interaction entre « chercheurs en laboratoires » et « chercheurs en plein air » (11). C&rsquo;est dans cette voie que la contribution de Sclove est précieuse.</p>
<p class="spip">La « société du progrès » au XXe siècle : prééminence d&rsquo;un Etat nation guerrier, scientiste et social (12)</p>
<p class="spip">Prenons un peu de recul pour mieux saisir ces transformations en cours et considérons ce XXe siècle qui commence vers 1870 (avec en France la création de la Troisième République et, au-delà, l&rsquo;avènement de la deuxième révolution industrielle et d&rsquo;un monde marqué par l&rsquo;affrontement expansionniste des Etats-nations européen) et s&rsquo;achève au tournant des années 1970 et 1980 (avec la fin de la guerre froide, l&rsquo;écroulement du système communiste et l&rsquo;avènement d&rsquo;une mondialisation libérale qui érode les régulations nationales). Ce vingtième siècle est celui de l&rsquo;affirmation et du développement de l&rsquo;Etat-nation. C&rsquo;est un Etat guerrier (c&rsquo;est le siècle des guerres de masse), un Etat social (avec la naissance de l&rsquo;Eta providence et de politiques de protection, de redistribution et d&rsquo;intervention économiques qui font de l&rsquo;Etat-nation le cadre privilégié de régulation du capitalisme), un Etat paternaliste (il est d&rsquo;abord le fait d&rsquo;hommes et, si les citoyens sont protégés, ils sont aussi largement mis sous tutelle) et un Etat scientifique (qui met le développement de la recherche au cœur de son agenda politique et qui devient un entrepreneur majeur de science). Les sciences et les techniques sont soutenues et mobilisées comme jamais par l&rsquo;Etat et par les acteurs industriels : développement des instituts techniques universitaires et des écoles d&rsquo;ingénieurs fin XIXe, développement de la recherche industrielle début XXe, essor massif de la recherche-développement pendant les « Trente glorieuses » et la guerre froide. Tous les aspects de la vie sociale sont touchés par cette mobilisation de la science pour rationaliser la société : organisation scientifique du travail dans les usines, apports de la microbiologie, de la génétique et des statistiques aux nouvelles politiques de santé publique, scientifisation de la guerre (depuis les gaz chimiques de la Première Guerre mondiale et de la Shoah à la bombe atomique ou aux outils mathématisés de la recherche opérationnelle et des simulations), rôle des sciences dans la sélection des élites de la République et dans son assise idéologique. En échange de cette contribution des sciences à la maîtrise des choses et des humains, les scientifiques ont pu gagner une position sociale forte, une professionnalisation massive et une certaine autonomie, qui ont amené certains chercheurs &#8211; tel Vanevar Bush en plein effort scientifique de guerre froide &#8211; à proclamer leur indépendance et la neutralité de la science, vue comme l&rsquo;amont de toute application et comme surplombant toute valeur.</p>
<p class="spip">La science pénètre également la vie quotidienne et les identités collectives. Le vingtième siècle est marqué par l&rsquo;entrée des pays industrialisés dans la consommation de masse et par l&rsquo;accès de chacun à une kyrielle d&rsquo;artéfacts techniques (tels que l&rsquo;électricité, le téléphone, la télévision, les antibiotiques, l&rsquo;automobile, la naissance médicalisée, les appareils ménagers ou l&rsquo;ordinateur) et à des produits culturels de masse à base de science (13) (tels que les musées scientifiques, les expositions universelles, les médias écrits ou audiovisuels de vulgarisation scientifique ou la publicité en blouse blanche).</p>
<p class="spip">Bénéficiant de ces progrès matériels, les citoyens consentent tacitement à ne pas piloter eux-mêmes la science, à reconnaître l&rsquo;existence d&rsquo;une frontière entre science et société profane, à laisser faire les savants qui négocient leurs innovations avec les décideurs étatiques incarnant la volonté générale (via la délégation du suffrage universel) et les décideurs économiques (supposés traduire la demande des consommateurs). Existe donc entre science et société un rapport de délégation très net (Ulrich Beck parle de « scientisation primaire »). On délègue un pouvoir d&rsquo;orientation de l&rsquo;innovation en échange de la perspective d&rsquo;une élévation du bien-être matériel de tous, ce que les économistes de la régulation, partant des enjeux d&rsquo;organisation « scientifique » du travail (comme expropriation des savoirs ouvriers (14)) et de régulation publique de l&rsquo;économie, appellent le « compromis fordiste ».</p>
<p class="spip">Cette délégation doit se comprendre dans les pays industrialisés au regard des retours obtenus en terme de consommation (dont la répartition sociale était rendue possible pendant les « Trente glorieuses » par un partage honorable de la plus-value entre travail et capital sous l&rsquo;égide d&rsquo;un Etat redistributeur), mais aussi dans un contexte culturel plus large d&rsquo;adhésion généralisée à une idéologie du progrès, un progrès dont la science est posée comme la source. Il convient de rappeler combien, faisant leur l&rsquo;équation des Lumières entre progrès des sciences, progrès matériel et émancipation sociale, les républicains des premières décennies de la Troisième République invoquent la science dans la construction idéologique de la légitimité du régime républicain. Vouée à un culte national, la science apparaît comme l&rsquo;assise du nouveau régime face à la religion, pilier de l&rsquo;Ancien régime. Les savoirs et les « mérites » sont mis en avant comme critères de hiérarchie sociale alternatifs à la naissance et les républicains (tout comme Marx) opposent aux promesses d&rsquo;un au-delà celles d&rsquo;un paradis sur terre grâce à l&rsquo;alliance de la République, de la Science et de l&rsquo;Industrie. C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;il faut par exemple situer cette prophétie de Marcellin Berthelot, chimiste, secrétaire perpétuel de l&rsquo;Académie des Sciences et homme d&rsquo;Etat, exposant à la fin du XIXe sa vision de l&rsquo;an 2000 devant un parterre de savants et d&rsquo;industriels de la chimie : « Dans ce temps-là, il n&rsquo;y aura plus dans le monde ni agriculture, ni pâtres, ni laboureurs : le problème de l&rsquo;existence de la culture du sol aura été supprimé par la chimie. […] chacun emportera pour se nourrir sa petite tablette azotée, sa petite motte de matière grasse […], tout cela fabriqué économiquement et en quantités inépuisables par nos usines […] tout cela enfin exempt de ces microbes pathogènes, origine des épidémies et ennemis de la vie humaine […]. Dans cet empire universel de la force chimique […], la terre deviendra un vaste jardin […] où la race humaine vivra dans l&rsquo;abondance et dans la joie du légendaire âge d&rsquo;or » (15).</p>
<p class="spip">Le caractère daté de cette citation suffit à nous faire ressentir à quel point nous vivons aujourd&rsquo;hui dans un monde différent de celui de ce XXe siècle décrit plus haut. Un même sentiment nous est donné en comparant les récentes mobilisations sur le TGV Sud-Est ou le troisième aéroport avec la relative absence de controverse lors de la construction des premières centrales nucléaires dans les années 1960 ou l&rsquo;immersion de villages entiers dans les années 1950 pour construire certains barrages hydroélectriques. Le rapport de la société au « progrès » et à la science a basculé en quelques décennies.</p>
<p class="spip">La crise de la « société du progrès » : politisation et désenclavement des sciences et des techniques</p>
<p class="spip">C&rsquo;est notamment dans la foulée de 1968 qu&rsquo;un rapport fait d&rsquo;adhésion au « progrès » et de délégation cède le pas devant un mouvement de « politisation » des sciences et des techniques : des questions autrefois qualifiées de « techniques » sont désormais construites comme des enjeux de société et des thèmes d&rsquo;argumentation et de mobilisation politiques (importantes dans le cas de la défense du parc national de la Vanoise ou du mouvement antinucléaire en France entre 1973 et 1977) (16). Sont alors mis en débat public les choix techniques de l&rsquo;État et du capitalisme industriel, et le contenu même du « progrès » (17). Cette politisation des choix techniques se développe à la croisée d&rsquo;une critique intellectuelle (de la technocratie, du pouvoir de la technique, de la raison instrumentale…) (18), de mobilisations antinucléaires (19), de l&rsquo;émergence de l&rsquo;écologie et du développement d&rsquo;un militantisme de type nouveau au sein des communautés scientifiques (ailes radicales du Syndicat National des Chercheurs Scientifiques et du SNESup, CFDT, revues Impascience ou Labo-Contestation, Comité anti-amiante de Jussieu, Groupement des Scientifiques pour l&rsquo;Information sur l&rsquo;Énergie Nucléaire (20), etc.). La forme d&rsquo;engagement intellectuel héritée de l&rsquo;affaire Dreyfus et réactualisée avec l&rsquo;engagement communiste de scientifiques dans les années de guerre froide s&rsquo;appuyait sur l&rsquo;autorité de la science comme productrice de vérité et d&rsquo;objectivité. Une nouvelle génération de chercheurs engagés rompt avec cette vision et questionne la science elle-même en posant la question des dominations existantes au sein de la communauté scientifique (hiérarchies, division du travail, place des femmes, etc.) et en interrogeant la fonction jouée par la science contemporaine dans la guerre, dans la production et la légitimation d&rsquo;un « ordre social capitaliste » (21). De cette première phase de « mise en politique » de la techno-science sont nées des avancées telles que la création (en 1983, onze ans après les Etats-Unis) de l&rsquo;Office Parlementaire d&rsquo;Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST), l&rsquo;affirmation d&rsquo;une politique de « culture scientifique et technique » (Cité des Sciences et de l&rsquo;Industrie à Paris et centres régionaux, fête de la science, etc.), la reconnaissance progressive d&rsquo;un droit à l&rsquo;information et à la consultation (22). A l&rsquo;initiative de chercheurs soucieux de dialoguer avec la demande sociale et citoyenne, des boutiques de science se développent également au début des années 1980, en suivant l&rsquo;exemple hollandais (23).</p>
<p class="spip">Ces avancées restent cependant limitées. Alors que l&rsquo;Europe du Nord et l&rsquo;Amérique du Nord se dirigent vers la concertation, la plupart des avancées françaises s&rsquo;en tiennent à une « information » dans un esprit d&rsquo;instruction du public, dont les résistances sont attribuées à un déficit de connaissance scientifique (24). En janvier 1982, le Ministre de la Recherche Jean-Pierre Chevènement résume bien cette conception des rapports du public et de la science : « C&rsquo;est au prix d&rsquo;une vaste entreprise de diffusion du savoir [&#8230;] que nous pourrons faire reculer certains préjugés contre la science et la technologie, tenir en lisière les mouvements antiscience et mettre en mesure les citoyens de mieux cerner l&rsquo;importance des enjeux scientifiques et techniques » (25). De plus, cette première phase de « mise en démocratie » marque le pas dès le début des années 1980. Les sociologues Francis Chateauraynaud et Didier Torny, qui ont étudié les alertes et controverses sur l&rsquo;amiante et la radioactivité depuis 1970, ont ainsi pu parler d&rsquo;un « trou configurationnel » pour décrire la quasi-disparition de ces problèmes dans l&rsquo;espace public vers 1980 (26). Les raisons de ce reflux sont multiples : crise économique rejetant les thématiques écologistes et « post-matérialistes » au second plan, reflux des mobilisations et de la critique sociale y compris au sein des milieux scientifiques, convictions « scientistes » de plusieurs personnalités de la première gauche arrivant au gouvernement en 1981. Années fastes pour l&rsquo;effort public de recherche (budget et emploi scientifique en hausse, loi d&rsquo;orientation et de programmation, statut des chercheurs, etc.) et pour l&rsquo;ouverture de la recherche publique aux partenariats privés, les politiques scientifiques des années 1980 favorisent un certain « ré-enclavement » des institutions scientifiques visant à « protéger » le travail scientifique de l&rsquo;espace public (cf. les évolutions de l&rsquo;Institut national de la recherche agronomique &#8211; INRA &#8211; et de L&rsquo;Institut national de la santé et de la recherche médicale &#8211; INSERM &#8211; dans les années 1980, où encore la forme de délégation que traduit initialement l&rsquo;Agence Nationale de Recherche contre le Sida (27)). Confronté à un État bien plus centralisé et homogène qu&rsquo;en Allemagne ou aux Etats-Unis, le mouvement antinucléaire français décline dès 1977-78. Après 1981, il ne parvient ni à rouvrir le débat énergétique, ni à imposer une expertise pluraliste. Les institutions de culture scientifique, lancées dans un formidable esprit d&rsquo;innovation sociale, s&rsquo;enferment peu à peu dans une logique de « diffusion » sans toujours interroger les contenus de ce qui est diffusé, voire défendre leur indépendance face aux sponsors. Insuffisamment soutenues, les boutiques de science s&rsquo;essoufflent rapidement en France, alors qu&rsquo;elles prospèrent en Europe du Nord. Comme l&rsquo;a montré Christiane Restier-Melleray, dans un Parlement faible face à l&rsquo;exécutif, l&rsquo;OPECST reste sans moyen ni autorité face à la prégnance d&rsquo;un « système administratif fondamentalement technocratique » (28) caractérisé par le « tropisme de l&rsquo;État français marqué par une tendance à constituer des monopoles de l&rsquo;expertise au sein de la seule administration » (29).</p>
<p class="spip">C&rsquo;est au milieu des années 1990 (avec comme signe avant-coureur en 1986 la polémique sur les retombées radioactives de l&rsquo;accident de Tchernobyl (30)) que s&rsquo;ouvre en France une seconde phase de mise en politique de la science et la technique. Les scandales du sang contaminé, de la vache folle et de l&rsquo;amiante en sontlesdétonateurs.A la différence des mobilisations des années 1970, où les scientifiques engagés sont moteurs, ils mettent en scène un nouvel acteur collectif, les victimes, et de nouvelles arènes, l&rsquo;arène judiciaire (où se tranchent de plus en plus les controverses) et l&rsquo;arène médiatique (qui se saisit plus systématiquement de ces controverses, notamment lorsqu&rsquo;elles sont portées devant la justice). Ces crises et ces mobilisations ont forcé le désenclavement des institutions scientifique et des instances d&rsquo;expertise. Les années 1990 voient ainsi des associations de malades du Sida co-définir des protocoles d&rsquo;essai thérapeutique avec les chercheurs de l&rsquo;Agence Nationale de Recherche contre le Sida (31), des associations comme la CRII-RAD (voir la fiche qui lui est consacrée) ou l&rsquo;ACRO effectuer leurs propres mesures de radioactivité et expertiser des sites à la demande d&rsquo;associations et de collectivités locales. Dans le même temps, plusieurs comités d&rsquo;experts s&rsquo;ouvrent à des profanes représentant les syndicats, les associations écologistes ou de consommateurs (32). Enfin, les controverses publiques favorisent de nouvelles formes d&rsquo;appropriation des sciences par le public dans le feu de la controverse (avec par exemple une étonnante acculturation de certains militants associatifs aux données et travaux scientifiques).</p>
<p class="spip">Cette irruption des associations se fait d&rsquo;abord dans quelques affaires marquantes (retombées de Tchernobyl, sang, amiante, vache folle) qui sanctionnent des décideurs, des médecins et chercheurs, accusés de ne pas avoir suscité ou traité les alertes lorsqu&rsquo;il était encore temps, d&rsquo;avoir privilégié des considérations d&rsquo;ordre économique au détriment de la santé publique. Le sentiment que la science et l&rsquo;Etat manquent à leur mission fondamentale de protection des citoyens provoque un choc traumatique dans la société française (33). Celui-ci est d&rsquo;autant plus marqué qu&rsquo;il intervient dans le contexte d&rsquo;une mondialisation néo-libérale érodant les régulations fordistes nationales. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il semblait incarner l&rsquo;intérêt général et qu&rsquo;il assurait une certaine redistribution sociale que l&rsquo;Etat pouvait avec une forte légitimité piloter la recherche et l&rsquo;innovation et conduire la modernisation de la société. Dans ce nouveau contexte, la convergence entre les intérêts de l&rsquo;Etat, des salariés et de firmes soumises aux impératifs de rentabilité financière internationale paraît de plus en plus problématique. Placée devant de fortes contraintes financières, l&rsquo;action publique est poussée à se réformer pour demeurer légitime. Dans cette perspective, la participation des citoyens-usagers offre potentiellement une alternative à l&rsquo;introduction des critères de marché et des méthodes privées de management dans le fonctionnement des services publics. Or, la multiplication de scandales sanitaires semble témoigner de l&rsquo;influence grandissante des intérêts économiques privés sur les choix des gouvernants et sur les positionnements des institutions publiques de recherche et d&rsquo;expertise, ce qui entraîne une forte crise de légitimité de celles-ci. Ce sentiment est renforcé par les évolutions du système de recherche lui-même, de plus en plus piloté par les marchés financiers et marqué depuis un quart de siècle par une appropriation privée des savoirs et du vivant (34). La recherche et le développement technique sont de plus en plus soumis aux exigences de la solvabilité (1% seulement des 14000 médicaments lancés depuis 10 ans dans le monde concernent les maladies infectieuses et parasitaires du Tiers monde, les grands laboratoires pharmaceutiques nord-américains s&rsquo;opposent à la diffusion de médicaments génériques permettant d&rsquo;offrir des soins à tous…). Au service de ce modèle de développement, la recherche perd dans l&rsquo;opinion de sa légitimité sociale car elle semble incapable d&rsquo;améliorer le bien-être du plus grand nombre tout en générant des risques, des déséquilibres et des dépendances nouvelles.</p>
<p class="spip">En somme, certaines frontières entre scientifiques et profanes se font plus poreuses et l&rsquo;ancien rapport pédagogique entre les institutions scientifiques et les citoyens cède la place à une demande active d&rsquo;auto-formation. Ce mouvement (que Beck nomme « scientisation secondaire » au sens où l&rsquo;ensemble de la société aspire à faire exercice de la raison critique et participer au pilotage de la science) tient sans doute en partie à l&rsquo;élévation du niveau d&rsquo;éducation dans nos sociétés contemporaines, à l&rsquo;affaiblissement des rapports d&rsquo;autorité et à l&rsquo;émergence d&rsquo;une « société des individus » (35), moins prompts à déléguer et soucieux d&rsquo;être les acteurs et les experts de leur propre vie. Parallèlement, le nouveau capitalisme « réticulaire » tend dans de nombreux secteurs à mobiliser l&rsquo;initiative et les capacités créatives des travailleurs. Ce « nouvel esprit du capitalisme » (36) va à l&rsquo;encontre d&rsquo;une délégation aveugle à l&rsquo;autorité, fût-elle scientifique. Est-il étonnant dans ce contexte que la société française ait fait sa mutation culturelle par rapport à la science et au « progrès » ? L&rsquo;acceptabilité sociale décroissante des risques et des effets « secondaires » du « progrès » n&rsquo;est-elle pas la résultante de l&rsquo;érosion du compromis social fordiste, de la mutation des mentalités et de l&rsquo;évolution de l&rsquo;organisation de la production ? Les sondages et les enquêtes qualitatives le montrent, ce n&rsquo;est pas tant un discrédit ou une peur de la science qui domine dans le public qu&rsquo;un sentiment croissant d&rsquo;un dysfonctionnement des modes de régulation publique de l&rsquo;innovation et de l&rsquo;économie en général (37). Certes, certains individus et certains groupes se méfient de la science et des nouvelles technologies sur la base d&rsquo;une vision traditionnaliste de la société, voire d&rsquo;une conception asociale et fondamentaliste de la nature, comme dans le cas de l&rsquo;écologie profonde. De tels modes de pensée ont cependant toujours existé, et aucune enquête ne montre qu&rsquo;ils gagneraient aujourd&rsquo;hui en ampleur. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est le développement d&rsquo;une exigence et d&rsquo;une capacité critiques vis-à-vis de la science telle qu&rsquo;elle fonctionne réellement. Le fait que cette exigence et cette capacité soient inégalement réparties socialement et que, dans le cas de l&rsquo;amiante par exemple, le scandale public ait éclaté à propos des usagers (et notamment des universitaires de Jussieu) en laissant dans l&rsquo;ombre les travailleurs pourtant les premiers touchés (38), ne fait que nuancer le jugement que l&rsquo;on peut porter sur cette mutation d&rsquo;ampleur. Comme en témoigne l&rsquo;entrée en scène du mouvement altermondialiste dans la critique des choix techno-scientifiques (cf. l&rsquo;engagement d&rsquo;ATTAC dans la controverse sur les organismes génétiquement modifiés), ce n&rsquo;est donc pas un phénomène de peur irrationnelle ou un syndrome de société privilégiée qui alimente le renouveau récent de l&rsquo;exigence d&rsquo;élaboration démocratique des choix techno-scientifiques, mais bien la prise de conscience grandissante de l&rsquo;écroulement du pacte social du XXe siècle qui était la clé de voûte du contrat implicite entre science et le reste de la société.</p>
<p class="spip">Dans cette perspective, ce qui se joue dans les nouvelles formes de mobilisation sur des enjeux techno-scientifiques, c&rsquo;est sans doute la recherche, encore tâtonnante, d&rsquo;un nouveau contrat entre science et le reste de la société. Les mobilisations manifestent un sursaut démocratique en affirmant qu&rsquo;une science pour tous doit se construire avec tous, dans le dialogue avec des savoirs autrefois dévalorisés (ceux des malades, des paysans, des associations, des profanes, des « indigènes », etc.) ; elles affirment aussi que, pour servir le bien-être de l&rsquo;ensemble des êtres humains &#8211; actuels et futurs &#8211; de notre planète, la science requiert d&rsquo;autres pilotes que la seule volonté de savoir, le désir de puissance ou les logiques de profit. Il est évident que la robustesse de ce nouveau contrat dépendra, comme dans la période historique précédente, de son inscription dans un nouveau compromis social plus large entre forces économiques, pouvoirs publics et les différentes couches de la société civile (probablement à l&rsquo;échelle globale) (39).</p>
<p class="spip">Le tournant délibératif : investir dans l&rsquo;innovation démocratique</p>
<p class="spip">Face à la multiplication de controverses publiques sur des questions scientifico-techniques, à la défiance vis-à-vis de la technocratie et à la demande de citoyenneté, pressés par les scandales et les mobilisations associatives, les pouvoirs publics répondent par une réforme des dispositifs d&rsquo;expertise : création d&rsquo;agences partiellement émancipées des appareils ministériels et donnant une visibilité propre à l&rsquo;expertise en amont de la gestion des risques (Institut de Veille Sanitaire, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale). Ils recourent aussi massivement à des dispositifs délibératifs, de type participatif (nombreux débats publics, deux conférences de citoyens, Etats généraux de la santé, de l&rsquo;alimentation, commission nationale du débat public, etc.) ou non participatif (commission d&rsquo;éthique). Ces « forums hybrides », qui mettent en présence des acteurs différents (scientifiques, techniciens, politiques, citoyens…), peuvent être plus ou moins articulés à des espaces publics plus larges ouverts à toutes les personnes intéressées. Parallèlement, l&rsquo;autorité des élus politiques est remise en cause de façon plus générale, à la fois sous le coup de facteurs conjoncturels (les « affaires », les méandres de la politique politicienne) et plus structurels (affaiblissement du lien entre citoyens et représentants politiques du fait de la professionnalisation croissante de la vie politique et de l&rsquo;affaiblissement du système partidaire, difficulté grandissante de l&rsquo;Etat-nation à agir sur l&rsquo;économie et à faire face à la crise, demande croissante d&rsquo;autonomie et de participation chez une partie au moins des citoyens). L&rsquo;idée d&rsquo;une démocratie plus participative couplant la démocratie représentative avec des éléments de démocratie directe gagne en popularité, de même que celle de démocratie délibérative, qui implique que les grandes décisions soient largement discutées dans des cadres procéduraux adéquats plutôt que prises de façon monocratique ou en petits comités fermés. Les dynamiques participatives actuelles se singularisent parce qu&rsquo;elles sont plus institutionnalisées, parce que les acteurs qu&rsquo;elles impliquent sont moins liés qu&rsquo;auparavant au système partidaire, parce qu&rsquo;elles reposent sur des dispositifs délibératifs plutôt que sur une communication spontanée, et parce qu&rsquo;elles s&rsquo;étendent à de nouveaux terrains qui en étaient autrefois préservés, comme la science, alors que d&rsquo;autres sont par contre moins questionnés &#8211; en particulier dans le travail.</p>
<p class="spip">Devant l&rsquo;érosion de la confiance des citoyens et l&rsquo;affaissement des deux piliers traditionnels de la décision publique (la légitimité de la représentation politique et l&rsquo;autorité de la science), la multiplication des instances et processus délibératifs (pensons aussi à la floraison des conseils de quartier) semble annoncer un nouveau référentiel de l&rsquo;action publique. Dans ce nouveau référentiel, une décision deviendrait légitime, non plus par la vertu de l&rsquo;onction du suffrage universel ou de la science, mais parce que toutes les personnes concernées y auraient été associées. Une nouvelle ingénierie sociale de la délibération semble appelée à supplanter les modèles décisionnistes ou technocratiques pour bâtir un monde commun à partir de la mosaïque d&rsquo;identités, d&rsquo;intérêts et de rationalités en présence dans les sociétés complexes, et pour rendre gouvernable les situations d&rsquo;incertitude et de controverses (40).</p>
<p class="spip">Plusieurs auteurs ont souligné les risques d&rsquo;instrumentalisation de tels dispositifs par les gouvernants et la façon dont ils peuvent devenir des outils de gestion des conflits sociaux : canalisation des acteurs, évaluation au plus serré des rapports de force, aspiration institutionnelle et acculturation des opposants, limites de ces dispositifs si l&rsquo;absence de lien explicite à la décision les contraints à être enchâssés dans un système marqué par l&rsquo;hégémonie de l&rsquo;élu et des experts qui gardent la maîtrise des interlocuteurs de la définition des problèmes et de l&rsquo;ordre du jour, cantonnement de la délibération à l&rsquo;aval &#8211; risques et impacts &#8211; de décisions techno-économiques déjà prises en amont. Dans la « nouvelle gouvernance », marquée par la multiplication des acteurs publics, la coopération publique-privée, des approches plus pragmatiques et un contournement grandissant des institutions de la démocratie représentative dans la prise de décision, la dimension participative et démocratique serait en fin de compte tout à fait secondaire. Elle ne ferait guère que masquer le poids croissant des intérêts privés dans un contexte mondial de dérégulation. Mais d&rsquo;autres analystes ont aussi souligné, à partir d&rsquo;études de cas précises, que même instrumentalisés, ces dispositifs ouvrent des opportunités à des acteurs autrefois peu pris en compte. Jamais entièrement prévisibles, ils peuvent être le lieu de détournement, de renversement de légitimité, d&rsquo;apprentissage social et d&rsquo;exploration de problèmes ou de solutions non envisagées initialement. Surtout, ces dispositifs, en se référant à une nouvelle norme, participative et délibérative, qui s&rsquo;appuie sur le décloisonnement des sciences et des techniques par rapport aux simples citoyens, s&rsquo;inscrivent dans une transformation de la sémantique et des pratiques politiques. Lorsqu&rsquo;ils ne sont pas de simples coquilles vides et qu&rsquo;ils sont suffisamment inclusifs pour ne pas laisser des catégories entières de citoyens en dehors de la scène, ils induisent de nouvelles épreuves de justification politique. Ils tendent à contraindre les acteurs décisionnels à modifier leurs pratiques, sous peine de discrédit de leurs discours et des instances mise en place ; ils favorisent l&rsquo;érosion de la légitimité supérieure d&rsquo;un intérêt général défini par l&rsquo;Etat, les élus et les experts et l&rsquo;émergence de légitimités différentes, impliquant la prise en compte de l&rsquo;expérience des malades, des usagers et des habitants qui deviennent « experts du quotidien » et partenaires d&rsquo;une « science de plein air » (41).</p>
<p class="spip">Afin de placer correctement le curseur de l&rsquo;analyse entre risques d&rsquo;instrumentalisation et nouvelles opportunités de démocratisation de la décision technologique, entre fermeture et ouverture, entre l&rsquo;auto-proclamation non délibérative de l&rsquo;intérêt général autoproclamé par les élus et la dictature des lobbying et des particularismes, entre cadrages et débordements, une riche littérature s&rsquo;est accumulée depuis vingt ans sur l&rsquo;architecture et la conduite de telles procédures délibératives (42). Malheureusement, cette réflexion fait largement défaut en langue française et c&rsquo;est là un premier intérêt de cette traduction du livre de Richard Sclove. Celui-ci plaide pour l&rsquo;expérimentation institutionnelle en matière de gouvernance démocratique de l&rsquo;innovation, soulignant que « tandis que l&rsquo;investissement de nos sociétés modernes industrielles et postindustrielles dans l&rsquo;innovation technique est quasi illimité, nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;habitude d&rsquo;investir dans l&rsquo;innovation démocratique » (43). Un apport fondamental du livre est d&rsquo;alimenter une réflexion méthodologique pour doter nos démocraties de capacités de prospective technologique éclairée quant aux impacts complexes des technologies sur le tissu social culturel et politique de nos sociétés, afin de permettre un pilotage collectif de l&rsquo;innovation en amont plutôt qu&rsquo;une simple négociation, en aval, de l&rsquo;acceptabilité sociale des incertitudes et des risques.</p>
<p class="spip">La plupart des études méthodologiques ou sociologiques publiées sur ces instances délibératives portent sur leur dimension procédurale : quels acteurs et quels discours sont inclus et lesquels sont exclus, quelle est leur représentativité, quelle est l&rsquo;indépendance des pilotes ou animateurs de ces instances, quel est le lien avec la décision, quelle est la transparence du processus pour le grand public, comment sont formés les participants, dans quelles mesures les règles du jeu sont-elles explicitées, quelle est la dynamique qui permet à la fois les stabilisations de consensus sans exclure la possibilité de débordements et d&rsquo; explorations nouvelles ? A l&rsquo;inverse, le travail de Richard Sclove porte en priorité sur les questions substantielles. Pour lui, il ne suffit pas qu&rsquo;une technologie &#8211; ou plutôt un ordre technologique puisque la technique fait système &#8211; soit passée par une procédure « démocratique » pour qu&rsquo;elle puisse être qualifiée de « démocratique ». Il faut encore que, substantiellement, cet ordre technologique une fois mis en place soit compatible, voire favorise, des relations sociales de type démocratique. Il importe donc de doter nos démocraties d&rsquo;une série de critères et d&rsquo;outils prospectifs permettant de jauger la compatibilité d&rsquo;un ordre technologique avec leurs valeurs démocratiques, et sa désirabilité en fonction de leurs projets de société. L&rsquo;ouvrage est explicitement conçu comme une contribution à l&rsquo;établissement de ces critères, même s&rsquo;il est clair que seul le débat démocratique, structuré par des procédures adéquates, pourra trancher la substance démocratique ou antidémocratique de tel ou tel ordre technologique. On peut être sceptique quant à la valeur attribuée par Sclove aux modes de régulation mis en place par la communauté Amish, dont il fait un véritable paradigme. L&rsquo;organisation de cette communauté peut en effet sembler peu attrayante du fait de l&rsquo;ethos collectif très fort qu&rsquo;elle impose à ses membres, et son homogénéité interne peut difficilement préfigurer les modes de régulation des sciences et des techniques qu&rsquo;une société multiculturelle pourrait mettre en œuvre (ce dont Sclove convient par ailleurs). Mais sur ce point comme sur d&rsquo;autres, les logiques proposées par l&rsquo;auteur doivent être comprises comme une contribution au débat sur la démocratie technique.</p>
<p class="spip">Cette problématique est en tout état de cause autrement plus exigeante que les raisonnements dominants ou que les approches économistes en termes de risques/bénéfices. Mis en œuvre dans des instances délibératives (assemblées élues ou panels citoyens), cet équipement permet, bien mieux que les seuls outils victimo-judiciaires, de poser les fondations d&rsquo;une meilleure gouvernance de la techno-science, en favorisant les apprentissages institutionnels nécessaires et en évitant d&rsquo;aplatir la politique des technologies sur la seule question des risques. Le chapitre 3 est consacré à l&rsquo;exposé de ces critères, que Sclove souhaite suffisamment explicites et élaborés pour pouvoir être réfutés (au sens popperien), discutés et raffinés lors d&rsquo;un nouvel exercice de prospective technologique. Ces critères ont effectivement pu être développés, amendés et mis en œuvre par Sclove et ses collègues lors d&rsquo;ateliers scénario. Encore inconnu en France, ce type de dispositif, qui ouvre de multiples futurs envisageables par des scénarios divergents, se prête probablement mieux à l&rsquo;enrichissement de la qualité prospective que celui des conférences de citoyens. Il répond en tout cas à l&rsquo;idée d&rsquo;une expertise divergente mise en avant par Philippe Roqueplo, afin de placer la décision dans un espace ouvert d&rsquo;options (44).</p>
<p class="spip">Enrichir les sciences, enrichir la démocratie</p>
<p class="spip">Les propositions méthodologiques de Richard Sclove, avec les expériences en cours ou achevées de mise en délibération des choix techniques et de recherche citoyenne, permettent d&rsquo;entrevoir un enrichissement simultané de la démocratie et des sciences. Bien souvent, dans le contexte actuel, on observe que « l&rsquo;autonomie » de la science et l&rsquo;enclavement de ses institutions par rapport au reste de la société, autrefois considérés comme les conditions de production de vérités sur le monde et les moteurs du progrès humain, apparaissent comme des obstacles à la constitution de savoirs et d&rsquo;innovations valides dans un monde devenu plus incertain et plus controversé. Il est possible que nous soyons au cœur d&rsquo;une importante mutation des normes épistémologiques. Les évolutions ne sont certes pas exactement les mêmes en fonctions des différentes sciences et techniques, mais un mouvement d&rsquo;ensemble est cependant perceptible. Le savoir scientifique considéré comme valide et culturellement valorisé il y a 50 ou 100 ans était un savoir purifié, garanti par une communauté de chercheurs organisée selon un mode disciplinaire et revendiquant son autonomie par rapport aux pressions des pouvoirs et de la société. La physique nucléaire, discipline reine il y a un demi-siècle, exemplifiait bien la norme épistémique selon laquelle, pour construire des connaissances certaines, il faut descendre vers les structures les plus intimes de la matière et, pour ce faire, produire et stabiliser des phénomènes dans l&rsquo;espace purifié du laboratoire où les paramètres peuvent être soumis un à un à des variations. A l&rsquo;inverse, des domaines aujourd&rsquo;hui en pointe, tels que les sciences de l&rsquo;environnement et du système Terre (modélisation climatique, biodiversité, étude des flux de (trans)gènes, etc.), ont en commun d&rsquo;être fortement transdisciplinaires, de dépasser l&rsquo;approche analytico-expérimentale et les espaces purifiés du laboratoire (rôle du terrain, du modèle, de la complexité), et de se développer &#8211; en situation d&rsquo;incertitude et de controverse &#8211; en conjonction étroite avec des mobilisations et demandes d&rsquo;acteurs extra-scientifiques autrefois largement absents des débats.</p>
<p class="spip">Cette triple « impureté » pourrait bien témoigner d&rsquo;un déplacement en cours des normes de scientificité au cours des dernières décennies. Elle questionne les frontières traditionnellement établies entre « la science » et un « public » de plus en plus actif dans la production d&rsquo;alertes et de connaissances, ou aspirant à l&rsquo;être. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas mince, et il n&rsquo;est pas simplement d&rsquo;ordre épistémologique (45). A l&rsquo;heure actuelle, l&rsquo;alternative à la démocratique technique et scientifique ne semble plus pouvoir être la science autonome, appuyée par l&rsquo;Etat régalien, mais bien un couplage de plus en plus intime des sciences et du marché. Sclove montre bien, dans le chapitre 4, en quoi la délibération démocratique représente un mécanisme de coordination des actions qui s&rsquo;oppose à celui du marché et comment l&rsquo;autonomie du citoyen n&rsquo;est pas réductible aux préférences du consommateur. Quels seront les acteurs et les dispositifs qui régiront des sciences désenclavées et les structures sociales que représentent les technologies ? En fonction de quelles logiques, de quels intérêts, de quels types de recherches ? Le futur n&rsquo;est pas encore tracé, et le mérite de Sclove est d&rsquo;en poser clairement les enjeux tout en indiquant un horizon démocratique souhaitable et en analysant des expériences et des procédures concrètes qui pointent dans ce sens.</p>
<p class="spip">NOTES</p>
<p class="spip">(1) Voir Ellul, 1954 ; Mumford, 1964 ; Illich, 1973 ; Roqueplo, 1974 et 1983 ; et Winner, 1986.<br />
(2) On trouvera une présentation des initiatives de Richard Sclove en français dans Sclove, 2002.<br />
(3) Blondiaux et Sintomer, 2002.<br />
(4) Callon, Lascoumes et Barthe, 2001.<br />
(5) Ces débats sont parfois conduits sous la houlette de la Commission Nationale du Débat Public créée en 1995, dont les prérogatives et l&rsquo;autonomie ont été étendus en 2002.<br />
(6) Gibbons, Limoges, Nowotny, Schwartzman, Scott et Trow, 1994 ; Nowotny, Scott et Gibbons, 2001 ; Beck, 2001 ; Callon, Lascoumes et Barthe, 2001.<br />
(7) Pour une critique historienne de cette vision linéaire et dualiste de Gibbons et ses collègues, montrant la pluralité des modes de production des savoirs à différentes époques et notamment l&rsquo;existence, bien avant les dernières décennies, de production de science en lien direct avec l&rsquo;industrie et le marché, voir Pestre, 1999.<br />
(8) Offe, 1997.<br />
(9) Weber, 1996 ; Bourdieu, 1997.<br />
(10) Callon et Latour, 1991.<br />
(11) Callon, Lascoumes et Barthe, 2001.<br />
(12) Notre analyse s&rsquo;appuie ici très largement sur Pestre, 2003. Voir aussi pour les Trente glorieuses, Mirenowicz, 2000.<br />
(13) Les médias de vulgarisation scientifique prennent un essor remarquable à la fin du XIXe siècle, au moment même où s&rsquo;accentue la frontière séparant les praticiens amateurs de la science des professionnels. Cf. Bensaude-Vincent, 2000 ; Béguet, 1990.<br />
(14) Coriat, 1979.<br />
(15) En l&rsquo;An 2000. Discours de M. Marcellin Berthelot, secrétaire perpétuel de l&rsquo;Académie des Sciences, prononcé au Banquet de la Chambre syndicale des produits chimiques le 5 avril 1894.<br />
(16) Garraud, 1979.<br />
(17) CFDT, 1977.<br />
(18) Ellul, 1954 et 1977 ; Mumford, 1964 ; Habermas, 1973 ; Roqueplo, 1974 et 1983.<br />
(19) Nelkin et Pollak, 1981 ; Touraine, Hegedus, Dubet et Wievorka, 1980.<br />
(20) Petitjean, 2000.<br />
(21) Voir notamment Lévy-Leblond et Jaubert, 1975 ; Lévy-Leblond et al., 1977 ; Lévy-Leblond, 1981 ; Boy, 2000.<br />
(22) Loi informatique et libertés du 3 janvier 1978 ; loi sur l&rsquo;accès aux documents administratifs du 17 juillet 1978 ; accès aux informations sur les projets d&rsquo;intérêt généraux le 7 janvier 1983 ; Conseil national d&rsquo;Information sur l&rsquo;Électricité d&rsquo;Origine Nucléaire en 1977 ; Commissions Locales d&rsquo;Information auprès des centrales nucléaires créées par la circulaire du 15 décembre 1981 ; loi Bouchardeau du 12 juillet 1983 sur les enquêtes publiques. Voir Lascoumes, 1998.<br />
(23) Stewart et Kahn, 1986 ; Neubauer, 2002.<br />
(24) Nelkin et Pollak, 1979. Sur la critique du modèle du déficit, voir Wynne, 1996.<br />
(25) Actes du Colloque national « Recherche et technologie », 1982.<br />
(26) Chateauraynaud et Torny, 1999.<br />
(27) Sur ce mouvement de ré-enclavement des années 1980, voir Dodier, 2002 ; Théry et Barré, 2001.<br />
(28) Restier-Melleray, 1990.<br />
(29) Viveret, 1989.<br />
(30) CRIIRAD, 2002.<br />
(31) Sur l&rsquo;engagement scientifique des associations de malades du Sida au sein du collectif inter-associatif TRT5, voir Barbot, 2002 et Lestrade, 2000. La notion d&rsquo;enclavement et de désenclavement est empruntée à Dodier, 2002. Sur l&rsquo;engagement scientifique des associations de malades, voir également Rabeharisoa et Callon, 1999 et Gaudillière, 2002.<br />
(32) Cf. la composition d&rsquo;instances telles que le Collège de la Prévention des Risques Technologiques établi en 1989 par Michel Rocard, la nouvelle Commission du Génie Biomoléculaire et du Comité de Biovigilance en 1998, ou celle de la Commission Nationale du Débat Public créée en 1995.<br />
(33) U. Beck avait dès 1986 pressenti cette évolution. Voir Beck, 2001.<br />
(34) Voir notamment Dasgupta et David, 1994.<br />
(35) Selon l&rsquo;expression de Norbert Elias, 1991.<br />
(36) Boltanski et Chiapello, 1999.<br />
(37) La perception publique de la science est donc indissociablement une perception du comportement des institutions publiques. Sur ce point et sur la critique des analyses traditionnelles sur les « peurs » de la science, voir Irwin et Wynne, 1996 ; Wynne, 1992 ; Wynne, 2001 ; Marris, 2001.<br />
(38) Henry, 2000.<br />
(39) Pour une réflexion dans cette direction, voir le « Manifeste pour une science citoyenne, responsable et solidaire » rédigé par Pierre Calame dans le cadre de l&rsquo;Alliance pour un monde responsable et solidaire : http://www.apsab.span.ch/coen/index.html. Voir aussi la charte de la Fondation Sciences Citoyennes : http://www.sciencescitoyennes.org.<br />
(40) Lascoumes, 1998 ; Callon, Lascoumes et Barthe, 2001.<br />
(41) Voir Blondiaux, 2001 ; pour un ensemble d&rsquo;analyses théoriques et d&rsquo;études de cas, voir Blondiaux et Sintomer, 2002.<br />
(42) Voir notamment Rowe et Frewer, 2000 ; Renn, Webler, et Weidemann, 1995 ; Fiorino, 1990 ; Technology and Democracy, s.d. ; Laird, 1993a ; Joss and Durant, 1995 ; Grin, van de Graaf et Hoppe, 1997 ; von Schomberg, 1999 ; Martin, 1999.<br />
(43) Sclove, 2002.<br />
(44) Roqueplo, 1996.<br />
(45) Nowotny, Scott et Gibbons, 2001.</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/mettre-les-sciences-en-democratie/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>&#034;La protection du lanceur d&#039;alerte sanitaire&#034;</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2003 20:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lanceurs d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[André Cicolella]]></category>
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		<category><![CDATA[Lanceur d'alerte]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Angèle Hermitte]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Méneton]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lanceur d&#x2019;alerte est devenu un personnage central dans les questions de risque sanitaire. L&#x2019;exp&#xE9;rience montre, en effet, que dans la plupart des grandes affaires de s&#xE9;curit&#xE9; sanitaire et environnementale, les difficult&#xE9;s g&#xE9;n&#xE9;ralement rencontr&#xE9;es par les lanceurs d&#x2019;alerte, qu&#x2019;il s&#x2019;agisse d&#x2019;individus ou de collectifs, retardent d&#x2019;autant les mesures de gestion, de plusieurs mois &#xE0; plusieurs [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="spip">Le lanceur d&rsquo;alerte est devenu un personnage central dans les questions de risque sanitaire. L&rsquo;expérience montre, en effet, que dans la plupart des grandes affaires de sécurité sanitaire et environnementale, les difficultés généralement rencontrées par les lanceurs d&rsquo;alerte, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;individus ou de collectifs, retardent d&rsquo;autant les mesures de gestion, de plusieurs mois à plusieurs décennies, temps pendant lequel des victimes « évitables » apparaissent.<span id="more-2130"></span>Le lanceur d&rsquo;alerte peut être, soit un chercheur ayant dû agir le plus souvent contre l&rsquo;avis de son institutions, soit un salarié ayant révélé des manquements graves de son entreprise, soit un groupe de citoyens ayant alerté les institutions sur des problèmes de santé.</p>
<p class="spip">Le plus souvent, le fait de « lancer l&rsquo;alerte » s&rsquo;est traduit par des mesures de représailles contre les personnes (licenciements, déclassement..) et/ou une dénégation du problème.</p>
<p class="spip">Cette situation est évidemment dommageable pour les personnes et les groupes concernés.</p>
<p class="spip">Elle l&rsquo;est aussi pour la société, car ce retard, outre les coûts sanitaires et économiques induits, a pour conséquence de transformer le problème de départ en crise aux conséquences multiples.</p>
<p class="spip">Il y a donc un véritable enjeu de permettre une plus grande réceptivité des institutions à la demande citoyenne, que celle-ci vienne de l&rsquo;interne ou de l&rsquo;externe.</p>
<p class="spip">Les pays anglo-saxons se sont dotés de dispositifs de protection des lanceurs d&rsquo;alerte sanitaire (Whistle Blower Act aux USA , Public Interest Disclosure Act en Grande Bretagne etc.….).</p>
<p class="spip">Il est temps de s&rsquo;interroger sur l&rsquo;intérêt d&rsquo;un tel dispositif en France.</p>
<p class="spip">L&rsquo;objectif du colloque est, à partir d&rsquo;une analyse de la typologie des lanceurs d&rsquo;alerte, individuels et collectifs, ainsi que de l&rsquo;analyse des lois et règlements existants en France et à l&rsquo;étranger, de proposer des mesures pour que la sécurité sanitaire et environnementale soit mieux assurée en France.</p>
<p class="spip">La Fondation « Sciences Citoyennes » a été créée sur l&rsquo;idée que, à l&rsquo;ère de la précaution, la relation entre expertise et citoyenneté, qui était classiquement basée sur le schéma de « l&rsquo;expert qui sait » face au profane « qui ne sait pas et qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;éduquer », n&rsquo;était plus adaptée et qu&rsquo;il était temps de trouver un rapport plus ouvert.</p>
<p class="spip">En organisant ce colloque, l&rsquo;objectif est de comprendre les dysfonctionnements, afin de proposer des améliorations du dispositif existant.</p>
<p class="spip">Lieu : Paris Faculté Jussieu</p>
<p>Amphithéâtre Jacques Monod</p>
<p>sous-sol Tour 42</p>
<p>M° Jussieu</p>
<p class="spip"><span class="spip_document_7 spip_documents spip_documents_center"><br />
<img fetchpriority="high" decoding="async" style="height: 423px; width: 400px;" title="Amphi Monod" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/gif/JussieuCampusOK.gif" alt="Amphi Monod" width="400" height="423" /></span></p>
<dl class="spip_document_9 spip_documents spip_documents_center">
<dt><a title="GIF - 20.9 ko" type="image/gif" href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/gif/JussieuCampus20k.gif"><img decoding="async" class=" format_png" style="height: 52px; width: 52px;" src="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/vignettes/L52xH52/gif-2934d.png" alt="GIF - 20.9 ko" width="52" height="52"  title="&#034;La protection du lanceur d&#039;alerte sanitaire&#034;" /></a></dt>
<dt class="spip_doc_titre" style="width: 120px;"><strong>Plan grand modèle à télécharger</strong></dt>
<dd class="spip_doc_descriptif" style="width: 120px;">
<p class="spip">Campus de Jussieu (75005 Paris), Tour 42, sous-sol</p>
<p class="spip">Plan des transports en commun (sciencescitoyennes.org)</p>
</dd>
</dl>
<p class="spip">Programme :</p>
<p class="spip">9h00-9h30 Accueil<br />
MATIN Etudes de cas Grand Témoin : Michèle Rivasi ancienne députée<br />
9h30-9h45 : Introduction André Cicolella Président de la Fondation « Sciences Citoyennes » 9h45- 10h15 : Typologie de l&rsquo;alerte et des lanceurs d&rsquo;alerte<br />
· Françis Chateauraynaud Sociologue à l&rsquo;EHESS, co-auteur du livre « Les sombres précurseurs : pour une sociologie pragmatique de l&rsquo;alerte et du risque »<br />
10h15-11h15 : 1ère partie Sécurité sanitaire alimentaire · Pierre Ménéton (Inserm) : Les problèmes nutritionnels (sel, sucre) · Marc Edouard Colin (ex INRA) : L&rsquo;insecticide Gaucho · Francis Dussal (ex salarié de l&rsquo;usine d&rsquo;équarrissage SARIA) : les farines animales · Serge Grass : Les importations d&rsquo;animaux à la frontière allemande 11h15-11h30 : Pause<br />
11h-30-12h30 : 2ème partie Sécurité sanitaire environnementale<br />
· André Cicolella : Les risques chimiques · Roland Desbordes (CRIIRAD) : Les rayonnements ionisants · Véronique Lapides (Collectif des parents de l&rsquo;école Franklin Roosevelt Vincennes) : les cas de cancers de l&rsquo;enfant sur les terrains de l&rsquo;ancienne usine Kodak. · Etienne Cendrier (PRIARTEM) : Les rayonnements non ionisants.<br />
12h30-13 h45 : Buffet<br />
APRES-MIDI Les perspectives juridiques et institutionnelles Grands Témoins : André Aschieri ancien député ; Marie-Claude- Beaudeau sénatrice<br />
13h45- 15h45 Interventions<br />
· Frédéric Piguet (Secrétaire de l&rsquo;APSAB ,Association for the Promotion of Scientific AccountableBehaviour) à Genève : Les lois de protection des lanceurs d&rsquo;alerte dans le monde (USA, Grande-Bretagne, Nouvelle -Zélande…)<br />
· Jean-Paul Teissonnière (Avocat) : Pour la reconnaissance du droit d&rsquo;alerte en sécurité sanitaire dans l&rsquo;entreprise.<br />
· Brigitte Chamak, Laurent Dianoux (Chercheurs Inserm) : Les clauses existantes dans les organismes de recherche en France et la place des comités d&rsquo;éthique.<br />
· Louis Jouve (juriste) : La place des médiateurs (ombudsman) dans les réglementations internationales.<br />
· Marie-Angèle Hermitte et Christiane Noiville (Juristes, CNRS) : Quelques pistes de réflexion juridiques.<br />
· Didier Tabuteau (Professeur à l&rsquo;Institut d&rsquo;Etudes Politiques de Paris, ancien directeur de l&rsquo;Agence du Médicament) : La protection des lanceurs d&rsquo;alerte, un élément manquant de la réforme de la sécurité sanitaire<br />
15h45-16 h : Pause<br />
16h00 -17h TABLE RONDE présidée par Jacques Testart (Président de la Commission Française du Développement Durable Vice-Président de la Fondation Sciences Citoyennes) avec Michèle Rivasi , Marie-Claude Beadeau, André Aschieri.</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>\ »La protection du lanceur d\&#8217;alerte sanitaire\ »</title>
		<link>https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[sc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2003 20:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lanceurs d'alerte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lanceur d\&#x2019;alerte est devenu un personnage central dans les questions de risque sanitaire. L\&#x2019;exp&#xE9;rience montre, en effet, que dans la plupart des grandes affaires de s&#xE9;curit&#xE9; sanitaire et environnementale, les difficult&#xE9;s g&#xE9;n&#xE9;ralement rencontr&#xE9;es par les lanceurs d\&#x2019;alerte, qu\&#x2019;il s\&#x2019;agisse d\&#x2019;individus ou de collectifs, retardent d\&#x2019;autant les mesures de gestion, de plusieurs mois &#xE0; plusieurs [&#x2026;]</p><p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class=\"spip\">Le lanceur d\&rsquo;alerte est devenu un personnage central dans les questions de risque sanitaire. L\&rsquo;expérience montre, en effet, que dans la plupart des grandes affaires de sécurité sanitaire et environnementale, les difficultés généralement rencontrées par les lanceurs d\&rsquo;alerte, qu\&rsquo;il s\&rsquo;agisse d\&rsquo;individus ou de collectifs, retardent d\&rsquo;autant les mesures de gestion, de plusieurs mois à plusieurs décennies, temps pendant lequel des victimes « évitables » apparaissent.<span id="more-144597"></span>Le lanceur d\&rsquo;alerte peut être, soit un chercheur ayant dû agir le plus souvent contre l\&rsquo;avis de son institutions, soit un salarié ayant révélé des manquements graves de son entreprise, soit un groupe de citoyens ayant alerté les institutions sur des problèmes de santé.</p>
<p class=\"spip\">Le plus souvent, le fait de « lancer l\&rsquo;alerte » s\&rsquo;est traduit par des mesures de représailles contre les personnes (licenciements, déclassement..) et/ou une dénégation du problème.</p>
<p class=\"spip\">Cette situation est évidemment dommageable pour les personnes et les groupes concernés.</p>
<p class=\"spip\">Elle l\&rsquo;est aussi pour la société, car ce retard, outre les coûts sanitaires et économiques induits, a pour conséquence de transformer le problème de départ en crise aux conséquences multiples.</p>
<p class=\"spip\">Il y a donc un véritable enjeu de permettre une plus grande réceptivité des institutions à la demande citoyenne, que celle-ci vienne de l\&rsquo;interne ou de l\&rsquo;externe.</p>
<p class=\"spip\">Les pays anglo-saxons se sont dotés de dispositifs de protection des lanceurs d\&rsquo;alerte sanitaire (Whistle Blower Act aux USA , Public Interest Disclosure Act en Grande Bretagne etc.….).</p>
<p class=\"spip\">Il est temps de s\&rsquo;interroger sur l\&rsquo;intérêt d\&rsquo;un tel dispositif en France.</p>
<p class=\"spip\">L\&rsquo;objectif du colloque est, à partir d\&rsquo;une analyse de la typologie des lanceurs d\&rsquo;alerte, individuels et collectifs, ainsi que de l\&rsquo;analyse des lois et règlements existants en France et à l\&rsquo;étranger, de proposer des mesures pour que la sécurité sanitaire et environnementale soit mieux assurée en France.</p>
<p class=\"spip\">La Fondation « Sciences Citoyennes » a été créée sur l\&rsquo;idée que, à l\&rsquo;ère de la précaution, la relation entre expertise et citoyenneté, qui était classiquement basée sur le schéma de « l\&rsquo;expert qui sait » face au profane « qui ne sait pas et qu\&rsquo;il s\&rsquo;agit d\&rsquo;éduquer », n\&rsquo;était plus adaptée et qu\&rsquo;il était temps de trouver un rapport plus ouvert.</p>
<p class=\"spip\">En organisant ce colloque, l\&rsquo;objectif est de comprendre les dysfonctionnements, afin de proposer des améliorations du dispositif existant.</p>
<p class=\"spip\">Lieu : Paris Faculté Jussieu</p>
<p>Amphithéâtre Jacques Monod</p>
<p>sous-sol Tour 42</p>
<p>M° Jussieu</p>
<p class=\"spip\"><span class=\"spip_document_7 spip_documents spip_documents_center\"><br />
<img style=\"height: 423px; width: 400px;\" title=\"Amphi Monod\" src=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/gif/JussieuCampusOK.gif\" alt=\"Amphi Monod\" width=\"400\" height=\"423\" /></span></p>
<dl class=\"spip_document_9 spip_documents spip_documents_center\">
<dt><a title=\"GIF - 20.9 ko\" type=\"image/gif\" href=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/archives_doc/gif/JussieuCampus20k.gif\"><img class=\" format_png\" style=\"height: 52px; width: 52px;\" src=\"https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/vignettes/L52xH52/gif-2934d.png\" alt=\"GIF - 20.9 ko\" width=\"52\" height=\"52\" /></a></dt>
<dt class=\"spip_doc_titre\" style=\"width: 120px;\"><strong>Plan grand modèle à télécharger</strong></dt>
<dd class=\"spip_doc_descriptif\" style=\"width: 120px;\">
<p class=\"spip\">Campus de Jussieu (75005 Paris), Tour 42, sous-sol</p>
<p class=\"spip\">Plan des transports en commun (sciencescitoyennes.org)</p>
</dd>
</dl>
<p class=\"spip\">Programme :</p>
<p class=\"spip\">9h00-9h30 Accueil<br />
MATIN Etudes de cas Grand Témoin : Michèle Rivasi ancienne députée<br />
9h30-9h45 : Introduction André Cicolella Président de la Fondation « Sciences Citoyennes » 9h45- 10h15 : Typologie de l\&rsquo;alerte et des lanceurs d\&rsquo;alerte<br />
· Françis Chateauraynaud Sociologue à l\&rsquo;EHESS, co-auteur du livre « Les sombres précurseurs : pour une sociologie pragmatique de l\&rsquo;alerte et du risque »<br />
10h15-11h15 : 1ère partie Sécurité sanitaire alimentaire · Pierre Ménéton (Inserm) : Les problèmes nutritionnels (sel, sucre) · Marc Edouard Colin (ex INRA) : L\&rsquo;insecticide Gaucho · Francis Dussal (ex salarié de l\&rsquo;usine d\&rsquo;équarrissage SARIA) : les farines animales · Serge Grass : Les importations d\&rsquo;animaux à la frontière allemande 11h15-11h30 : Pause<br />
11h-30-12h30 : 2ème partie Sécurité sanitaire environnementale<br />
· André Cicolella : Les risques chimiques · Roland Desbordes (CRIIRAD) : Les rayonnements ionisants · Véronique Lapides (Collectif des parents de l\&rsquo;école Franklin Roosevelt Vincennes) : les cas de cancers de l\&rsquo;enfant sur les terrains de l\&rsquo;ancienne usine Kodak. · Etienne Cendrier (PRIARTEM) : Les rayonnements non ionisants.<br />
12h30-13 h45 : Buffet<br />
APRES-MIDI Les perspectives juridiques et institutionnelles Grands Témoins : André Aschieri ancien député ; Marie-Claude- Beaudeau sénatrice<br />
13h45- 15h45 Interventions<br />
· Frédéric Piguet (Secrétaire de l\&rsquo;APSAB ,Association for the Promotion of Scientific AccountableBehaviour) à Genève : Les lois de protection des lanceurs d\&rsquo;alerte dans le monde (USA, Grande-Bretagne, Nouvelle -Zélande…)<br />
· Jean-Paul Teissonnière (Avocat) : Pour la reconnaissance du droit d\&rsquo;alerte en sécurité sanitaire dans l\&rsquo;entreprise.<br />
· Brigitte Chamak, Laurent Dianoux (Chercheurs Inserm) : Les clauses existantes dans les organismes de recherche en France et la place des comités d\&rsquo;éthique.<br />
· Louis Jouve (juriste) : La place des médiateurs (ombudsman) dans les réglementations internationales.<br />
· Marie-Angèle Hermitte et Christiane Noiville (Juristes, CNRS) : Quelques pistes de réflexion juridiques.<br />
· Didier Tabuteau (Professeur à l\&rsquo;Institut d\&rsquo;Etudes Politiques de Paris, ancien directeur de l\&rsquo;Agence du Médicament) : La protection des lanceurs d\&rsquo;alerte, un élément manquant de la réforme de la sécurité sanitaire<br />
15h45-16 h : Pause<br />
16h00 -17h TABLE RONDE présidée par Jacques Testart (Président de la Commission Française du Développement Durable Vice-Président de la Fondation Sciences Citoyennes) avec Michèle Rivasi , Marie-Claude Beadeau, André Aschieri.</p>
<p>Lisez plus sur <a href="https://wptest3.sciencescitoyennes.ovh/la-protection-du-lanceur-dalerte-sanitaire-2/">Sciences Citoyennes</a></p>]]></content:encoded>
					
		
		
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